Sérail – Le Premier ministre a parlé avec Moubarak et reçu Mgr Gatti
Siniora : Nous n’avons jamais appelé au désarmement du Hezbollah par la force
Siniora : Nous n’avons jamais appelé au désarmement du Hezbollah par la force
Dans une interview accordée à une agence de presse coréenne, le Premier ministre Fouad Siniora a estimé qu’il fallait prendre au sérieux l’éventualité de l’élection d’un président de la République, et plus particulièrement celle du commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, qui, selon lui, est en mesure d’apporter une solution à la crise actuelle. M. Siniora a confié que les instances concernées sont actuellement en train d’étudier la possibilité d’amender la Constitution, surtout après la vacance à la tête de l’Etat. Il a insisté sur le fait qu’un amendement de la Constitution nécessite l’accord des Libanais puisqu’il doit se faire à la majorité des deux tiers des voix des députés.
Interrogé sur l’application des résolutions 1701 et 1559, M. Siniora a rappelé que la 1701 n’évoque pas le désarmement du Hezbollah. « Au sujet de la 1559, nous avons déjà expliqué notre position et elle consiste à dire qu’il faut reconnaître l’autorité de l’Etat qui assure la sécurité et la paix aux Libanais et s’occupe de leurs besoins. Mais nous n’avons jamais appelé au désarmement du Hezbollah par la force. Tout doit se faire par le dialogue dans un esprit d’ouverture, non de confrontation, pour aboutir à des résultats », a déclaré le Premier ministre. Siniora a encore ajouté que le Hezbollah doit comprendre qu’il ne peut arriver à rien par la force et il lui a conseillé de se dégager des sables mouvants internes libanais dans lesquels il s’est enfoncé ces derniers temps.
Le Premier ministre a critiqué ce qu’il a appelé « la fermeture du Parlement », qui, selon lui, a été de nature à aggraver les problèmes, au lieu de contribuer à les résoudre.
Siniora a encore démenti les allégations du Hezbollah selon lesquelles le gouvernement actuel prendrait ses instructions des Etats-Unis. Il a affirmé que de tels propos dénotent une vision totalitaire des choses et ils n’aboutissent à rien, car une grande partie des Libanais ne partage pas cette opinion. Il a rappelé que le gouvernement actuel défend les causes arabes ainsi que l’indépendance du Liban, concluant ses propos par un « Que Dieu leur pardonne pour les accusations qu’ils ont portées contre nous ».
Signalons que le Premier ministre a reçu un appel du président égyptien Hosni Moubarak, qui a souhaité que les Libanais parviennent à surmonter la crise actuelle. Il a aussi été contacté par le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, qui l’a informé des résultats de la conférence d’Annapolis. Il a aussi reçu le nonce apostolique Mgr Luigi Gatti et le député Pierre Daccache.