Pour le chef du Hezbollah, la majorité miserait sur une attaque américaine contre l’Iran
Nasrallah : Si les Arabes veulent dénoncer des parties obstructionnistes, ils n’ont qu’à me désigner
Nasrallah : Si les Arabes veulent dénoncer des parties obstructionnistes, ils n’ont qu’à me désigner
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a condamné hier « tout attentat commis sur le territoire libanais, quelles que soient les personnes ou les parties visées, surtout si des victimes innocentes périssent dans ces attentats ». Il a en outre déploré l’attitude de « certaines parties qui exploitent les attentats à des fins politiques sans attendre les résultats de l’enquête ».
S’exprimant à l’occasion de la semaine de commémoration de Achoura, Hassan Nasrallah a estimé que « la dernière visite du (secrétaire d’Etat adjoint américain) David Welch à Beyrouth visait à serrer les rangs du 14 Mars car ce camp a été ébranlé par le fait qu’il a été obligé d’adopter la candidature du général Sleimane ». « David Welch et Eliott Abrams ont demandé (à la majorité) de tenir bon jusqu’à mai prochain, en attendant l’attaque américaine contre l’Iran », a-t-il poursuivi.
« Qui a dit que les résultats d’une guerre éventuelle contre l’Iran seraient favorables aux Etats-Unis ? » s’est interrogé le chef du parti de Dieu. « (Les émissaires américains) ont également promis une accélération de la formation du tribunal international. (…) Si ce tribunal est politisé et vise à servir les intérêts américains, les Libanais ne seront pas obligés de s’y résigner et agiront en conséquence », a-t-il ajouté, avant de réclamer une nouvelle fois la libération des quatre généraux détenus à Roumieh.
Quant à l’initiative de la Ligue, Hassan Nasrallah a appelé les responsables arabes à « fournir une aide sérieuse au Liban et à ne pas utiliser le plan qu’ils ont proposé pour exercer des pressions contre l’opposition ». « On dit que la Syrie a été invitée à encourager ses alliés au Liban à adopter cette initiative. J’appelle donc les autres pays arabes à exhorter leurs alliés libanais à reconnaître l’essence du plan arabe qui propose une solution sans vainqueur ni vaincu », a-t-il souligné.
Ripostant aux propos tenus par le chef de la diplomatie française qui avait menacé de saisir le Conseil de sécurité en cas d’échec de l’initiative arabe, le pôle de l’opposition a demandé à Bernard Kouchner de « patienter un peu car le plan de la Ligue ne doit pas être une étape sur la voie de l’internationalisation ». « J’ai dit au médiateur arabe que si l’initiative a été élaborée pour exercer des pressions contre l’opposition, ceci constituerait une perte de temps », a-t-il indiqué.
« S’ils cherchent à dénoncer une partie et à lui faire assumer la responsabilité (de l’obstruction), ils n’ont qu’à me pointer du doigt. Dans ce cas, le médiateur arabe pourra dire que l’opposition a accepté et que le Hezbollah refuse. (…) Ceci ne nous effraie pas », a-t-il martelé.
Et Hassan Nasrallah d’inviter la majorité à « conclure une entente avec l’opposition » et à « coopérer et accorder des concessions pour parvenir à un accord ». « Nous sommes capables de résister et d’arracher une victoire pour empêcher que l’on impose à notre pays des mesures contraires à ses intérêts », a-t-il enfin conclu.