Le numéro 2 du Hezbollah appelle la majorité à ne pas perdre du temps
Kassem : Toute solution passe impérativement par Aoun
Kassem : Toute solution passe impérativement par Aoun
La première réaction officielle du Hezbollah après la vacance à la tête de la République est venue du « numéro 2 » du parti, cheikh Naïm Kassem. Dans une allocution prononcée au cours d’une cérémonie à Ghobeyri, cheikh Naïm Kassem a estimé que « le projet américain au Liban a essuyé un nouvel échec ». « Après l’affront essuyé avec la guerre de l’été 2006, lorsque l’armée israélienne n’a pas pu désarmer le Hezbollah, le projet américain, a-t-il déclaré, a reçu un nouveau coup en ne parvenant pas à faire élire à la tête de la République un président qui correspond aux critères posés par son Administration. C’est pourquoi les Etats-Unis ont mis en échec le projet d’élection d’un président consensuel. »
Le numéro 2 du Hezbollah, qui a rendu un vibrant hommage au président Emile Lahoud, lequel, selon lui, « s’est toujours tenu aux côtés de la résistance et donc d’un Liban fort et souverain », a déclaré que le pays se trouve aujourd’hui face à une double vacance. D’abord au niveau du gouvernement du fait que « l’équipe actuelle est illégale et illégitime puisque contraire au principe de coexistence consacré par la Constitution, et ensuite au niveau de la présidence puisqu’il n’y a plus de chef d’Etat ». Cheikh Kassem a insisté sur le fait que le Liban est aujourd’hui « sans pouvoir exécutif, car le gouvernement actuel ne peut pas exercer ses propres prérogatives et encore moins celles du chef de l’Etat ».
Cheikh Kassem a lancé un appel à la majorité pour la pousser à une entente autour d’un candidat à la présidence. Il lui a rappelé qu’elle ne peut élire seule un président, tout comme, selon lui, l’opposition ne peut pas non plus élire seule un président. « C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il faut parvenir à une entente, conformément au principe de participation au pouvoir de toutes les composantes de la société, consacré par la Constitution. »
Tout en faisant assumer à la majorité – qui, selon lui, a utilisé la tactique de la perte de temps – la responsabilité de la vacance à la tête de la présidence de la République, il a réitéré la volonté de l’opposition de dialoguer et de parvenir à un accord.
Cheikh Kassem a critiqué le rejet par la majorité de l’initiative du général Michel Aoun, soulignant que c’est l’opposition qui a besoin aujourd’hui d’être rassurée, à travers l’élection d’un président qui croit à la participation au pouvoir, à la défense du territoire et à la protection de son peuple, et qui soit aussi doté d’une grande représentativité populaire. Selon lui, ces caractéristiques sont de nature à rassurer l’opposition. Il a enfin affirmé qu’il n’est pas besoin de perdre encore plus de temps. « Le général Aoun est incontournable dans toute solution, a-t-il déclaré, et toute tentative de ne pas tenir compte de lui est illusoire et vouée à l’échec. La solution à laquelle nous parviendrons dans un an ou deux pourrait être trouvée aujourd’hui. Elle passe impérativement par le général Aoun et il ne sert à rien de pousser le Liban vers la tutelle étrangère ou de tenter de prendre d’autres chemins. Il faudra un jour ou l’autre revenir à ce point essentiel que constitue le général Aoun. »
Cheikh Kassem a encore critiqué la conférence d’Annapolis, précisant qu’elle n’accordera rien aux Palestiniens et qu’elle ne vise qu’à donner un peu de souffle au Premier ministre israélien dont la crédibilité a été remise en cause par la guerre de l’été 2006 et elle servira aussi, a-t-il affirmé, à renflouer certaines figures palestiniennes.