Le chef du PSP appelle à une formation très rapide du Sénat évoqué par Taëf
Joumblatt de nouveau très clair : Un compromis n’est pas une abdication et le 14 Mars ne lâchera jamais ses constantes
Joumblatt de nouveau très clair : Un compromis n’est pas une abdication et le 14 Mars ne lâchera jamais ses constantes
Une nouvelle fois, Walid Joumblatt s’est montré très clair dans sa volonté de mettre une fois pour toutes les points sur les « i » : « Contrairement à ce que pensent ou essayent de faire croire certains, le compromis n’est pas une abdication, ni une défaite ni un retour à l’ordre ancien ; le compromis est une tentative de contourner les velléités de saper la stabilité interne, la paix civile et la marche de l’indépendance et de la démocratie », a-t-il ainsi martelé dans le cadre de sa tribune hebdomadaire dans l’organe du PSP, al-Anba’.
Comment se construit et se renforce une indépendance ? A cette question que se posent presque tous les peuples du monde, Walid Joumblatt a donné cinq réponses :
– L’indépendance se construit « chaque jour par le sang, par le mot libre, par la persévérance et la lutte, par la solidarité avec tous les gens libres, tous les démocrates de la planète, comme avec Riad Turk et Michel Kilo en Syrie, ou avec le peuple vénézuélien qui a refusé le projet d’amendements constitutionnels et insisté pour que les libertés politiques et personnelles soient sacralisées ».
– L’indépendance se construit « en refusant les magouilles faites entre des Etats qui souhaitent que le Liban soit de nouveau phagocyté, d’une façon ou d’une autre », a-t-il ajouté, critiquant le récent rapprochement syro-jordanien et refusant les ingérences étrangères dans les affaires sécuritaires du Liban.
– L’indépendance se construit « par la poursuite de l’action pacifique, calme et démocratique qui était et qui reste la seule option du 14 Mars ».
– L’indépendance se construit et se renforce « si l’on accepte un compromis basé sur la sauvegarde de la paix civile et de la stabilité intérieure : cela ne signifie pas magouiller. Le compromis prend naissance dans les positions fondamentales du patriarche Sfeir, et cela signifie une entente sur les constantes du dialogue national : le tracé des frontières, les relations diplomatiques libano-syriennes, les armes palestiniennes hors camps, puis dans les camps, et le tribunal international ».
– L’indépendance se construit « avec la résistance ; une résistance qui acceptera de s’intégrer progressivement dans la troupe, ce qui renforcera considérablement les capacités de notre armée. Cette intégration mènera in fine à l’acceptation par toutes les parties du principe de neutralité bienveillante, que le Liban ne soit plus un Etat-arène au cœur duquel se solderont les comptes régionaux et internationaux, sans oublier que toutes les résolutions internationales doivent être appliquées, par le dialogue ».
Et le chef du PSP de poursuivre : « L’indépendance requiert des forces du 14 Mars qu’elles aient conscience de la souffrance et de la fatigue des gens ; voilà pourquoi la sauvegarde de nos acquis doit passer par le compromis. » L’indépendance, a ajouté Walid Joumblatt, signifie aussi « préserver l’armée nationale, qui a réussi, malgré ses moyens limités, à protéger la stabilité, la paix civile et les frontières. Cette armée peut se renforcer si ce compromis l’encadre, et si l’on réussit à élire un président de la République et permettre aux institutions de recommencer à travailler », a-t-il indiqué.
Et de marteler ensuite : « Toute abdication ou toute magouille qui sape les acquis réalisés grâce aux combats et à l’unité du 14 Mars serait une trahison. Le 14 Mars a multiplié récemment des mesures étudiées, sages, destinées à préserver tout ce qui a été engrangé depuis ; mais cette Alliance n’a pas et ne lâchera pas ses constantes, sa lutte a été baptisée par le sang et sa lutte a permis la formation du tribunal international », a rappelé le leader druze.
Enfin, Walid Joumblatt a rappelé que l’une des clauses de l’accord de Taëf stipule clairement la formation d’un Sénat, et cela doit être débattu d’une façon intense juste après l’élection présidentielle, parce que ce futur Sénat sera à même de préserver les « grands équilibres nationaux » et « de garantir les futures décisions cruciales et nationales ».