L’entrée au Liban de certains produits alimentaires à bord de voitures touristiques est interdite
Pas de crise à la frontière libano-syrienne, mais de nouvelles mesures douanières
Pas de crise à la frontière libano-syrienne, mais de nouvelles mesures douanières
La crise à la frontière libano-syrienne n’en est pas vraiment une, si l’on tient compte des précisions données hier à la presse par le ministre des Travaux publics et des Transports, Mohammad Safadi, au terme d’un entretien avec une délégation du syndicat des propriétaires de camions. Les poids lourds sont autorisés à entrer au Liban, mais le fait est que les autorités interdisent aux voitures touristiques d’entrer au pays avec, à bord, des produits alimentaires, sous prétexte de vouloir mettre fin à la contrebande. Une question se pose cependant : pourquoi les autorités syriennes considèrent-elles aujourd’hui comme un problème une pratique qui a toujours existé, dans les deux sens ?
Le passage au niveau de Masnaa était normal dans la journée, que ce soit pour les voitures individuelles ou pour les camions transportant de la marchandise, alors qu’à Abdé-Abboudiyé, les poids lourds étaient bloqués, non pas à cause d’une interdiction syrienne de faire entrer des produits alimentaires au Liban, mais à cause de la grève décrétée par le syndicat des propriétaires de camions, en appui à leurs revendications.
A la presse, M. Safadi a démenti les informations selon lesquelles Damas a décidé d’interdire l’entrée de produits alimentaires au Liban, expliquant que c’est l’entrée de denrées déterminées qui a été interdite. Il s’agit essentiellement de produits qui sont présentés aux douanes comme étant destinés à la consommation individuelle alors qu’ils sont en réalité destinés à la vente au Liban. Les douanes syriennes ont également démenti ces mêmes informations, précisant que « lorsque les rumeurs ont commencé à circuler à ce sujet à 18h, la ligne de transit était fermée comme chaque soir ».
A la fontière Nord, notamment au niveau de Abdé, dans le Akkar, le problème est toutefois différent. Les camionneurs sont en grève pour protester contre une « concurrence illégitime par rapport à leurs collègues arabes, en violation des lois et des accords en vigueur ».
Tout en assurant qu’ils poursuivront leur mouvement de protestation, jusqu’à la réalisation de leurs revendications, ils ont demandé à leurs collègues arabes de se solidariser avec eux et de ne pas entrer au Liban par les voies de passage de Arida et de Abboudiyé.
M. Safadi, qui a discuté de ce dossier avec le président du syndidat des propriétaires de camions, Chafic Kassis, a indiqué qu’il n’existe pas de problèmes entre son département et le syndicat, précisant qu’il suit de près le dossier des indemnités à verser aux propriétaires de camions endommagés durant la guerre de juillet 2006, ainsi que celui des problèmes découlant de la loi sur la CNSS.
De son côté, M. Kassis a demandé aux protestataires au Liban-Nord de suspendre la grève, en soulignant que des solutions ont pu être trouvées aux problèmes qui se posent.