Condamnations locales unanimes, de Gemayel à Nasrallah en passant par Hariri
Rice exprime son « indignation », Paris et Londres dénoncent la volonté de « déstabiliser » le Liban
Rice exprime son « indignation », Paris et Londres dénoncent la volonté de « déstabiliser » le Liban
Les condamnations particulièrement fermes de l’attentat de la Quarantaine, tant sur le plan international qu’au niveau local, ne se sont pas fait attendre.
De Ryad où elle se trouve, la secrétaire américaine Condoleezza Rice a exprimé son « indignation » après l’attentat « terroriste » qui a visé hier un véhicule de l’ambassade des Etats-Unis à Beyrouth, faisant au moins trois morts. « Je voudrais exprimer l’indignation des Etats-Unis face à l’attaque terroriste qui a eu lieu aujourd’hui à Beyrouth », a-t-elle ainsi déclaré au cours d’une conférence de presse commune avec son homologue saoudien, Saoud el-Fayçal.
Ce dernier a pour sa part affirmé que « cet acte terroriste ne dissuadera personne d’aider le Liban ».
Quant à l’ambassade US à Beyrouth, elle a exprimé dans un communiqué sa « très grosse colère parce que sont encore actifs tous ceux qui cherchent à déstabiliser le Liban. Les Libanais méritent de vivre en sécurité dans un Liban indépendant et uni, et l’attentat n’affaiblira pas les partenaires internationaux qui œuvrent au renforcement de la souveraineté et de l’indépendance » du pays, annonçant l’annulation du dîner que comptait donner hier soir Jeffrey Feltman au Phoenicia à l’occasion de son départ définitif du Liban.
A Paris, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a dénoncé les « tentatives de déstabilisation » qui ont lieu au Liban, condamnant « avec la plus grande fermeté » l’attentat de la Quarantaine. « Face aux tentatives de déstabilisation, la France renouvelle son appel à toutes les parties, au Liban comme à l’extérieur du Liban, à assumer leurs responsabilités et à tout faire pour que cesse le vide dangereux à la tête de l’Etat libanais », a-t-il insisté dans un communiqué. Paris « souhaite que toute la lumière soit faite sur cet acte terroriste et que ses auteurs et commanditaires soient traduits en justice », a-t-il ajouté, exprimant sa « solidarité dans cette épreuve avec le peuple libanais », ainsi que « sa sympathie aux Etats-Unis et à leurs représentants au Liban ». Signalons que, quelques minutes plus tôt, l’ambassadeur de France à l’ONU, Jean-Maurice Ripert, avait lui aussi condamné très « fermement » le « lâche » attentat de la Quarantaine, dans une déclaration à la presse à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire.
A Londres, l’on a également déploré l’attentat d’hier aussi bien que la volonté de « déstabiliser » le Liban. « Il ne peut y avoir aucune justification pour ces attaques terroristes qui sont clairement destinées à déstabiliser le Liban ; les responsables sont des ennemis du Liban et du peuple libanais », a déclaré dans un communiqué le secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires étrangères, Kim Howell.
Quant au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, il a estimé que l’attentat de la Quarantaine « démontre la gravité de la situation au Liban et la nécessité de trouver une solution » à la crise politique.
A Beyrouth
Sur le plan local, les condamnations étaient elles aussi unanimes et ont couvert tout le spectre de l’éventail politique.
Le patron du Hezbollah, notoirement hostile aux Etats-Unis, Hassan Nasrallah, a ainsi affirmé « condamner toute attaque de ce genre en territoire libanais, indépendamment de la cible visée ».
Le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a estimé que l’attaque « s’inscrit dans le cadre de la série de crimes qui vise à empêcher le Liban de se relever ».
Sur le plan local, les condamnations étaient elles aussi unanimes et ont couvert tout le spectre de l’éventail politique.
Le patron du Hezbollah, notoirement hostile aux Etats-Unis, Hassan Nasrallah, a ainsi affirmé « condamner toute attaque de ce genre en territoire libanais, indépendamment de la cible visée ».
Le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a estimé que l’attaque « s’inscrit dans le cadre de la série de crimes qui vise à empêcher le Liban de se relever ».
Même son de cloche pour le chef des Kataëb, Amine Gemayel, pour qui la condamnation « ne suffit pas ». Il a appelé à l’accélération de la formation du tribunal international, jugeant que l’attentat de la Quarantaine vise « toutes les résolutions onusiennes » concernant le Liban.
Pour le ministre démissionnaire des AE, Faouzi Salloukh, qui, comme le président de la Chambre Nabih Berry, a téléphoné à Jeffrey Feltman pour condamner l’attentat, « toute agression contre n’importe quel diplomate vise la sécurité du Liban et celle des Libanais ». Quant au mouvement Amal, il a appelé à une solidarité tous azimuts entre les Libanais face à toutes les agressions.
Le député Robert Ghanem a relevé qu’il « n’est pas surprenant que des missions diplomatiques soient visées, une semaine après l’attentat contre la Finul : les auteurs de ces crimes cherchent non seulement à déstabiliser le Liban, mais à adresser des messages dans toutes les directions, et notamment contre les efforts arabes visant à sortir le Liban de l’impasse », a-t-il dit.
Le CPL a exprimé sa solidarité avec la mission diplomatique US « et toutes les autres », enjoignant aux autorités sécuritaires et judiciaires de « s’activer sur-le-champ pour trouver ne serait-ce qu’un fil, un seul, de la série de crimes qui ont rythmé le quotidien du Liban depuis deux ans ». Le Bloc national a assuré que tous les attentats qui secouent le Liban depuis 2005 « n’empêcheront pas les Libanais de continuer à revendiquer leur liberté ». Quant au Tachnag, il a exhorté l’ensemble des factions libanaises à « sortir immédiatement le Liban de la crise » dans laquelle il se débat, « parce qu’il est clair que cet attentat vise à dynamiter toute solution ». Le chef du Courant chiite libre, cheikh Mohammad Hajj Hassan, a déploré que le crime continue de s’étendre, dénonçant les tentatives de paralyser le pays.