Le Premier ministre accuse des parties locales et étrangères de vouloir « détruire notre régime »
Siniora : Nous ne céderons pas face à la menace des armes et aux discours agressifs qui sèment la discorde
Siniora : Nous ne céderons pas face à la menace des armes et aux discours agressifs qui sèment la discorde
Le Premier ministre Fouad Siniora a affirmé hier que « la majorité est disposée à conclure une entente et à accorder des concessions portant sur certains de ses principes, à condition que l’autre camp abandonne ses conditions obstructionnistes, afin que le prochain président puisse jouer le rôle d’arbitre entre » le 14 Mars et l’opposition. « Les Libanais ont besoin d’une entente qui n’accorde pas de victoire à un camp contre un autre », a-t-il noté lors de la signature d’un ouvrage rendant hommage à l’ancien président Rafic Hariri. « Nous voulons un compromis et nous refusons l’hégémonie et le monopole du pouvoir. Mais nous ne céderons pas face au terrorisme, à la menace des armes, à l’expansion de l’armement, au déploiement des personnes armées et aux discours haineux qui sèment la discorde », a martelé le président du Conseil. « Le Liban fait face aujourd’hui aux dangers de l’effritement de son régime et de l’essor du fanatisme. La désagrégation de l’Etat est nuisible à toutes les parties. Quel est le projet alternatif à l’Etat de ceux qui tentent de tout détruire ? L’extrémisme entraîne l’apparition d’un extrémisme adverse et la révolution appelle à la contre-révolution », a-t-il poursuivi.
« La calamité qui s’est abattue sur le Liban aujourd’hui résulte de la convergence entre les intérêts et les visions de certaines parties locales et étrangères. Cette confluence s’articule autour d’un unique point qui n’est autre que la destruction du prototype libanais de la coexistence et de l’alternance du pouvoir. Il semble que l’objectif de ces forces est de démanteler le régime libanais au nom de la participation à la prise de décision et de l’obtention d’un droit de blocage », a souligné Fouad Siniora.
L’erreur historique
« Certaines parties étrangères continuent de penser que l’indépendance du Liban est une erreur historique qu’il faudrait reconsidérer alors que certaines forces locales tentent de remplacer notre régime par un autre système. Elles cherchent, au nom de la participation ou des intérêts des chrétiens, à consacrer le vide au niveau de la présidence et à accabler le futur président, s’il est élu, de conditions pour lui interdire toute marge d’action et le soumettre au chantage permanent », a considéré le chef du cabinet. « La situation économique a besoin d’une attention délicate, mais le pays a raté de nombreuses occasions du fait des conflits. Seuls l’Etat et ses institutions ainsi que le soutien unanime à l’armée nationale peuvent mettre un terme aux violations israéliennes, et non pas l’enfermement dans le mutisme face à l’assassinat de nos soldats et officiers tantôt pendant la guerre contre Israël, et tantôt à Nahr el-Bared ou lors des attentats criminels », a estimé le Premier ministre.
« Je suis certain que mes compatriotes sont à même des risques qu’encourt notre régime qui a permis au Liban d’être à l’avant-garde dans de nombreux domaines. Je les appelle donc à empêcher les ennemis de notre régime de détruire notre système, car s’ils réussissent, ils abattront nos libertés, notre culture, notre résistance et notre sécurité », a-t-il prévenu. « Cette crise ne saurait être dénouée qu’à travers l’accélération de la procédure d’élection du président qui est le chef de l’Etat, le symbole de l’unité de la patrie, le gardien de la Constitution et l’arbitre des institutions. Seul le président peut diriger le dialogue national auquel doivent participer toutes les formations politiques, pour restaurer la confiance mutuelle et élaborer des solutions démocratiques à tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui », a affirmé le président du Conseil.
Et Fouad Siniora de rendre enfin hommage à Rafic Hariri « qui a cru en l’Etat, défendu la coexistence, préservé l’arabité et l’ouverture de notre pays au monde entier et qui a respecté la règle selon laquelle le Liban ne peut être gouverné ni par la Syrie ni contre elle ».