Tarek Mitri prend l’avion aujourd’hui pour Le Caire
Le gouvernement se présentera devant la Ligue avec un projet de sortie de crise
Le gouvernement se présentera devant la Ligue avec un projet de sortie de crise
Conformément à une décision du Conseil des ministres jeudi, une délégation présidée par le ministre intérimaire des Affaires étrangères, Tarek Mitri, prend l’avion aujourd’hui pour Le Caire, où se réunit demain un conseil ministériel extraordinaire de la Ligue arabe consacré au Liban, sans président depuis le 23 novembre dernier et gravement ébranlé dans ses fondements constitutionnels.
Comme il se confirme de diverses sources, les ministres arabes des Affaires étrangères ou leurs représentants qui assisteront à la réunion du Caire n’auront pas entre les mains un document préparé à l’avance, ni une ébauche de résolution finale agréée par la majorité et l’opposition qui les mettrait sur la voie d’une entente sur l’élection présidentielle, et inclurait les titres des dossiers fondamentaux sur lesquels ils doivent nécessairement s’entendre.
De sources concordantes, on précise qu’une réunion informelle de concertation se tiendra aujourd’hui au siège de la Ligue arabe, dans la capitale égyptienne. Ce sera l’occasion offerte aux diverses délégations de présenter les positions de leurs gouvernements respectifs et les idées susceptibles de débloquer la situation. Ou encore les démarches qu’ils pourraient entreprendre vers une sortie de crise.
On rappelle que l’élection du nouveau président libanais a été reportée onze fois depuis le 25 septembre. Le Parlement a été convoqué pour la 12e fois à se réunir pour élire un président, le 12 janvier. Mais si le gouvernement et l’opposition sont d’accord sur le choix d’un candidat de consensus, le chef de l’armée, le général Michel Sleimane, l’opposition revendique un droit de veto dans la future équipe dirigeante que la majorité refuse absolument de lui accorder.
En cas de persistance de l’impasse, l’opposition menace d’avoir recours à des grèves et des manifestations tournantes destinées à harceler le gouvernement et à lui rendre la vie impossible.
« Espérant contre toute espérance », des instances politiques et communautaires ont adressé des documents et des communiqués au conseil de la Ligue arabe lui demandant de ne ménager aucun effort pour aider le Liban. C’est le cas, notamment, du chef des Forces libanaises, Samir Geagea, et du président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan.
La majorité parlementaire s’est, elle aussi, tournée vers la Ligue arabe et lui a demandé de faire pression sur la Syrie pour qu’elle cesse ses ingérences au Liban et permette l’élection d’un nouveau chef de l’Etat.
Pour sa part, le ministre intérimaire des AE, Tarek Mitri, arrive au Caire porteur d’un projet de règlement, qu’il soumettra ce soir à la réunion de concertation.
M. Mitri proposera, au nom du gouvernement, l’élection sans délai du général Michel Sleimane à la présidence la République, à charge pour ce dernier, après avoir entrepris les consultations parlementaires d’usage pour la nomination d’un Premier ministre, de réclamer l’aide de la Ligue arabe. Cette dernière aiderait la majorité et l’opposition à cerner les dossiers fondamentaux sur lesquels un consensus politique est nécessaire. Elle contribuerait aussi à faire renaître entre elles une confiance aujourd’hui totalement absente. Une telle façon de faire devrait alors déboucher sur la conclusion d’un nouveau « pacte national », sous les auspices du chef de l’Etat. L’accord servirait de fondement à une renaissance du Liban et constituerait l’ossature de la future déclaration ministérielle.
Mais quels seraient les « dossiers fondamentaux » dont l’examen se ferait sous l’œil de la Ligue arabe ? Certes, ces dossiers sont nombreux, enchevêtrés et interdépendants. Mais s’il fallait se limiter à quelques-uns, ce serait, selon des sources gouvernementales, les deux dossiers des relations libano-syriennes et des armes palestiniennes.
On estime en effet que l’établissement de relations diplomatiques saines entre le Liban et la Syrie contribuerait grandement à désamorcer la crise interne. De même, la mise en ordre des relations entre le Liban et les groupes armés palestiniens, dont certains accueillent des hors-la-loi, est indispensable pour assainir le climat interne.
Par ailleurs, la délégation libanaise va certainement soulever devant la Ligue arabe ce fait, paradoxal, que le plus petit et le plus faible des Etats de la Ligue demeure le seul pays directement confronté à la machine de guerre israélienne.
Voilà, en quelques paragraphes, la « feuille de route » que proposera le gouvernement au Caire aujourd’hui et demain, pendant qu’au Liban, relayées de façon irresponsable par les médias, fleurissent invectives et insultes.