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Parer le chaos ou le préparer, c’est toute la différence entre la majorité et les prosyriens

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Parer le chaos ou le préparer, c’est toute la différence entre la majorité et les prosyriens 
Emile KHOURY


En adoptant la candidature du général Sleimane, les loyalistes ont trouvé moyen d’éviter le danger de vide institutionnel. En principe. Car ils se heurtent encore au mur d’acier des prosyriens et de leurs alliés. Qui prétendent priver la majorité de ses droits démocratiques légaux. L’empêcher d’exercer ses responsabilités nationales autant que constitutionnelles. En poussant l’excès jusqu’à lui refuser même la latitude de faire des concessions au nom du consensus, de l’entente !


Pour compléter le tableau, les proches de Damas et leurs bons amis posent des conditions anticipées, et du reste rédhibitoires, au prochain chef de l’Etat. Pour le ligoter d’avance, lui retirer toute capacité de se poser en président fort, libre de ses mouvements et inspirant confiance à tous en tant qu’arbitre ou meneur de jeu.
Une question précise, faussement naïve, que l’on devrait adresser aux opposants, pour les forcer à se démasquer : appuyez-vous franchement, sans tourner autour du pot, la candidature du général Michel Sleimane ?


En cas de réponse positive, on ferait remarquer aux intéressés qu’en bonne logique un tel soutien ne peut pas être assorti d’exigences de freinage, impliquant par elles-mêmes un déni de confiance par rapport au général.
On ajouterait qu’au pire, ces revendications peuvent bloquer l’issue qui se présente. Et qu’au mieux, en discuter prendrait trop de temps, alors que le pays, exsangue, n’en peut plus d’attendre. Il faut, au plus vite, comme le souligne Mgr Sfeir, dégager la voie devant la présidentielle. Donc s’entendre sur les moyens à mettre en œuvre pour amender l’article 49 C.


L’opposition est-elle aveugle et sourde, pour ne pas voir la détresse des Libanais et entendre leurs plaintes comme leurs craintes ? Si elle ne l’est pas, ou si elle se guérit de ce double handicap, il lui faut cesser de se jouer de la Constitution, de lui passer allègrement sur le corps, comme elle le fait depuis la funeste prorogation du mandat de M. Emile Lahoud. En intensifiant, ces derniers temps, le rythme de ses dérogations. Pour en arriver à ce comble qui consiste à réclamer que le futur président s’engage d’avance sur un programme comme sur la forme d’un gouvernement potentiel qui ne le concernent pas. Et le relancer à ce propos revient à mettre la charrue devant les bœufs. Ce qui est pire qu’inutile, néfaste, du moment que le système s’en trouve faussé.

 

Mécanismes


En effet, la Constitution prévoit qu’il appartient au Conseil des ministres de définir la politique du pays, donc le programme de l’Exécutif. Tandis qu’au sujet du gouvernement, elle édicte que c’est en premier lieu au Parlement de décider, à travers le choix d’un Premier ministre. Qui doit ensuite établir la composition du cabinet, pour la soumettre à l’aval du chef de l’Etat. C’est seulement lors des consultations, que le président du Conseil nommé effectue à cette fin, que blocs parlementaires et partis peuvent énoncer leurs conditions en vue d’entrer ou non au gouvernement.
C’est à ce moment seulement, répétons-le, que les forces politiques débattent de sujets comme la répartition des portefeuilles ou comme la teneur de la déclaration ministérielle à venir. Cela, redisons-le également, avec le Premier ministre désigné et non avec le président de la République. Vouloir en traiter d’avance avec lui constitue donc une double aberration constitutionnelle.
Et si le Premier ministre désigné par la majorité parlementaire ne parvient pas à un accord avec les forces politiques, ou ensuite avec le président de la République ? Alors, il se désiste et l’on organise de nouvelles consultations parlementaires pour nommer un remplaçant.


Ces mécanismes sont la règle depuis l’indépendance et Taëf est venu les valider au niveau de la Constitution. En gommant cependant le pouvoir qu’avait antérieurement le chef de l’Etat de ne pas tenir compte de l’avis de la majorité parlementaire pour désigner un chef de gouvernement.


Il arrivait parfois que ce dernier dût se désister, comme l’avait fait par exemple le président Hariri vers la fin du mandat initial de M. Emile Lahoud. Les prosyriens avaient alors obtenu la désignation de Omar Karamé et un gouvernement voué à contrer la 1559, pour que la Syrie pût maintenir ses troupes au Liban.


Il est bon de noter enfin qu’un candidat faible qui prodiguerait des promesses aux partis concernant la formation du gouvernement ou le programme, ce que le général Sleimane refuse de faire, ne pourrait tout simplement pas tenir parole. Car il n’est en son pouvoir ni de tracer la ligne de l’Exécutif ni de choisir les ministres ou de répartir les portefeuilles à sa guise.

المصدر:
l"orient le jour

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