Le chef des FL dénie au chef du CPL le droit de s’ériger en unique référence politique pour les chrétiens
Geagea : Aoun est un « évêque », pas un « patriarche »
Geagea : Aoun est un « évêque », pas un « patriarche »
Le chef du comité exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a dénié hier au général Michel Aoun le droit d’être l’unique référence politique pour les chrétiens, soulignant que le chef du CPL n’est pas un « patriarche », mais un « évêque » parmi d’autres.
M. Geagea a tenu ces propos dans des déclarations à la presse à l’issue d’un entretien à Meerab avec l’ambassadeur d’Arabie saoudite Abdel Aziz Khoja. Ce dernier s’est abstenu de toute déclaration.
Le chef des FL a commencé par renouveler son appel aux députés pour qu’ils se rendent à la Chambre et élisent un président dans les plus brefs délais. Il s’agit, selon lui, de l’unique solution, la plus simple, à la crise, c’est-à-dire la solution constitutionnelle, dans la mesure où le Parlement est actuellement considéré en session ouverte.
Critiquant « ceux qui se lamentent sur le vide présidentiel et la prise en charge des droits chrétiens par le gouvernement et son chef sunnite », M. Geagea a dit : « La solution est entre les mains de ces pleurnicheurs qui avaient eux-mêmes boycotté les séances électorales. »
« Si l’élection ne se déroule pas selon la voie normale, elle finira bien par avoir lieu d’une autre façon. Nous sommes prêts à élire un nouveau président et cela vaut mieux que de verser des larmes de crocodile sur le vide présidentiel. »
Au sujet des dernières prises de position du général Aoun, affirmant notamment qu’il représente la référence chrétienne et que la décision politique des chrétiens se trouve à Rabieh et non à Bkerké, M. Geagea a dit : « Sur ce point, nous ne sommes pas d’accord avec le général. La décision politique des chrétiens se trouve chez tous les partenaires chrétiens. Le général est un évêque, pas un patriarche, comme d’ailleurs nous tous. Il faudrait donc tenir un synode pour qu’il élise un patriarche, autrement dit un président. »
Interrogé sur les propos du secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, selon lequel le général Aoun est la seule référence aux yeux du parti chiite, le chef des FL a répondu : « Avec tout mon respect à sa personne (cheikh Kassem), qui est peut-être un bon jurisconsulte, une instance religieuse ; il peut former des étudiants et les promouvoir, mais il n’est pas en mesure de nommer un patriarche politique pour les chrétiens. »
Pour M. Geagea, « tout le folklore auquel on assiste aujourd’hui est totalement inutile. Ce qui serait utile, c’est de se rendre à la Chambre et d’élire un président de la République ».
Selon lui, la convocation de la Chambre par son président, Nabih Berry, pour vendredi prochain « n’a pas d’effet en pratique, la Chambre étant en session ouverte et pouvant donc se réunir n’importe quand ».
Le chef des FL n’a toutefois pas écarté l’option du consensus sur un président, indiquant qu’il se considère lié à la liste de noms qu’avait établie le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir. Mais « si nous ne parvenons pas à un consensus, il faudra aller voter », a-t-il dit.