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Sleimane Frangié et Nabil Nicolas se déchaînent contre le patriarche maronite

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Sleimane Frangié et Nabil Nicolas se déchaînent contre le patriarche maronite
La campagne contre Bkerké dépasse toutes les bornes


Il faut se rendre à l’évidence et appeler les choses par leur nom. Il ne s’agit pas d’un dérapage médiatique, mais bel et bien d’un véritable complot. Après la vacance provoquée sciemment au niveau de la présidence de la République et les tentatives de porter atteinte à l’armée (par le biais de l’assassinat du général François el-Hajj et des « lignes rouges » que le Hezbollah a essayé d’imposer à la troupe lors de la bataille de Nahr el-Bared), c’est maintenant le patriarcat maronite qui est aujourd’hui la cible d’un plan visant à saper le rôle national que Bkerké a constamment assumé au fil des ans et des siècles. De sorte que les députés maronites du bloc aouniste sont désormais appelés à sortir de leur inqualifiable mutisme et à définir clairement leur position dans cette affaire.


Prenant le relais du général Michel Aoun qui a pratiquement remis en cause à plusieurs reprises, ces dernières semaines, ce rôle national du patriarcat maronite, l’ancien député et ministre Sleimane Frangié a tiré hier soir à boulets rouges, une fois de plus, sur le patriarche Nasrallah Sfeir, allant même jusqu’à l’accuser d’être responsable de l’émigration de « la moitié des maronites ». Auparavant dans la journée, le député aouniste Nabil Nicolas, membre du Bloc du changement et de la réforme, avait également critiqué le cardinal Sfeir, qualifiant d’« hérésie » l’élection du patriarche par les évêques !


Mardi dernier, Sleimane Frangié avait déjà violemment pris à partie le cardinal Sfeir, affirmant qu’il est réduit au stade d’« employé » auprès des ambassades des Etats-Unis et de France. Hier soir, dans le cadre d’une interview accordée à la chaîne NBN (relevant du chef d’Amal, Nabih Berry), l’ancien député a été jusqu’à traiter le cardinal Sfeir de « sénile ». « Il a 90 ans, et chaque fois qu’on lui dit quelque chose, il l’oublie dix minutes plus tard, a déclaré Sleimane Frangié, sans se soucier du respect qu’il doit à la plus haute autorité de sa communauté. Il est temps qu’il prenne sa retraite. Il a provoqué l’émigration de la moitié des maronites. C’est à cause de ses déclarations et de ses homélies entretenant un climat de défaitisme et de pessimisme que la moitié des maronites ont quitté le pays. Comment peut-il rester patriarche lorsque la majorité de ses fidèles l’ont déserté ? » Et d’ajouter : « Que va faire le conseiller de Saad Hariri, Daoud Sayegh, chez lui chaque début de mois ? »  M. Frangié a par ailleurs affirmé que « la plupart des chrétiens et 80 % du clergé maronite partagent mon point de vue, mais ils n’osent pas le dire ».


Dévoilant, sans doute sans s’en rendre compte, les véritables desseins politiques de sa campagne contre le cardinal Sfeir, l’ancien député est revenu à la charge en accusant une nouvelle fois le patriarche d’être influencé par les ambassadeurs américain et français. « A chaque fois que l’ambassadeur américain ou l’ambassadeur français lui rendent visite, il change de position », a affirmé Sleimane Frangié, qui a renchéri à ce propos en prétendant que le patriarche « sert de couverture à un grand projet politique qui commence par l’implantation (des Palestiniens), sans qu’on ne sache où il finit ». Apportant en outre la preuve que ses critiques semblent s’inscrire dans le cadre d’un plan délibéré visant à saper l’autorité et le rôle de Bkerké, Sleimane Frangié s’est engagé à poursuivre sa campagne « tous les jours et en allant crescendo ».


Le député aouniste Nabil Nicolas a apporté de l’eau au moulin de Frangié en critiquant les propos tenus mardi par Mgr Sfeir devant la délégation de l’ordre des journalistes. Faisant allusion à la proposition du général Aoun relative à l’élection du président de la République au suffrage universel, le cardinal Sfeir avait déclaré : « Les chrétiens ne parviennent pas à élire leurs députés, comment pourraient-ils élire le président ? » Répondant au patriarche, Nabil Nicolas a déclaré : « S’il veut nous ramener à l’ère de la tutelle et du féodalisme politique, financier et religieux, cela nous ne l’acceptons pas (…). Je refuse qu’il me dise qu’en tant que maronite je ne sais pas élire mes représentants. Il ne faut pas oublier que le patriarche maronite était élu par le peuple et l’hérésie de son élection par les évêques est récente. »


Face à ce plan délibéré et orchestré visant à discréditer, à salir et à saper l’autorité et le rôle national et historique du patriarche maronite – rôle reconnu aussi bien par les leaders musulmans que par la communauté internationale – une question se pose aujourd’hui, plus que jamais, avec acuité : les députés maronites du bloc aouniste qui, jadis, étaient à l’avant-garde du courant indépendantiste défendu par Bkerké, peuvent-ils encore garder le silence ? L’histoire et les électeurs les jugeront un jour…

المصدر:
l"orient le jour

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