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Une inconnue qui persiste : Berry est-il encore mandaté par le Hezbollah ?

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Une inconnue qui persiste : Berry est-il encore mandaté par le Hezbollah ?
Philippe ABI-AKL


Jusqu’en début de soirée hier, le consensus en était au point mort. L’envoyé français Cousseran a été informé verbalement de la liste Sfeir. Tandis qu’on discutait toujours d’autres nomenclatures, dont l’une suggérée par Kouchner la semaine dernière. D’ailleurs, au vu des difficultés rencontrées et des tiraillements au sein même de chaque camp, il est désormais tacitement convenu que la liste de Bkerké ne doit pas être considérée comme fermée. Il faut certes tenter de l’observer fidèlement, mais si l’impasse devait se confirmer, on pourrait se rabattre sur d’autres noms, indique-t-on des deux côtés de la barrière. D’autant plus facilement qu’à l’origine, la liste comprenait 12 postulants.


Cette proposition du patriarche se résume aux candidats engagés, Boutros Harb et Nassib Lahoud d’un côté, Michel Aoun de l’autre. Ainsi qu’à trois indépendants, Michel el-Khoury, Michel Eddé et Robert Ghanem.
Premier rajout, au cas où, Riad Salamé, le gouverneur de la Banque centrale. Dont le choix reste tributaire d’un éventuel arrangement extérieur. A son propos, Mgr Sfeir déclare n’y voir pas d’inconvénient, à condition que cela ne nécessite pas un amendement de la Constitution. Ce qui est bien le cas, à en croire des spécialistes comme Hassane Rifaat Tabet.


La balle est maintenant dans le camp des politiques, souligne Bkerké. Ils ne semblent pas, pour le moment, s’en tirer vraiment avec les honneurs.

 

Aoun


Du côté, primordial évidemment, de la frange chrétienne, des canaux se sont ouverts entre Rabieh et Meerab. On attend de voir ce que cela va donner. Cependant, le général persiste et signe. Il s’indigne tout simplement de figurer sur une liste. Aux côtés de candidats qui ont échoué aux législatives. Et d’autres qui, selon lui, ne valent même pas 5 % de l’opinion chrétienne. Alors qu’il dispose pour sa part d’une large assise populaire, musulmane autant que chrétienne. Il maintient donc sa candidature. Et ne veut pas se retirer, malgré les réserves de ses propres alliés, Michel Murr et le Tachnag, qui ont fait savoir qu’ils gagneraient le Parlement et participeraient à l’élection s’il y a consensus sur n’importe quel nom. Une précision toutefois : Aoun a déclaré devant Michel Eddé qui lui rendait visite que le problème c’est en réalité le refus d’entente émanant du 14 Mars. Qui ne veut, selon lui, que d’une élection à la moitié plus un. Cela dans le cadre du suivisme à l’égard des USA. Il a certifié que s’il y a entente sur un autre, sur Eddé par exemple, il y souscrirait. D’Alema a vainement tenté de le convaincre, en faisant valoir que son obstination entraîne celle des candidats du 14 Mars. Même échec pour l’émissaire de Berry, le député Ali Hassan Khalil.


Du côté de Berry-Hariri, c’est une montagne d’entraves, de conditions et de contre-conditions. Les deux négociateurs voient du reste leurs mandats respectifs sinon contestés, du moins rappelés à l’impératif d’un aval de la part de leurs partenaires respectifs. Dans ce cadre, Nabih Berry est-il toujours mandaté par le Hezbollah et ce dernier est-il toujours pour un candidat consensuel ? Tout le problème est là.


Le premier obstacle auquel ils se heurtent reste la ligne adoptée par le Hezbollah. Ce parti soutient Aoun, qui peut difficilement, quoi qu’il en dise lui-même, être assimilé à un candidat de compromis. Le Hezb va jusqu’à assurer qu’il approuverait les yeux fermés tout choix que le général ferait, s’il devait se désister au profit d’un autre. Ce qu’il ne semble pas vouloir faire, répétons-le.


Il reste la Syrie. Elle cherche manifestement, indiquent les loyalistes, à se servir de la présidentielle libanaise pour que les USA traitent directement avec elle. Elle multiplie donc les embûches, selon ces sources.

المصدر:
l"orient le jour

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