Une voiture piégée explose à Dora au passage d’une 4X4 de l’ambassade US

Trois morts et plus de vingt blessés, dont « un passant américain non lié à l’ambassade »
Une voiture piégée explose à Dora au passage d’une 4X4 de l’ambassade US


La région de Dora, le quartier de la Quarantaine plus précisément, a été secouée hier, vers 16h30, par une forte explosion au passage d’une 4X4 de l’ambassade américaine. Deux civils libanais et un syrien, des passants, ont trouvé la mort, alors que le chauffeur libanais de la 4X4 a été blessé, et un employé libanais de l’ambassade est sorti indemne. Vingt autres personnes ont été blessées et transportées aux hôpitaux des environs.


Selon les informations disponibles hier, la voiture revenait de l’aéroport vers le siège de l’ambassade à Awkar, après avoir déposé un voyageur, et elle empruntait la route maritime parallèle à l’autoroute quand l’attentat s’est produit. Plus encore que lors d’autres attentats, les informations sont restées contradictoires jusqu’à la nuit, et il n’était même pas établi avec certitude si la bombe avait été placée dans un véhicule piégé ou si la charge (de 15 kilos) était placée dans un autre type d’engin, vu qu’aucune carcasse de voiture piégée n’a été clairement observée. Selon certaines informations non confirmées, la détonation serait survenue quelques secondes après le passage de la 4X4 blindée, ce qui aurait protégé ses deux occupants et précipité la mort des passagers de la voiture qui arrivait juste derrière, des civils. La présence du personnel de sécurité de l’ambassade autour dela voiture blindée a été constatée durant tout l’après-midi. Par ailleurs, comme cela a été le cas pour d’autres attentats, la route sera fermée jusqu’à la fin de l’enquête.


Un haut responsable des services de sécurité a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, que « la bombe a été actionnée au passage du véhicule américain, qui se trouvait en compagnie d’un autre véhicule transportant des civils, entre les localités de Dora et de la Quarantaine ». Un responsable de l’ambassade des Etats-Unis, également cité par l’AFP, a expliqué que les véhicules de la chancellerie empruntaient fréquemment cette route. Selon un haut responsable des services de sécurité, la bombe a été actionnée à distance.


Le département d’Etat américain ainsi qu’un communiqué de l’ambassade ont précisé que le chauffeur libanais a été légèrement blessé alors que l’autre passager, un employé libanais de l’ambassade, s’en est sorti indemne, mais il n’a pas été possible de connaître le nom des blessés. « Aucun diplomate ou ressortissant américain ne se trouvait à bord du véhicule à ce moment-là », a affirmé à Washington le porte-parole du département d’Etat, Sean Mac Cormack. « La protection de notre personnel est notre plus haute priorité. Mais il est sûr que nous nous préoccupons aussi de faire en sorte que nos employés locaux soient protégés dans la mesure de nos moyens », a-t-il ajouté. Les services de sécurité libanais (notamment l’armée et les Forces de sécurité intérieure), qui se sont immédiatement rués sur place, ont fait de prime abord état d’un bilan de trois morts et quelque 20 blessés, dont, assurent-ils, un occupant américain de la voiture, ce qui a plus tard été démenti par la partie américaine. Toutefois, en soirée, M. Mac Cormack a déclaré qu’un piéton américain qui passait par là a effectivement été blessé, précisant qu’il « n’est pas lié à l’ambassade des Etats-Unis » et que ses jours ne sont pas en danger.


La Croix-Rouge a, pour sa part, souligné avoir transporté dix blessés et trois morts, très défigurés et dont l’identité n’a pas été déterminée. Ces trois morts seraient, selon les sources de la Croix-Rouge, deux Libanais et un Syrien. Seul le nom du Syrien, Ghassan Ali Hussein, qui passait sur sa moto, a été connu. Les deux autres victimes, qui se trouvaient à bord d’une Fiat, n’ont pas été identifiées, comme on nous l’a confirmé à l’hôpital Saint-Joseph à Dora, où ils ont été transportés. La plupart des blessés ont rapidement quitté les hôpitaux où ils ont été admis. D’ailleurs, la cinquantaine de secouristes de la Croix-Rouge a également apporté les premiers soins à 26 personnes sur le site même de l’explosion. Les blessés ont été transportés vers divers grands hôpitaux de la capitale, notamment Saint-Joseph, l’Hôpital libanais, Rizk, l’Hôpital militaire, Saint-Georges et Hôtel-Dieu. A noter que la Défense civile était également sur place et a contribué à éteindre l’incendie qui avait éclaté du fait de l’explosion.


L’attentat, qui s’est produit sur la route maritime, ouverte, l’après-midi, dans le sens allant vers le Nord, a causé d’immenses dégâts dans les magasins et les usines des environs. Des traces de sang étaient visibles sur le lieu. Des témoins disent avoir vu un corps très défiguré près de l’une des voitures. La force de la déflagration a brisé des canalisations d’eau qui ont inondé l’endroit. Les façades des immeubles attenants sont soufflées et les dégâts paraissent énormes dans cette zone principalement industrielle, grouillant, en cette heure de la journée, d’employés, d’ouvriers et d’automobilistes.


Une grande panique a suivi l’explosion, comme on pouvait s’y attendre. De nombreuses personnes sont arrivées sur place, paniquées, cherchant à savoir si un parent ou un ami n’aurait pas été assez malchanceux pour passer par cette route très fréquentée au moment de l’explosion, essayant de se renseigner auprès des forces de l’ordre et des secouristes, mais sans succès. « Croyez-vous qu’il y ait une jeune fille parmi les blessés ? » demande un homme cherchant sa sœur. Une jeune fille essaie désespérément de joindre son père au téléphone, ou de s’informer sur l’identité des blessés auprès des agents. « Il devait passer par là à ce moment », nous dit-elle. Des témoins racontent une véritable scène d’apocalypse au moment de l’explosion.


Parmi les personnalités qui se sont rendues sur le site, le député Hagop Pakradounian, les juges Jean Fahd, commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, et Rachid Mezher, premier juge d’instruction militaire, ainsi que Fouad Abou Nader, président du Front de la liberté, qui a assuré avoir fait le déplacement pour être auprès des victimes innocentes tombées dans cette explosion, précisant s’être enquis de l’état des commerçants et des industriels touchés. Par ailleurs, le juge Saïd Mirza, procureur général près la Cour de cassation, a reçu le dossier de l’explosion. Il a chargé le tribunal militaire de l’enquête, vu qu’il s’agit d’un « acte terroriste », et a demandé au ministère des Travaux publics et des Transports d’ériger une tente sur le lieu de l’attentat pour protéger les indices.


Par ailleurs, l’ambassade des Etats-Unis a signalé, dans un communiqué, qu’une cérémonie prévue en soirée à l’hôtel Phoenicia à Beyrouth, à l’occasion du départ prochain de l’ambassadeur Jeffrey Feltman, avait été annulée

المصدر:
l"orient le jour

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