Bkerké : Le débat national doit suivre le scrutin et non le précéder
Les conditions préalables liées à l’élection présidentielle sont de nature à retarder indéfiniment cette échéance, a affirmé hier l’Assemblée des évêques maronites, qui a demandé que le débat sur les « appréhensions nationales » soit reporté jusqu’à la fin du scrutin.
Ci-dessous, le texte intégral du communiqué mensuel de l’Assemblée :
« L’échéance présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire du Liban, est passée sans qu’un président ne soit élu dénote un grand dysfonctionnement qu’il faut corriger, si l’on veut rendre aux Libanais la tranquillité d’esprit. Car certains d’entre eux ont désespéré de leur patrie et se sont mis à la recherche d’une patrie différente, pour peu qu’ils aient les moyens matériels de le faire. Cette tâche devrait faire oublier aux milieux politiques leurs différends et leur permettre de s’attaquer aux affaires nationales de sorte que les Libanais reprennent confiance dans leur pays.
« Les objections des uns et des autres, qui posent en préalable à l’élection présidentielle des conditions liées à l’échéance elle-même où à ce qui la suivra, sont de nature à retarder indéfiniment sa tenue. En outre, selon la Constitution, ces questions qu’on soulève ne sont pas toutes du seul ressort du président de la République. Certes, il est nécessaire d’examiner toutes les appréhensions nationales soulevées, mais seulement après l’élection présidentielle et le retour des institutions nationales à leur fonctionnement normal. »
Priorité à l’urgent
« Le marasme et les difficultés de la vie quotidienne, le ralentissement du tourisme et le blocage intentionnel de la vie économique, auxquels s’ajoute la dette publique qui pèse sur notre petit pays, ne sont pas de nature à nourrir l’espoir d’un avenir prospère. Cette situation devrait inciter les milieux politiques à oublier leurs divergences, ou du moins à les mettre en veilleuse, afin de donner à l’urgent la priorité.
« Tous les Libanais, et en particulier les hommes politiques, devraient apprécier à leur juste mesure les bienfaits que le Ciel a accordés à leur pays, et en particulier le climat général de liberté dont on trouve rarement l’équivalent dans la région. Il est donc du devoir premier des Libanais de préserver ce climat, de mettre leurs divergences de côté et de rompre les liens qu’ils entretiennent avec d’autres entités, s’ils nuisent à leur pays ; liens qui, au demeurant, sont contraires aux relations qui s’établissent d’ordinaire entre les Etats.
« L’approche de la fête de la Nativité du Seigneur Jésus-Christ et du Nouvel An doit donner aux fidèles l’occasion d’élever leurs pensées vers le Dieu qui ne cesse de les combler de tous les biens, en dépit de tous les obstacles (…), et d’offrir aux nantis la possibilité d’alléger l’amertume de la privation de leurs frères dans le besoin (…) Nous adressons nos vœux aux Libanais à l’occasion des fêtes de Noël et de l’Adha, en demandant à Dieu de leur assurer la paix et la prospérité pour la nouvelle année. »