Geagea : « Si saint Charbel n’est pas élu président, doit-on pour autant éliminer la présidence ? »

Le chef des FL remet sur le tapis la candidature de N. Lahoud et de Harb et souhaite un scrutin avant trois semaines

Geagea : « Si saint Charbel n’est pas élu président, doit-on pour autant éliminer la présidence ? »


Le président du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a proposé samedi une nouvelle fois une élection à la présidence de l’un des deux candidats du 14 Mars, Boutros Harb et Nassib Lahoud, fixant un délai maximal de trois semaines pour ce scrutin.


S’exprimant lors d’une conférence de presse à son domicile de Meerab, au lendemain de l’expiration du mandat d’Emile Lahoud, M. Geagea s’est longuement penché sur l’attitude du chef du CPL, le général Michel Aoun, lui contestant la qualité de chef chrétien le plus représentatif et soulignant que même si c’était le cas, que saint Charbel lui-même ne parvienne pas à être élu président ne signifie pas que l’on doive éliminer la présidence.
« Le Hezbollah a boycotté la séance électorale parce que le consensus n’a pas eu lieu. C’est-à-dire, en d’autres termes, parce que nous n’avons pas accepté de nous soumettre à ce qu’il voulait. L’article 49 de la Constitution stipule que le président doit être élu et non pas nommé à la suite d’un consensus. Si l’on considère que son comportement est le bon, alors il aura fallu que l’article 49 prévoie la désignation du chef de l’Etat par voie de consensus », a souligné M. Geagea.


« Quant au général Michel Aoun et son bloc, ils ont boycotté la séance parce que la majorité n’a pas accepté de voter pour le général Aoun », a-t-il dit.


« Dans certaines limites, je peux expliquer la position du Hezbollah et, derrière lui, de la Syrie. Leur objectif va bien au-delà du Liban. Il commence par la destruction d’Israël et ne se termine même pas par l’expulsion des Etats-Unis et de l’Occident du Proche-Orient. Pour être en mesure de réaliser cet objectif, ils veulent se saisir de tous les appareils de l’Etat, et notamment de la première présidence. Et d’ailleurs, ils s’étaient accoutumés à tenir celle-ci en main », a-t-il ajouté.


« Mais ce qui m’attriste beaucoup, a-t-il souligné, c’est l’équation posée par le bloc aouniste, axée sur la proposition suivante : ou bien le général est président, ou bien c’est le vide présidentiel. N’y a-t-il donc rien entre les deux ? N’y a-t-il de solution que par l’avènement de cet homme en particulier, et si cela se révèle impossible, le vide sera-t-il la meilleure solution de rechange ? »


« Certains disent que le général est le chef chrétien le plus important. De ce fait, pourquoi n’a-t-il pas le droit de devenir président de la République ? Avec tout mon respect, le général n’est pas le chef chrétien le plus important, il est l’un des chefs chrétiens. A un moment donné, lors des législatives de 2005, il est parvenu à faire élire un bloc de 22 députés, nous nous inclinons donc tous devant lui. Mais cela ne fait pas de lui le chef le plus important, car il s’agit d’une donne instantanée. Nous devons examiner la suite », a-t-il poursuivi.


« Or si nous considérons toutes les étapes qui se sont succédé depuis, il ressort incontestablement de toutes les élections syndicales et estudiantines et bien évidemment de la législative partielle du Metn que le général Aoun, avec à ses côtés le Tachnag, le PSNS, Michel Murr, Elie Skaff et Sleimane Frangié, recouvre dans le meilleur des cas 50 % de l’opinion chrétienne, et que, d’autre part, les FL, les Kataëb, le Bloc national, le PNL et les indépendants au sein du 14 Mars représentent au pire 50 % », a-t-il dit.


« Mais à supposer même que le général Aoun soit le chef chrétien le plus important, cela justifie-t-il que s’il n’est pas élu président, il faut que cette dernière soit détruite ? s’est-il encore interrogé. Certains disent qu’après tout le combat que le général a mené, pourquoi n’aurait-il pas le droit d’être président ? Bien sûr qu’il a ce droit, tout comme moi d’ailleurs. Il a passé quinze ans en exil. Moi j’étais sous terre, dans une cellule minuscule. Amine Gemayel a aussi ce droit. Tout le monde a lutté. Mais cela ne nous permet pas de nous entêter à dire chacun de son côté : “ J’ai le droit d’être président ” jusqu’à ce que le pays soit détruit. » 
« Si l’on ne parvient pas à faire élire saint Charbel à la présidence, faut-il pour autant éliminer celle-ci ? » a-t-il ironisé.
Pour M. Geagea, le maintien du gouvernement Siniora ne représente pas la solution permanente. « Il s’agit d’une solution provisoire imposée par l’article 62 de la Constitution. La vraie solution reste l’élection d’un président le plus vite possible », a-t-il dit, se fixant comme objectif pour cela un délai de trois semaines au maximum.


Remettant sur le tapis la candidature de Boutros Harb et de Nassib Lahoud, M. Geagea a laissé entendre que la majorité pourrait encore se rendre à la Chambre pour élire l’un des deux, proposant que le général Aoun « choisisse celui qui lui conviendrait le mieux et qu’il s’entretienne avec lui pour mettre au point le programme, le gouvernement et tous les détails ».


Soulignant que la crise de la présidence a permis le retour de la Syrie sur la scène politique libanaise, M. Geagea a déploré l’effet de l’impasse sur l’image du Liban dans le monde. « Pendant quarante ans, les Syriens se sont efforcés de dire au monde que le Liban ne peut pas se gouverner par lui-même. Aujourd’hui, nous donnons au monde cette impression », a-t-il dit.


Il a assuré que l’alliance du 14 Mars est solide. Tout en admettant l’existence de différences dans les tactiques, mais pas dans la stratégie, il a affirmé que « rien ne pourra secouer cette alliance ».
Enfin, M. Geagea s’est montré rassurant au sujet de la sécurité dans le pays, écartant notamment toute possibilité de heurts entre partisans FL et aounistes.

المصدر:
l"orient le jour

خبر عاجل