Violent réquisitoire du chef du PSP contre Damas et Aoun
Joumblatt : Les Libanais n’épargneront pas ceux qui s’aplatissent devant le régime syrien
Joumblatt : Les Libanais n’épargneront pas ceux qui s’aplatissent devant le régime syrien
A la veille de Noël, Walid Joumblatt n’y a pas été par quatre chemins pour dénoncer tous ceux, au Liban et outre-Masnaa, qui font de l’obstructionnisme leur jeu quotidien et favori : « Si, pour la deuxième année consécutive, les fêtes sont tristes, c’est à cause de tous ceux qui continuent d’assumer pleinement le vide constitutionnel et politique, à cause de ceux qui ne veulent pas que la démocratie au Liban retrouve toute sa santé par le truchement d’une élection présidentielle », a ainsi asséné le chef du PSP dans le cadre de sa lettre hebdomadaire à al-Anba’, l’organe du parti. Et de renchérir : « Il semble bien que le slogan de certains soit : le refus perpétuel, quelles que soient les opportunités de compromis. Ils refusent le règlement, la solution, la stabilité, l’économie florissante, le tourisme ; ils refusent que soit enfin tournée la page… Apparemment, cette politique du refus systématique ne vient pas de nulle part, elle est le résultat d’une riche expérience, dont les moindres épisodes restent ces guerres vaines, dites de libération et d’extermination », a-t-il affirmé, dans une allusion à peine voilée au chef du CPL, Michel Aoun, qu’il a accusé de mener des campagnes de diffamation organisées contre le gouvernement, « comme il l’avait fait avant avec l’armée et ses officiers ».
Martelant ensuite ses appels en faveur d’un « compromis honorable pour tous, qui préservera les droits de tous, à l’ombre du commandant en chef de l’armée, c’est-à-dire le candidat consensuel ; un compromis qui respectera la Résistance jusqu’à son inclusion dans le corps militaire, comme cela se passe dans tous les pays du monde ; un compromis qui rassure l’ensemble des parties », Walid Joumblatt s’est adressé aux pays arabes « qui ont évité », lors de la dernière conférence de Paris, de citer nommément les empêcheurs de tourner en rond. « Je leur demande : qu’attendez-vous ? Pourquoi hésitez-vous à dire que c’est la Syrie qui bloque ? L’opinion publique libanaise, arabe et internationale a le droit de savoir qui fait tout pour bloquer la situation », a-t-il souligné. Puis, s’adressant à ceux, au sein de la communauté internationale, qui « appellent stupidement à un compromis avec le régime syrien », il a dit : « Le peuple libanais libre n’épargnera pas ceux qui s’aplatissent, au nom de la démocratie, devant les tyrans de Damas. Les développements régionaux peuvent être ce qu’ils sont, le Liban ne connaîtra pas le répit tant que ces tyrans-là restent au pouvoir à Damas, ni les relations libano-syriennes ne prendront un cours normal. » Plus encore, Walid Joumblatt a remis à leur place, et sans ambages, tous ceux qui exigent que des excuses soient faites au régime syrien, « un régime fait de gangs d’assassins au Liban et qui emprisonne les vrais patriotes en Syrie », a-t-il dit, rendant hommage au peuple syrien, « qui résiste toujours face à ce régime dictatorial ».
En outre, le leader druze a tenu à rappeler une nouvelle fois la différence entre « compromis » et « abdication » : « Nous n’avons pas abdiqué hier, nous ne le ferons pas aujourd’hui, quelles que soient les circonstances dans la région ou dans le monde », a-t-il insisté, appelant tous les Libanais à se retrouver autour des constantes sacrées : indépendance, souveraineté, stabilité, vérité, justice, renforcement des institutions, application de Taëf dans son esprit et dans sa lettre, mais aussi des résolutions internationales, contrôle des frontières et étendue de l’autorité de l’Etat sur la totalité du territoire libanais…