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Le débat sur les failles de la Constitution suscite divers commentaires

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Le débat sur les failles de la Constitution suscite divers commentaires
Les milieux politiques s’accordent sur un point : le climat actuel n’est nullement propice à un éventuel amendement de Taëf


La petite phrase lancée par le président Amine Gemayel le soir du réveillon du Nouvel An est passée inaperçue, mais elle a mis en quelque sorte le doigt sur la plaie, peut-être de manière un peu prématurée. Au terme d’un entretien avec le président du Parlement arabe, le député koweïtien Mohammad Jassem el-Sakr, le président Gemayel avait souligné, en réponse à la question d’un correspondant de presse, que l’accord de Taëf – qui constitue la nouvelle Constitution votée en 1989 – devrait sans doute être modifié et développé, mais « dans le cadre des institutions » et sur une « base consensuelle ». Le leader des Kataëb n’a certes pas pris l’initiative de lancer cette idée d’un éventuel amendement de Taëf de manière spontanée, mais plutôt en commentant les propos tenus par le président du Parlement arabe à l’issue de son entrevue avec M. Gemayel. Le député koweïtien avait alors évoqué la nécessité d’aboutir à « un nouveau Taëf » afin de sortir le Liban de la crise dans laquelle il se débat.


Le fait que la petite phrase du président Gemayel ait été prononcée en réponse à une question portant sur les propos du responsable arabe en atténue, certes, la portée et l’importance, mais il reste que le lourd dossier des lacunes de la Constitution issue de Taëf est un sujet épineux qui est au centre de tous les débats. Du moins en coulisses et de manière informelle. Et sur ce plan, les milieux politiques, aussi bien au sein de la majorité que de l’opposition, semblent s’accorder sur un point : le climat actuel qui sévit dans le pays n’est nullement propice à un débat, et a fortiori à une entente, sur un éventuel amendement de l’accord de Taëf. C’est du moins ce qui ressort des commentaires de certains députés, recueillis à ce sujet par le site électronique
nowlebanon.com. Le climat est, effectivement, très peu propice à un débat, comme l’illustre d’ailleurs le communiqué attribué hier à l’organisation terroriste Fateh el-Islam qui affirme qu’elle poursuit la lutte contre « les mécréants, les hérétiques et les croisés ». Un communiqué qui coïncide, comme par un pur hasard, avec la rupture des contacts entre la France et la Syrie au sujet de la crise libanaise…


Pour en revenir au problème de l’accord de Taëf, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, membre dirigeant du Courant du futur, a souligné, dans une déclaration au site nowlebanon.com, que rien ne devrait empêcher un débat sur les failles ou la mauvaise application de Taëf, « mais ouvrir un tel dossier aujourd’hui, dans un climat de crise politique, reviendrait à créer un grave problème dans le pays ».


Abondant dans le même sens, M. Antoine Zahra, député de Batroun, membre du bloc parlementaire des Forces libanaises, s’est déclaré opposé à toute discussion portant sur Taëf « à l’ombre de la situation actuelle ». « Tout débat sur Taëf ou sur un quelconque contrat social ne saurait se faire dans un contexte de crise politique ou lorsqu’une partie impliquée dans les discussions possède un armement qui est susceptible d’influer sur le cours des négociations ». « Il est évident qu’il n’y a pas de tabous, mais le moment n’est pas propice (pour un dialogue), souligne le député FL. Quelles que soient les circonstances, nous n’accepterons que cet accord (de Taëf) ne soit discuté que dans une atmosphère calme et dans le cadre des institutions constitutionnelles. »


M. Farid el-Khazen, membre du Bloc parlementaire aouniste du changement et de la réforme, a également relevé qu’« il ne serait pas sage de songer aujourd’hui à un nouveau Taëf car il n’est pas possible concrètement de trouver (dans le contexte présent) un substitut à l’actuel accord de Taëf qui n’a d’ailleurs pas été exécuté et qui a été violé dès son approbation ». « L’essence de Taëf se trouve dans la Constitution, et dans toute Constitution, il existe des failles, a déclaré M. Khazen. Mais une éventuelle révision de la Loi fondamentale devrait porter non pas sur les fondements du texte, mais sur l’amélioration du fonctionnement du régime parlementaire. Le régime politique au Liban est de nature parlementaire démocratique. Il existe des failles dans l’accord de Taëf pour ce qui a trait au bon fonctionnement du régime parlementaire. En ce qui concerne l’amendement de l’accord de Taëf, il n’est pas à l’ordre du jour, notamment au niveau du Bloc du changement et de la réforme », a conclu le député du Kesrouan.

المصدر:
l"orient le jour

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