#adsense

Aoun pose des conditions, le Hezbollah s’enferme dans son mutisme et la présidentielle fait du surplace

حجم الخط

Aoun pose des conditions, le Hezbollah s’enferme dans son mutisme et la présidentielle fait du surplace


Si la majorité a ouvert une brèche dans la muraille de ses principes fondamentaux en adoptant la candidature d’un général en fonction à la magistrature suprême, l’opposition, elle, semble s’abriter derrière le treillis de son général à la retraite, pour renforcer ses positions et tirer un quelconque profit de l’empressement du 14 Mars à faire élire un président. Lequel empressement est imputable au fait que la vacance au niveau du premier poste de la République pèse surtout sur le gouvernement actuel appelé à assumer les responsabilités de la présidence, tout en subissant une campagne effrénée de nature essentiellement confessionnelle et donc douloureuse contre sa légitimité.


En effet, le 14 Mars a cru court-circuiter les positions rigides de l’opposition, en proposant une entente autour de la candidature du commandant en chef de l’armée auquel toute la classe politique s’était empressée de manifester son soutien durant les évènements de Nahr el-Bared. Mais cette attitude a été sans compter avec les enjeux politiques propres à chacune des parties du 8 Mars et à leurs alliés régionaux. La majorité s’est donc aventurée à adopter la candidature de Michel Sleimane, présidentiable favori du Hezbollah d’après diverses sources, pour se retrouver aujourd’hui contrainte à assumer les conséquences du vide institutionnel, tout en ayant à répondre aux conditions rédhibitoires exigées par l’opposition pour faciliter l’amendement de la Loi fondamentale.


En conséquence, il va sans dire que la procédure légale d’amendement de la Constitution ne constitue plus désormais un obstacle de taille à l’avènement de Michel Sleimane à Baabda, puisque le président de la commission de l’Administration et de la Justice, Robert Ghanem, a affirmé que le mécanisme légal a été élaboré et qu’il reste à aboutir à une entente politique pour permettre l’élection de Michel Sleimane. Or pour le Hezbollah, cette entente doit répondre aux exigences explicitées par son secrétaire général Hassan Nasrallah, lors de son dernier discours, et doit impérativement obtenir l’aval du député Michel Aoun, comme l’a indiqué le ministre démissionnaire Mohammad Fneich à L’Orient-Le Jour.


Les conditions posées par l’allocution virulente de Hassan Nasrallah et par l’initiative « salvatrice » de Michel Aoun portent essentiellement sur la répartition des principales fonctions au niveau des hautes instances de la République. De source informée, on apprend donc que l’opposition exige la nomination d’un Premier ministre « neutre », revendique plusieurs portefeuilles-clés, dont l’Intérieur, la Justice et les Télécommunications, et cherche à négocier le nom du futur commandant en chef de l’armée.


Ces conditions, qui d’ailleurs ont été rejetées par la majorité, découlent non seulement de la recherche par l’opposition d’avantages relevant de la stratégie politique mais également d’enjeux propres à chacune de ses composantes. D’un côté, le chef du CPL vise, à travers ces exigences, à obtenir une reconnaissance de son rôle de « patriarche politique de la rue chrétienne », d’après ses propres termes, et à consacrer son assise politique face aux chrétiens de la majorité qui ont accordé la couverture maronite à la candidature de Michel Sleimane. De plus, l’on peut se demander si le député Aoun a définitivement abandonné ses ambitions présidentielles, eu égard au fait qu’il a à moult reprises insisté sur la nécessité de parvenir à une entente fondée sur son initiative. Or son initiative stipule que le mandat du prochain président doit être raccourci à deux ans, ce qui offre l’occasion à Michel Aoun de reposer sa candidature en 2009.


D’un autre côté, le parti de Dieu se contente de se réfugier derrière l’intransigeance de son allié chrétien, en attendant l’aval de Téhéran à la candidature du commandant en chef de l’armée. Et les mollahs iraniens semblent attendre de recevoir une contrepartie de la part de la communauté internationale pour enjoindre à son allié libanais de sortir de son mutisme et d’exprimer une position favorable à l’égard du processus enclenché par le front majoritaire. L’Iran ne semble pas tant quérir une réhabilitation régionale que des garanties occidentales portant sur plusieurs questions, pour accepter de lâcher du lest dans le dossier libanais. D’autant que les puissances occidentales ont ouvertement tenté d’initier une divergence entre Téhéran et son principal, sinon unique, allié arabe qui n’est autre que le régime syrien.


Pour sa part, ce régime a empêché une confrontation ouverte au Liban en échange de son invitation à Annapolis, tout en continuant de prétexter son incapacité à influer sur le chef du CPL, d’après des sources informées, pour justifier ses tergiversations à l’égard de la présidentielle libanaise. Les concertations locales et régionales se renforceront donc au cours des prochains jours, avec l’arrivée à Beyrouth, hier, du patron du Quai d’Orsay, et avec l’envoi de deux émissaires syriens auprès des autorités iraniennes et saoudiennes, selon les sources précitées.


Un report de la séance parlementaire prévue pour vendredi devient donc de plus en plus probable, bien que Nabih Berry doive discuter aujourd’hui avec la commission de modernisation des lois du mécanisme légal pour amender la Constitution. En attendant que les tractations multipolaires puissent aboutir à des résultats tangibles, un calme prudent continuera de régner sur l’arène libanaise. Mais au Liban, et comme l’a souligné le chef de l’Eglise maronite, les apparences sont souvent trompeuses.

المصدر:
l"orient le jour

خبر عاجل