Kouchner : J’aimerais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l’élection n’ait pas lieu

Le ministre français des AE s’est entretenu avec Hariri, Berry, Aoun et Geagea
Kouchner : J’aimerais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l’élection n’ait pas lieu


Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est montré particulièrement déçu de la tournure prise par les tractations en cours autour du dossier de la présidentielle. Après avoir rencontré le chef du Courant du futur, Saad Hariri, Bernard Kouchner a affirmé depuis Koraytem que « quelque chose a déraillé et j’aimerais que chacun assume ses responsabilités ». « Tout était convenu. Maintenant, je suis surpris, la France est surprise, que quelque chose achoppe, quelque chose a bloqué, quelque chose a déraillé et j’aimerais que chacun assume ses responsabilités », a déclaré un Kouchner visiblement hors de lui au sortir de son entretien avec Hariri. « Tout le monde était d’accord. Tout le monde a donné son accord. Alors maintenant je m’étonne, la France s’étonne », a martelé M. Kouchner. « J’aimerais savoir qui n’est plus d’accord. J’aimerais savoir qui a intérêt au chaos, qui a intérêt à ce que l’élection n’ait pas lieu, qui a intérêt à rendre encore plus compliquée la vie de tous les Libanais », s’est-il exclamé. « Je veux savoir qui bloque (…), mais je vous dis que celui qui prendra la responsabilité d’avoir bloqué ce processus accepté par tous portera celle de la déstabilisation du Liban et de ses conséquences pour la région », a affirmé Kouchner.


« Je répète : les Syriens étaient d’accord. Je voudrais savoir qui n’est pas d’accord », a insisté le diplomate français. Répondant à une question, M. Kouchner a souligné que, d’après son expérience, « parmi les protagonistes, il y a des gens qui doivent prendre leurs responsabilités. Tous avaient pris leurs responsabilités, y compris à l’extérieur de ce pays (…). Je ne parle pas du général Aoun, je l’ai rencontré. Je parle en général de tous les Libanais (…). Je ne pense pas qu’il soit responsable de ce blocage lui seulement, non ». Pour sa part, Saad Hariri a rappelé que « l’intérêt et la stabilité du Liban doivent être plus importants que nous tous, en tant que partis politiques. La stabilité des Libanais est plus importante que Saad Hariri, Walid Joumblatt, Hassan Nasrallah, Michel Aoun, Samir Geagea ». Depuis Aïn el-Tiné, où il s’est réuni avec le président de la Chambre et chef du mouvement Amal, Nabih Berry, Bernard Kouchner a souligné qu’il était en train d’essayer « de savoir pourquoi, après tous les efforts nécessaires que nous déployons, après tous les efforts fournis par la France et les autres pays », l’initiative française est confrontée au blocage. M. Kouchner a relevé que la majorité, l’opposition, la Syrie et l’Iran avaient donné leur accord préalable, et c’est à partir de là que la France a proposé son initiative. « Je connais la position de Michel Aoun et je sais ce qu’a dit le Hezbollah, mais il faut se mettre d’accord sur un seul nom. Pour ma part, je ne peux qu’écouter ce que disent les parties et tenter de rapprocher les bonnes volontés (…). Le président doit être élu maintenant, mais le président n’est pas tout, il y a les pouvoirs, le gouvernement, les projets et les volontés des Libanais (…). Ceux qui bloquent les efforts assumeront une grande responsabilité. La France veut et souhaite faire disparaître ces obstacles. Il faut donc dire précisément qui veut mener le Liban vers le chaos. Il reste encore deux jours, et nous allons poursuivre nos efforts. »

 

Chez Geagea et Aoun


Le chef du parti des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, a reçu en début de soirée le diplomate français à son domicile de Meerab. A l’issue de leur entretien, Bernard Kouchner n’a pas pu s’empêcher de relever que « la situation est très compliquée et difficile, mais nous gardons espoir ». Il a également souhaité que la Syrie « cesse de poser des obstacles », mais a souligné que « le vide reste le plus grand danger, quelle que soit la partie qui en sera à l’origine ». Le diplomate a également fait savoir qu’il allait renouveler ses efforts jusqu’à la « dernière minute » et que la communauté internationale se tiendrait tout entière aux côtés du Liban si un candidat consensuel pouvait être élu à la présidence de la République.


De son côté, Samir Geagea s’est déclaré surpris du fait que « l’opposition assure qu’elle respecte la liste du patriarche Sfeir alors qu’elle continue de déclarer que Michel Aoun est son seul candidat » à la présidentielle. Samir Geagea a ajouté que « ceux qui planifient de faire bouger les choses dans la rue demain (aujourd’hui) ou après-demain (demain) devraient calmer leurs ardeurs ». A Rabieh, où il s’est réuni avec le député du Kesrouan et candidat à la présidentielle Michel Aoun, Bernard Kouchner a souhaité qu’une solution à la crise puisse être trouvée « à la dernière minute, avant l’élection, parce que cette solution est dans l’intérêt du pays et de tous ». « Michel Aoun n’est pas le problème, il constitue une partie de la solution », a souligné M. Kouchner, avant d’ajouter que « les Palestiniens comptent sur vous », car de la réussite de l’échéance présidentielle libanaise dépendent aussi un certain nombre de dossiers régionaux. Le diplomate français rencontrera M. Aoun une nouvelle fois aujourd’hui.

المصدر:
l"orient le jour

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