Dimanche noir : 30 personnes de tous bords interpellées pour les besoins de l’enquête

Pas d’enquête presse-bouton, malgré l’urgence, assurent des sources judiciaires
Dimanche noir : 30 personnes de tous bords interpellées pour les besoins de l’enquête


Une enquête minutieuse est conduite par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Jean Fahd, pour déterminer les responsabilités dans le « dimanche noir » de Chiyah, qui a fait 8 morts par balles et de nombreux blessés. Le Premier ministre, Fouad Siniora, suit par ailleurs de près le déroulement de cette enquête, dont les premières conclusions lui ont été communiquées hier par le procureur général près la Cour de cassation, Saïd Mirza.


M. Fahd s’est longuement réuni hier avec le commandant de la police militaire, le brigadier Nabil Ghafari, qui mène une enquête préliminaire sous la supervision du magistrat. Assistaient à cette réunion deux adjoints de M. Fahd, Rahif Ramadan et Sami Sader. La réunion a servi notamment à prendre connaissance du rapport des services anthropométriques, qui ont examiné les corps des victimes. On assure toutefois, de source judiciaire autorisée, qu’il ne faut pas s’attendre à une enquête presse-bouton et à des résultats dans les prochaines 24 heures.


L’enquête engage notamment la reconstitution de la carte de déploiement des soldats à Chiyah, la nature des armes qu’ils ont utilisées et même le nombre de balles qu’ils ont tirées, ainsi que les motifs justifiant l’usage de leurs armes.


Toutefois, on assure que, de même source, il faudra attendre la fin de cette enquête pour lancer des accusations précises.


Par ailleurs, la justice militaire interroge 30 civils interpellés durant les émeutes dans les deux quartiers de Chiyah et Aïn el-Remmaneh. Aucun d’entre eux n’est, à proprement dire, arrêté, ont précisé les sources judiciaires, sinon pour les besoins de l’enquête.
Des pistolets ont été saisis sur certains des jeunes gens arrêtés et des expertises sont effectuées pour savoir si ces armes ont été utilisées. L’analyse des événements implique aussi l’examen de toutes les douilles ramassées sur les lieux des affrontements.

 

Pas de francs-tireurs arrêtés
Contrairement à ce que certaines sources ont affirmé, aucune arrestation de franc-tireur n’a été effectuée. « Il n’y a eu aucune arrestation sur un toit d’immeuble et l’existence de francs-tireurs n’est pas établie, pour le moment », selon une source judiciaire.


Par ailleurs, la justice militaire va analyser les scènes de tirs filmées par les télévisions. Deux bandes remises à la justice par la OTV et le Manar montrent en particulier, sur le toit d’un immeuble, l’une deux individus armés, l’autre une seule personne, en tenue militaire. Une comparaison technique entre les deux bandes ont permis de parvenir à une conclusion préliminaire, mais des questions se posent toujours à ce sujet. Selon les premières conclusions, les deux hommes se trouvaient sur le toit d’un immeuble situé dans un autre quartier que celui des affrontements. Mais les bandes vidéo ne montrent pas qu’ils ont utilisé leurs armes.


Le juge Jean Fahd a également recueilli le témoignage de certains correspondants de presse qui ont couvert les affrontements ainsi que celui de témoins oculaires, dont des blessés, dans un effort pour déterminer comment les tirs ont commencé.

المصدر:
l"orient le jour

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