Le commandant en chef de l’armée reçoit le conseil de l’ordre des journalistes
Sleimane : « J’ai l’impression d’avoir entre les mains une bombe à retardement que je dois désamorcer… »
Sleimane : « J’ai l’impression d’avoir entre les mains une bombe à retardement que je dois désamorcer… »
Rompant avec sa discrétion habituelle, le commandant en chef de l’armée, qui est aussi le candidat consensuel à la présidence de la République, a reçu hier les membres du conseil de l’ordre des journalistes et a répondu à leurs questions. Le général Michel Sleimane a saisi cette occasion pour lancer plusieurs messages et surtout pour réaffirmer la neutralité de l’armée par rapport à l’opposition et à la majorité. Le général Sleimane a exposé les réalisations de l’armée qui a réussi à déjouer les pièges de la division et de l’éclatement, tout en affrontant avec succès le terrorisme de Fateh el-Islam.
En réponse à une question, le commandant en chef de l’armée a affirmé qu’il a le sentiment d’avoir entre les mains une bombe à retardement dont il cherche à reporter l’explosion, tout en essayant de la désamorcer. Il a ajouté que si cette bombe devait exploser, elle aurait des répercussions sur l’armée, la Résistance et la patrie en général. « Toute personne en mesure de désamorcer cette bombe bénéficiera de l’appui de l’armée, a encore déclaré le général. Si mon destin est d’être cette personne, ce sera à la fois un honneur et une lourde responsabilité. »
Tout en espérant voir la mission Moussa aboutir à des résultats concrets, « car il est temps, a-t-il précisé, de régler la crise actuelle pour le bien des Libanais », le général Sleimane a affirmé qu’il ne mise pas sur des solutions étrangères, parce que, selon lui, la solution véritable relève de la responsabilité des Libanais.
Le général Sleimane a aussi rendu hommage à l’armée qui, selon lui, a pleinement rempli sa mission, puisqu’elle agit conformément aux principes de justice et de transparence et en respectant les valeurs humaines et morales. Michel Sleimane s’est déclaré fier de l’appui des Libanais à leur armée. Il a ensuite évoqué les tentatives de pousser la troupe à l’éclatement, dans le cadre de la guerre de juillet 2006, pour provoquer une guerre civile au Liban, puis à travers les événements de Nahr el-Bared que l’armée a affrontés avec succès, déjouant ainsi les complots qui la visaient et qui visaient le Liban.
En réponse à une question, le général Sleimane a affirmé que l’armement de la troupe se fait sans conditions et que l’armée ne changera pas son idéologie. Elle affronte Israël, appuie la Résistance et fait face au terrorisme et au confessionnalisme tout en protégeant la paix civile.
Le général Sleimane a précisé que l’enquête sur le terrain n’a pas montré de traces du lancement de fusées Katioucha contre Israël il y a quelques jours. Au sujet de l’enquête sur l’assassinat du général François el-Hajj, le commandant en chef de l’armée a estimé qu’il visait à pousser la troupe à renoncer à ses principes, mais que son objectif a échoué. Il a ajouté que certains indices existent ainsi que des photos qui pourraient permettre d’aboutir à des résultats concrets.
Au sujet de la crise politique, le général Sleimane a précisé qu’elle est due à une profonde crise de confiance entre les parties. « Mais l’armée continuera à se tenir à égale distance des deux camps, comme elle l’a fait au cours des deux dernières années », a-t-il dit. Il a encore affirmé son appui à l’accord de Taëf, précisant que ce qui manque aujourd’hui, c’est une application réelle de cet accord.
De son côté, le président de l’ordre des journalistes, Melhem Karam, a rendu un vibrant hommage au général Sleimane, affirmant que les Libanais placent beaucoup d’espoirs dans sa personne et dans l’armée. Il lui a offert une plume symbolique pour que le général soit le garant de la liberté de la presse et, par la même occasion, celui de la démocratie.