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A sept chances sur dix, Sleimane pourrait être élu samedi

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A sept chances sur dix, Sleimane pourrait être élu samedi
La majorité menace de dynamiser le gouvernement et l’opposition réclame le tiers de blocage


L’accord branlant qui a été conclu pendant la nuit d’avant-hier entre la majorité et l’opposition, suite à la recrudescence des pressions exercées par la France contre la Syrie, a fini par trébucher sur la réémergence diurne des conditions de l’opposition qui a provoqué un nouveau report du scrutin. Et bien que quelque 109 députés – fait inédit depuis septembre dernier – se sont retrouvés hier place de l’Etoile, la flexibilité des positions explicitées en début de journée a rapidement et comme par magie cédé la place à l’intransigeance des revendications présentées par l’opposition. Que s’est-il donc passé pour que cette dernière se parjure d’une manière aussi intempestive, d’autant que la situation deviendra encore plus inextricable si Michel Sleimane n’est pas élu à la présidence avant l’expiration de la séance ordinaire de la Chambre ?

 

Nombre d’observateurs estiment à cet égard que le régime syrien a enjoint au président de la Chambre d’accepter la « formule magique » de compromis à laquelle le tandem Hariri-Joumblatt avait adhéré, uniquement pour lancer un timide signe de bonne volonté à l’adresse de la France, sans pour autant lâcher effectivement du lest dans le dossier présidentiel. Des sources diplomatiques ont en effet indiqué que la France avait informé Damas que le chef de la diplomatie syrienne est persona non grata à la conférence des donateurs pour un Etat palestinien, qui se tient aujourd’hui à Paris. Ne voulant pas être encore plus marginalisé lors d’une manifestation aussi cruciale pour la région, le régime baassiste aurait donc pu encourager ses alliés à conclure un accord portant sur la procédure « légale » de l’élection de Michel Sleimane, pour se rabattre ensuite sur le dossier de la composition du cabinet, y compris la distribution des portefeuilles, que la majorité refuse fermement de négocier. Le report de la séance était donc garanti.

 

Il convient toutefois de souligner que c’est Nabih Berry et non le chef du CPL qui a négocié ledit accord au nom de l’opposition : d’où l’interrogation légitime sur la validité du mandat accordé par le 8 Mars à Michel Aoun pour mener les concertations avec la majorité. En tout état de cause, le général Aoun a une nouvelle fois affirmé hier que « nul ne peut élaborer de solution en dehors du cadre de (son) document ». « Personne n’est habilité à s’exprimer en mon nom et il n’y aura pas d’élection sans négociations », a-t-il martelé.

 

La teneur de ce document, qui a été négligé par l’accord partiel de la nuit de dimanche, demeure quelque peu opaque. Mais d’après les propos tenus hier par le député Michel Murr, il semble que les revendications du chef du CPL s’articulent autour de trois points essentiels. En premier, il s’agirait de la durée du mandat du prochain président. Néanmoins, la majorité et le patriarche maronite se sont clairement exprimés contre toute réduction du mandat du futur chef de l’Etat. Les négociations passeront vraisemblablement outre à cette condition à laquelle plusieurs parties ont opposé une fin de non-recevoir.

 

La deuxième exigence porterait sur « la présidence en elle-même », ou, autrement dit, sur les projets et autres réformes fondamentales que Michel Sleimane implantera, après avoir été catapulté à Baabda, à savoir la nouvelle loi électorale et la représentation des chrétiens au sein des instances de l’Etat. Il semble que la majorité se serait d’ores et déjà entendue avec Nabih Berry pour s’engager à tenir les prochaines législatives selon une loi « juste et équitable » et à raffermir la participation chrétienne à la prise des décisions étatiques.

Enfin, la troisième condition du député Aoun – et là réside le cœur du problème – serait liée à la composition du prochain cabinet. L’opposition aurait réclamé la minorité de blocage, un nombre substantiel de portefeuilles cruciaux et la réduction de la part de sièges ministériels accordés au 14 Mars à un nombre inférieur à la majorité absolue des voix au gouvernement. De son côté, la majorité veut reporter la question de la répartition des portefeuilles au lendemain du scrutin présidentiel et propose une ventilation schématique des postes gouvernementaux en vertu de laquelle elle obtiendrait 14 sièges contre 11 sièges pour l’opposition et 5 autres pour Michel Sleimane. De son côté, le chef de la troupe refuse de se transformer « en président de façade » et revendique « les prérogatives d’un vrai arbitre » au sein de la prochaine distribution des rôles, selon des sources proches des milieux de Yarzé. Michel Sleimane voudrait donc démunir l’opposition du tiers de blocage et arracher au 14 Mars la majorité absolue des voix ministérielles, afin de se voir consacrer comme unique décideur en cas de divergences entre les deux camps, selon les sources précitées.

 

C’est dans cette direction que les concertations internes devraient s’orienter au cours des quelques jours qui nous séparent du nouveau rendez-vous de samedi. Si les tractations n’aboutissaient à aucun résultat conséquent, des sources dignes de foi ont indiqué à L’Orient-Le Jour que la majorité ira jusqu’à « dynamiser le rôle du gouvernement », en nommant un successeur à Pierre Gemayel et en élaborant un projet d’amendement de la Constitution pour permettre l’avènement de Michel Sleimane à la magistrature suprême. Dans ce cas, la France pourrait de son côté dénoncer sévèrement les parties responsables de l’obstruction. D’après les milieux de Yarzé, à sept chances sur dix, l’urne de l’hémicycle pourrait être remplie par une centaine de bulletins portant le nom de Sleimane. Ce ne serait pas trop tôt car entre-temps, ce sont les caisses de l’Etat et les bourses des citoyens qui ont été vidées par une crise économique dont personne ne semble se soucier.

المصدر:
l"orient le jour

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