Le chef du PSP dénonce « les tentatives de certains de modifier le patrimoine chiite libanais pour le calquer sur le modèle persan »
Joumblatt : L’opposition veut anéantir le régime démocratique et Taëf, ses plans sont désormais très clairs
Joumblatt : L’opposition veut anéantir le régime démocratique et Taëf, ses plans sont désormais très clairs
Le message hebdomadaire du chef du PSP dans al-Anba’ était hier, quelque 48 heures après le discours de Hassan Nasrallah et l’échec de la médiation Moussa, on ne peut plus clair.
Les slogans ronflants lancés par certaines forces lovées au creux de l’axe syro-iranien, comme le partenariat ou l’arrêt de l’unilatéralisme et du monopole, ne leurrent plus personne. Les lignes politiques de ces forces soi-disant d’opposition sont désormais transparentes, maintenant qu’elles décuplent d’efforts pour saper les bases du régime démocratique au Liban aussi bien que tous les fondements de l’accord de Taëf », a ainsi dénoncé Walid Joumblatt.
« Tout est clair maintenant : le blocage systématique de toutes les initiatives politiques, locales, arabes ou internationales, est la preuve patente du danger de leurs orientations », a-t-il ajouté, avant de souligner à quel point celles-ci sont délétères. Il a ainsi rappelé le dynamitage méthodique de tout ce sur quoi tenait le pays politiquement et économiquement, à commencer par l’annexion du centre-ville, la fermeture de centaines d’établissements commerciaux et touristiques, le licenciement de milliers d’employés ; bref, cette politique volontaire de paupérisation du peuple libanais, « qui permet à certaines parties d’intervenir pour dépenser l’argent propre dans le seul but d’étendre leur influence ». Pour le leader druze, cette action a suivi la guerre « préventive » de juillet 2006, qui a elle aussi permis la destruction totale de l’infrastructure et entraîné une récession économique massive. « Sans oublier que la politique de l’intimidation et de la terreur fait fuir tout investissement étranger, toute création d’emplois : voilà pourquoi il est clair que cette détermination à détruire l’économie a été bien planifiée et bien programmée », a-t-il tenu à préciser.
Walid Joumblatt n’a pas oublié pour autant les « récentes » menaces « de certains » de « multiplier les batailles et les guerres » censées « modifier le visage de la région », dans une allusion claire aux derniers propos du secrétaire général du Hezbollah à l’occasion de la Achoura. Des guerres, « comme toujours au Liban, ce qui confirme que l’on veut appliquer concrètement la théorie du Liban-arène où se soldent tous les comptes étrangers », a-t-il poursuivi.
Puis le chef du PSP s’est interrogé sur l’anéantissement progressif du rôle des institutions libanaises, à commencer par celui du Parlement, puis sur cette campagne systématique de diffamation contre le Premier ministre Fouad Siniora et ces tentatives répétées d’abattre le gouvernement, relevant que ces essais semblent sur le point de recommencer. « Leur détermination à faire échouer tous les efforts politiques, diplomatiques et économiques du gouvernement va se heurter contre le mur de détermination et de résistance du Premier ministre et des ministres », a-t-il prédit, dénonçant par la même occasion la volonté de l’opposition de vider aussi l’institution militaire. Il a rappelé à ce sujet cette fameuse « ligne rouge » imposée au camp de Nahr el-Bared, au début de la bataille, par Hassan Nasrallah. « Ils avaient demandé à l’époque le dialogue avec les terroristes, et ne les voilà-t-il pas, aujourd’hui, qui refusent ce même dialogue, cette fois avec leurs compatriotes libanais et destiné à trouver une sortie de crise du le pays », a noté Walid Joumblatt, pour lequel la campagne aveugle menée par « des nains politiques » contre « une référence nationale du calibre du patriarche Sfeir » s’inscrit dans le même registre.
Et de résumer : « Le tribunal international reste à la base de tout ; il est la quintessence de cette lutte, de leur volonté de mener jusqu’au bout leur plan putschiste : ils veulent changer les données de ce tribunal, le dynamiter sur le plan local, et même international s’ils pouvaient y parvenir. Mais nous, au sein du 14 Mars, nous ne reculerons pas, nous n’abdiquerons pas quant à ce tribunal parce qu’il demeure le seul moyen de faire triompher la vérité et la justice, et de sanctionner les coupables », a-t-il martelé, rappelant son attachement à l’application des résolutions onusiennes, « de la 1559 à la 1701 ». Pourquoi ? « Parce qu’elles s’inscrivent toutes dans le cadre de l’accord de Taëf et dans ce projet étatique qu’ils cherchent par tous les moyens à anéantir au profit de leur Etat personnel, grâce auquel ils pourront transformer le Liban en cette arène indispensable à l’aboutissement de leurs projets expansionnistes. »
Et Walid Joumblatt de conclure en s’arrêtant sur « les tentatives de certains de modifier le patrimoine chiite libanais pour le calquer sur le modèle persan, tout cela en voulant changer les valeurs historiques de cette communauté respectable. Des valeurs qu’avaient insufflées et renforcées feu l’imam Mohammad Mehdi Chamseddine et l’imam disparu Moussa Sadr, qui avaient répété maintes fois l’attachement de cette communauté à l’identité libanaise, une identité indépendante impossible à inclure dans le moindre autre projet