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Question pour un champion : Damas et ses alliés locaux veulent-ils vraiment de Sleimane à Baabda ?

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Question pour un champion : Damas et ses alliés locaux veulent-ils vraiment de Sleimane à Baabda ?
Emile KHOURY


Il est une question majeure à laquelle la Syrie n’a pas encore répondu clairement et sincèrement – ses alliés au Liban non plus, d’ailleurs : soutient-elle oui ou non l’élection de Michel Sleimane à la présidence de la République ?


Si la réponse est effectivement « oui », rien ne justifie alors la multiplication de conditions rédhibitoires, ni les atermoiements, ni le lien entre l’avènement de Michel Sleimane et l’accord préalable sur la formation d’un gouvernement d’union nationale – surtout que Damas n’avait absolument pas montré tout ce zèle lorsqu’il avait donné sa primature à la candidature d’Elias Hraoui puis à celle d’Emile Lahoud. Et si la réponse est « non », si la Syrie et ses alliés locaux ne veulent pas du commandant en chef de l’armée à Baabda, pour des raisons de moins en moins obscures il faut le dire, cela voudrait dire qu’ils ont fait de la pérennité du vide institutionnel leur mot d’ordre, laissant ainsi les portes ouvertes à mille et un dangers.


Dans certains milieux bien informés, on n’hésite plus à rappeler que la Syrie avait pleine confiance en Hraoui et en Lahoud, et ce, après les avoir, à plusieurs reprises, concrètement testés ; sauf que le régime syrien n’a pas réussi à imposer à Sleimane la même docilité, condition sine qua none pour qu’il bénéficie de sa confiance. Le patron de l’armée a notamment refusé d’adopter officiellement les positions encouragées par Damas à propos, notamment, des armes du Hezb, des résolutions onusiennes (1559, 1701, 1775), ou de ses rapports avec l’opposition une fois à Baabda, la Syrie exigeant qu’il soit plus proche du 8 que du 14 Mars…


Les milieux bien informés assurent que le général Sleimane a refusé le moindre engagement, la moindre concession tant qu’il continue de poireauter à la tête de l’armée. Et de marteler qu’il ne définira ses options et positions concernant les grands dossiers, qu’il ne donnera des garanties qu’une fois installé à Baabda. En précisant que certaines de ces positions, il ne les arrêtera pas seul, mais que ce sera au Conseil des ministres réuni de le faire, puisque c’est cette instance qui détient le pouvoir exécutif, notamment par le biais de la future déclaration ministérielle.


Sans oublier, bien sûr, que certains actes et positions de Michel Sleimane en tant que commandant en chef de l’armée n’avaient pas non plus de quoi particulièrement rassurer le régime de Damas. Ne serait-ce que lorsqu’il a décidé que les pro-14 Mars, dans la nuit du 27 février 2005, n’allaient pas être empêchés d’investir la place des Martyrs pour lancer la révolution du Cèdre, ou bien lorsque, au début de la bataille de Nahr el-Bared, il a totalement occulté les « lignes rouges » ostensiblement placées par quelques-uns (à commencer par Hassan Nasrallah)…


Tout cela, visiblement, ne convient pas à ceux, ici comme outre-Masnaa, qui souhaitent que Michel Sleimane ait une politique clairement orientée, qu’il prenne carrément parti dans les tiraillements entre majorité et opposition, au profit de cette dernière. Alors, les milieux du 8 Mars ont commencé à distiller le(s) doute(s) par le biais des médias qui leur sont acquis – des doutes sur la personne et les options du candidat « consensuel ».

 

En gros : la Syrie et ses alliés libanais, à commencer par le Hezbollah et Michel Aoun, conscient qu’il n’aura plus aucune chance d’accéder à la magistrature suprême en cas d’élection de Sleimane, ne sont pas satisfaits de la performance du patron de la troupe. Cerise (amère) sur le gâteau : Damas et ses alliés sont taraudés par ces raisons qui ont poussé le 14 Mars à adopter officiellement la candidature du général Sleimane, c’est-à-dire à accepter l’amendement de l’article 49 de la Constitution, autant que par l’appui massif des pays arabes et de la communauté internationale à cette candidature.


Voilà pourquoi la Syrie et ses alliés veulent obtenir d’avance des garanties sur le futur Premier ministre et sur les futurs détenteurs des ministères de la Défense (armes du Hezb), de l’Intérieur (sécurité interne) et de la Justice (tribunal international). Ou bien remplacer tout cela par le tiers de blocage. En un mot : obtenir des garanties, des garanties, et encore des garanties.

المصدر:
l"orient le jour

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