Les dérapages du « dimanche noir » seront élucidés « dans quelques jours »

Les dérapages du « dimanche noir » seront élucidés « dans quelques jours »

L’enquête tant réclamée par l’opposition est en cours. Les événements du « dimanche noir » ne resteront pas impunis, ont promis de toutes parts les responsables politiques, qu’ils soient de l’opposition ou de la majorité. Les deux camps sont également tombés d’accord pour dire que ces incidents ont eu pour but d’entraîner l’armée dans le cercle vicieux des conflits internes pour compliquer la relation que le Hezbollah entretient avec la troupe et son commandant en chef. Il reste cependant difficile pour les observateurs de comprendre où se situaient les brèches, dimanche dernier, dans la banlieue sud. Le Hezbollah n’exerce-t-il pas un contrôle total sur sa base populaire et partisane ?


Le parti et l’armée n’entretiennent-ils pas d’excellentes relations, qui sont d’ailleurs à l’origine de la validation par le Hezb de la candidature du général Sleimane à la magistrature suprême ? Les deux entités ne sont-elles pas accoutumées à coopérer et ce, au moins, depuis la guerre de juillet 2006 ? Michel Sleimane n’a-t-il pas indiqué, pas plus tard qu’hier, que le rapport Winograd constituait « une victoire pour le Hezbollah et l’armée libanaise » ?


Où se nichaient donc les brèches dimanche 27 janvier ? De source bien informée, on insiste sur le fait que l’unité de l’armée qui se trouvait dans le secteur de Mar Mikhaël-Chiyah, en l’occurrence la 5e brigade, venait tout juste d’être mutée dans cette région, alors qu’elle servait auparavant à Nahr el-Bared. « Psychiquement parlant, les soldats étaient fatigués et habitués à se trouver dans un environnement hostile », souligne la source précitée. Lorsque les incidents ont éclaté, certains soldats se sont fait agresser, d’autres se sont fait voler leur arme, poursuit cette même source qui ajoute que « c’est pour cela qu’ils ont réagi avec fermeté ». L’enquête sera bouclée dans « quelques jours », a affirmé hier en soirée le procureur militaire Jean Fahd. Les conclusions préliminaires ont d’ores et déjà démontré qu’il n’y a pas eu d’accrochages « entre musulmans et chrétiens » dans le secteur de Mar Mikhaël-Chiyah. Ensuite, l’hypothèse d’un franc-tireur a également été définitivement écartée, les éléments armés filmés par les caméras des différentes chaînes de télévision appartenant à la troupe. « L’armée était déployée partout, y compris sur les toits, afin d’avoir une vue d’ensemble de la manifestation. » Il semble désormais clair que les éléments qui ont tiré font partie de l’armée libanaise, mais, poursuit la source, « les soldats n’ont pas enfreint la loi en agissant de la sorte ». L’armée aurait donc agi en légitime défense.


Alors que l’opposition continuait de réclamer hier une enquête « sérieuse et rapide », la police militaire interrogeait des dizaines de personnes. Au total, 23 personnes ont été arrêtées, mais les civils d’entre elles, qui ne faisaient pas partie des manifestants, ont été relâchés en soirée. Une liste de noms de suspects encore recherchés par l’armée a en outre été fournie au Hezbollah et au mouvement Amal afin qu’ils apportent leur aide sur ce plan. Cela étant dit, le général Sleimane a donné « des ordres très fermes concernant le cours de l’enquête» et s’attend donc à la coopération de toutes les parties concernées par ce dossier.


Le ton des discours et contre-discours étant tombé hier d’un cran, la prochaine publication des résultats de l’enquête promise par le juge Fahd tombe aussi à point nommé pour refroidir un climat politique et sécuritaire surchauffé. Toutefois, cela n’a pas empêché des individus de lancer une grenade hier soir contre un char de l’armée stationné dans le secteur Sainte-Thérèse à Hadeth, ni des individus armés de se regrouper à Laylaké avant d’être séparés par les forces de l’ordre. Ainsi, la modération ne serait que strictement ponctuelle et aurait pour unique but de faire baisser la tension en attendant les résultats de l’enquête, sans que les différentes parties se hasardent pour autant à trouver une réelle solution à la crise, en élisant, par exemple, un président de la République déjà – et maintes fois – désigné par tous.

المصدر:
l"orient le jour

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