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En termes syriens, la stabilité du Liban reste liée au Golan, et au tribunal

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En termes syriens, la stabilité du Liban reste liée au Golan, et au tribunal
 Emile KHOURY


En marge de la question palestinienne, Annapolis a réamorcé le traitement du volet Golan. Ce qui est important pour le Liban politique, dont beaucoup pensent que les innombrables problèmes ne sont solubles que dans une paix régionale globale. Ou, à tout le moins, et plus exactement, dans un règlement du contentieux syro-israélien. Et dans une quelconque normalisation entre ces deux voisins gênants de notre pays.


Mais, on le sait, le plateau du Golan, riche en eau et stratégiquement capital, est un enjeu de poids. Nombre d’experts estiment qu’Israël préfère, plutôt que de le rétrocéder, voir la Syrie rétablir sa tutelle sur le Liban, en manière de compensation. Tandis que le régime syrien souhaiterait affermir ses assises, conforter sa popularité, remporter une victoire nationale en récupérant son territoire occupé. Au besoin, il pourrait renoncer à cette fin à ses visées libanaises. Encore qu’on ne voit pas pourquoi il ne rallumerait pas la flamme de telles ambitions dès que possible.


Un théoricien de renom, le professeur Philippe Salem, indique que, tout en étant farouchement indépendantiste, il évalue à sa juste mesure, fort consistante, l’influence de la Syrie au Liban. Une force telle qu’il est difficile d’asseoir la stabilité ici si la Syrie ne le désire pas. D’après lui, le Liban tient lieu, en fait, aujourd’hui, de ligne de démarcation entre Israël et les Arabes, ainsi qu’entre les Etats-Unis et l’axe syro-iranien.


Et l’Europe ? Pour Salem, elle se trouve pour ainsi dire hors-jeu. Parce que ce qu’exige la Syrie pour prix de la stabilité au Liban, il n’y a que les Américains qui puissent l’offrir. Eux seuls peuvent dégager la Syrie de l’isolement qu’elle subit, car eux seuls détiennent la clé lui permettant de jouer un rôle régional marquant.
Que cela soit au niveau d’un processus de paix global ou dans d’autres domaines de plus ou moins brûlante actualité. Mais pourquoi le feraient-ils ? Parce que, c’est du moins ce dont tente de les persuader Damas, avec l’apport syrien ils auraient de bien meilleures chances de faire aboutir leur politique régionale. Ainsi, au lieu de faire pression sur Israël pour qu’il ne dialogue pas avec la Syrie, Washington peut au contraire l’y encourager. Pour que les Syriens récupèrent le Golan, ce qui est d’ailleurs leur droit le plus strict.

 

Le garrot


Mais le régime syrien ne lâcherait pas, ne libérerait pas le Liban pour autant. Il veut aussi, en effet, obtenir la neutralisation de fait du tribunal à caractère international. Pour lui-même, pour ses propres intérêts, c’est aussi primordial que le Golan l’est pour la nation syrienne en tant que telle. Dès lors, entre autres buts relatifs à la présidentielle libanaise, le régime syrien en a fait capoter l’organisation dans les délais pour bien montrer sa capacité de nuisance locale, son droit de regard sur la stabilité interne. Avec le concours, bien évidemment, d’indéniables alliés directs, comme le puissant Hezbollah. Dont les liens étroits avec Damas sont d’ordre aussi bien militaire que matériel ou politique.


A partir de là, il est difficile pour le Liban, peut-être même impossible, de rêver d’indépendance et de tranquillité dans un cadre d’inimitié avec la Syrie, d’hostilité à son encontre. Le point rassurant c’est de savoir, pense Salem, qu’en dialoguant avec les Syriens, les Américains ne le font pas aux dépens de notre pays, mais, au contraire, pour en consolider la stabilité. En estimant, sans doute, qu’une fois qu’il aura récupéré le Golan, le régime syrien n’aurait plus de raisons de s’immiscer continuellement dans les affaires intérieures libanaises.
Il reste que beaucoup de Libanais sont convaincus que se voyant proposer le choix entre le Golan et le Liban, le régime syrien opterait pour le Liban. Bien que le plateau soit de son droit, alors que c’est tout le contraire pour un Liban captif.


Mais il existe également un grave problème intrinsèque. Qui a pour nom ce Hezbollah qui dispose d’une armée bien à lui et cherche à instaurer, pour lui-même, un Etat plus fort que l’Etat libanais. Salem se demande dès lors si le général Sleimane, devenant chef de l’Etat, accepterait de tolérer encore ces missiles du Hezbollah que l’armée nationale ne possède pas. Cela étant, il reste clair que le démantèlement de la force militaire du Hezb devrait être possible à travers une négociation syro-américaine. En attendant, souligne le professeur, la légalité internationale protège le Liban, à travers la Finul et les résolutions 1559-1701. Sans ce bouclier, la Syrie aurait vite fait d’avaler le morceau.

المصدر:
l"orient le jour

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