Geagea reproche au chef du CPL « d’offrir une façade chrétienne à une république islamique »
«Le dossier de la présidentielle se trouve désormais en Iran, hélas ! » a affirmé hier Samir Geagea, chef du parti des Forces libanaises, dans un point de presse avec les journalistes.
M. Geagea, qui s’est longuement entretenu avec M. Geir Pedersen, représentant personnel du secrétaire général de l’ONU au Liban, a enchaîné en affirmant : « Il y a certaines choses qui revêtent un caractère risible dans l’histoire », avant de critiquer, sans le nommer, le général Michel Aoun, auquel il a reproché d’offrir « une façade chrétienne à une république islamique ».
Mais, selon M. Geagea, le fond du problème, c’est qu’« il existe une décision délibérée de torpiller l’élection présidentielle au Liban, ce qui en soi est inadmissible, et aucune partie libanaise n’est supposée appuyer cette décision, directement ou indirectement ».
Faisant la nuance entre l’Iran et la Syrie, M. Geagea a affirmé : « Comme vous le savez, les Syriens sont à la fois le problème et la solution. Ils créent le problème, puis fixent un prix pour son règlement ; avant de réclamer à nouveau d’être payés, quand d’autres font à nouveau obstruction. »
« La crise libanaise aurait dû être réglée au Liban-même. Nous constatons cependant qu’elle a fait le tour du monde », a ajouté Geagea.
Revendications « chrétiennes »
Le chef des Forces libanaises a affirmé par ailleurs que si le général Aoun a « des revendications chrétiennes », ces dernières ne lui sont pas exclusives.
« Mais, a-t-il indiqué, la revendication chrétienne par excellence, en ce moment, c’est de voir élu un président de la République. »
A la question de savoir pourquoi Saad Hariri parle de la présidentielle avec Nabih Berry et non avec le général Aoun lui-même, M. Geagea a répondu : « C’est par crainte que le général Aoun ne soit qu’une sorte de façade ; dans ce cas, on doit discuter avec le véritable interlocuteur. »
Et d’ajouter que le chef du mouvement Amal discute au nom de son mouvement et du Hezbollah. « S’il n’y avait que le mouvement Amal, la question aurait été réglée depuis longtemps », a dit le chef des FL.
Enfin, se faisant l’avocat de la décision prise par le 14 Mars d’appuyer la candidature du général Michel Sleimane, Geagea a affirmé que « certaines contraintes politiques sont difficilement contournables ». Et de préciser que ce n’est pas la personne du général Sleimane qui a fait problème, mais le fait qu’elle va exiger un amendement constitutionnel « et qu’elle perpétue la tradition de l’accession d’un militaire à la présidence de la République ».