La République décapitée face à l’obstination de l’opposition

La République décapitée face à l’obstination de l’opposition
Khalil FLEYHANE


L’année 2007 sera révolue dans quatre jours sans qu’un président ne soit élu. Le seul nouveau développement a été la décision qu’a prise le président de la Chambre Nabih Berry de suspendre le dialogue avec la majorité, suite à l’élaboration par le gouvernement d’un projet de loi sur l’amendement de l’article 49 de la Constitution.
Des sources diplomatiques arabes et occidentales à Beyrouth ont souligné que Nabih Berry ne s’est pas contenté d’exprimer son mécontentement face à la décision du gouvernement. Il a en effet exhorté le cabinet à revenir sur sa mesure, tout en sachant que le Premier ministre Fouad Siniora ne se pliera pas à son appel.


Les sources précitées se sont en outre interrogées sur le fait de savoir pourquoi le président de la Chambre a insisté sur la nécessité d’annuler une décision qu’il considère comme « dépourvue de toute valeur légale ». Elles ont également relevé que Nabih Berry a accusé le gouvernement d’avoir « usurpé » les prérogatives présidentielles, quand bien même la Loi fondamentale dispose clairement que le cabinet doit exercer ces prérogatives à titre intérimaire en cas de vacance de la magistrature suprême.


Ces sources ont évoqué les propos tenus par certaines parties de l’opposition qui ont estimé que « la décision du gouvernement ne fait qu’entraver l’élection de Michel Sleimane ». Elles ont estimé à cet égard que « si le 8 Mars veut en finir avec le gouvernement Siniora, le meilleur moyen sera d’élire le patron de l’armée dès samedi prochain, bien que cette séance soit vraisemblablement reportée ».


Selon ces sources, l’opposition devrait mettre un terme aux campagnes médiatiques contre le gouvernement Siniora et privilégier plutôt le dialogue pour trouver une issue permettant de faire élire un président. Elles ont aussi mis en relief le fait que certains pôles de la majorité ont accusé le président français d’être biaisé en faveur de Damas, ce qui explique la ferveur soudaine du président George Bush qui a fermement condamné l’ingérence syrienne au Liban.


Ces milieux diplomatiques ont mis la majorité et l’opposition en garde contre « la polémique internationale et régionale au sujet du Liban, qui pourrait dégénérer en conflit armé ou du moins en crise politique durable ». Ils ont également exhorté l’opposition à délaisser le langage de la menace, vu que les mesures auxquelles pourrait avoir recours le 8 Mars nuiraient à toutes les parties sans exception, la preuve étant que le sit-in au centre-ville a eu des retombées néfastes sur l’ensemble de l’économie libanaise.


Ces sources se sont étonnées de l’utilisation par l’opposition du dossier présidentiel comme moyen de pression pour obtenir la minorité de blocage au sein du prochain gouvernement. « Est-ce que le 8 Mars se considérera toujours comme une opposition après avoir obtenu des portefeuilles ministériels au sein du futur cabinet ? Et comment le chantier de réformes économiques sera-t-il lancé ? » se sont-elles interrogées.


Les sources diplomatiques ont également exprimé leur inquiétude face à la vacance au niveau de la présidence de la République en dépit des efforts arabes et européens, et notamment de l’initiative menée par la France. Elles ont enfin considéré que la République est aujourd’hui « décapitée », tout comme la statue posée dans le hall d’entrée du palais de Baabda et qui a perdu la tête lors du bombardement qui a visé le siège de la magistrature suprême, au cours des derniers jours du mandat de l’ancien président Sleimane Frangié.

المصدر:
l"orient le jour

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