Les attaques de l’opposition contre Bkerké, une manière de diminuer la pression sur la Syrie

Les attaques de l’opposition contre Bkerké, une manière de diminuer la pression sur la Syrie 
Philippe ABI-AKL


Des sources de la majorité voient dans les attaques successives de pôles de l’opposition contre le patriarcat maronite, notamment de la part de pôles chrétiens, une tentative d’affaiblir cette autorité et ses positions antisyriennes en vue de la marginaliser et de paralyser ses capacités. Ces mêmes sources constatent que la campagne de diffamation n’a pas non plus épargné le candidat consensuel à la présidence de la République, le général Michel Sleimane, commandant en chef de l’armée, pourtant perçu au départ par certains milieux comme proche de l’opposition. Celle-ci, toujours selon ces sources, se méfie aujourd’hui du général Sleimane soupçonné par certains opposants d’être « la carte cachée » de la majorité alors qu’il était considéré, il y a peu, comme « l’homme de la Syrie ».


Les sources de la majorité estiment en outre que la campagne contre le patriarche maronite vise à contrer les efforts déployés par le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, en vue de faire appliquer la feuille de route arabe. Elles constatent que ces campagnes visent désormais des pôles ou des autorités auparavant estimés intouchables, et que le but est de les rendre incapables de faire face au danger de l’implantation des réfugiés palestiniens au Liban. En effet, selon les sources de la majorité, c’est l’opposition et non la majorité qui fait encourir au pays le danger de voir l’implantation se réaliser, par ses positions qui paralysent les institutions et prolongent le vide au niveau de la présidence, et par ses attaques contre Bkerké et contre l’armée, les deux autorités capables d’entraver l’implantation.


La majorité affirme également que certaines forces de l’opposition font preuve d’une volonté évidente de transposer le problème à l’intérieur de la rue chrétienne, notamment après l’affaiblissement de ses autorités de référence et dans un cadre de vide présidentiel.


Or cela, selon les mêmes sources, prouve que l’opposition est coincée et que ses alliés régionaux, notamment la Syrie, sont perturbés par les pressions arabes et par les déclarations de certains dirigeants arabes sur un boycott du prochain sommet qui devrait avoir lieu à Damas, si ce pays ne facilite pas l’élection d’un président libanais. Pour ces sources, c’est ce qui explique l’escalade à laquelle ont recours certains pôles de l’opposition en vue de diminuer la pression sur la Syrie, de détourner l’attention vers les positions de l’opposition elle-même et d’éloigner de la Syrie les soupçons de sabotage en donnant l’impression que les décisions de l’opposition ne découlent d’aucune influence étrangère. Cette tactique utilisée par les Syriens est donc interprétée comme une fuite en avant.


Par ailleurs, selon certaines informations, des pôles de l’opposition auraient rencontré dernièrement le général Sleimane pour l’assurer de leur soutien, et lui expliquer que leur contestation ne cible pas sa candidature, mais que c’est la majorité qui refuse de reconnaître le principe du partenariat. Ces pôles l’auraient informé que des leaders de l’opposition comptent se réunir avec lui après le passage de Amr Moussa pour soutenir sa candidature. Le général Sleimane leur aurait répondu que son poste de commandant en chef de l’armée limite actuellement ses mouvements, d’où son incapacité à offrir des garanties à quelque partie que ce soit tant que la Constitution n’a pas été amendée et que son élection n’a pas eu lieu. D’où son souci de préserver en priorité la stabilité, la paix civile et la sécurité.

المصدر:
l"orient le jour

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