Les dirigeants du Hezbollah insistent sur la poursuite de l’enquête

Pas question de discuter d’autre chose pour le moment, affirme cheikh Kassem
Les dirigeants du Hezbollah insistent sur la poursuite de l’enquête


Les responsables du Hezbollah ont pris acte hier des mesures adoptées samedi par la justice dans l’affaire des émeutes de Mar Mikhaël, tout en réclamant la poursuite de l’enquête jusqu’au bout pour déterminer les responsables de la tuerie qui a fait une dizaine de morts et les sanctionner, et soulignant que d’ici là, il n’est pas question de discuter d’autre chose.


Dans un discours, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a exposé les doléances de son parti et de ses alliés dans cette affaire, affirmant que ce qui s’est passé dimanche dernier est un « crime caractérisé ». Selon lui, si certains de ses acteurs sont inconnus, les autres sont facilement identifiables ».


« Premièrement, nous considérons l’armée comme responsable de l’enquête parce que c’est elle qui était présente sur le terrain, qu’elle était le seul protagoniste apparent face aux manifestants et qu’elle dispose des moyens suffisants pour découvrir et dénoncer les coupables, qu’ils soient affiliés à la troupe ou pas », a-t-il dit.
« Deuxièmement, nous voulons une enquête criminelle et non pas une enquête politique. Nous ne voulons pas lancer des accusations à droite et à gauche. »
« Troisièmement, nous voulons que les coupables soient punis, quels qu’ils soient et de quelque partie qu’ils relèvent. »
« Quatrièmement, nous rejetons toute politisation de cette affaire. Il n’est pas question que ce crime passe sans sanction. »


« Cinquièmement, nous le disons clairement : le Hezbollah et Amal n’avaient rien à voir avec la protestation populaire contre les coupures de courant. Mais après l’évolution des incidents, nous avons affirmé que nous sommes concernés par cette affaire car nous ne pouvons abandonner nos proches, ni notre patrie, ni notre armée. »


« Sixièmement, il est de l’intérêt de tous d’identifier les coupables et les incitateurs, parce qu’en cela on serait rassuré pour l’avenir, notamment en sachant qui s’est comporté de manière à nuire à l’institution militaire, au peuple et à l’avenir du Liban. »


Critiquant l’attitude du camp de la majorité, cheikh Kassem s’est dit étonné du fait que le 14 Mars a réagi à propos des incidents dans un communiqué publié deux heures après leur début « alors qu’il a fallu huit heures au Hezbollah, qui connaît pourtant bien les lieux, pour comprendre ce qui se passe ».
« Je ne crois pas que ceux qui se sont réunis (du 14 Mars) ont su ce qu’ils ont écrit. Parce qu’on leur a fait la dictée. D’ailleurs, ils ne sont pas de niveau à pouvoir comprendre ce qui se passe car ce ne sont que des instruments », a-t-il lancé.


« Ils ont essayé de faire croire que ce qui s’est passé est un problème politique entre la majorité et l’opposition. Nous avons rectifié le tir en disant que nous sommes face à un crime qui n’a rien à voir avec le désaccord politique. »


« Grâce à Dieu, il y a aujourd’hui une enquête qui doit être poursuivie jusqu’au bout. Nous resterons vigilants à ce sujet », a ajouté le numéro deux du parti.


« Pour nous, une seule chose compte à présent, les résultats de l’enquête. Il n’y a rien d’autre à discuter pour le moment. D’abord, clore ce dossier de la manière appropriée et ensuite voir, avec les parties concernées, si nous arrivons à une solution au Liban ou pas. »


De son côté, le député Hussein Hajj Hassan a réaffirmé dans une allocution que « les manifestants qui sont descendus dans la rue dimanche dernier l’ont fait sans décision politique d’une quelconque formation. Ils sont descendus pour exprimer leur colère face aux problèmes sociaux et ont fermé la route et brûlé des pneus ».
« Supposons que cela soit inacceptable, comme le disent certaines parties, bien que ce ne soit pas la première fois que de tels actes se produisent dans l’histoire du Liban. Mais comment justifier qu’on ouvre le feu de façon hystérique durant cinq heures, et à très courtes distances, sur les manifestants, les membres des comités de liaison et même sur des secouristes », s’est-il interrogé.


« Où se trouvait donc le commandement de l’armée et la chambre d’opérations durant ces cinq heures ? »
« Pourquoi la manifestation et la pratique des pneus brûlés n’ont-ils pas été réprimées par les moyens connus pour réprimer les émeutes, s’il a été question d’émeutes ? » a-t-il ajouté.


« Une partie de l’enquête a été dévoilée et nous attendons qu’elle soit parachevée. Mais il y a aussi des questions politiques que nous devons adresser aux forces du 14 Février (14 Mars) qui ont joué un rôle hypocrite, notamment à des individus qui ont un long registre pour ce qui est de semer la dissension entre Chiyah et Aïn el-Remmaneh durant la guerre », a-t-il poursuivi.


« Amal, le Hezbollah et le CPL ont transformé la ligne de front en ligne de retrouvailles. Eux veulent la rétablir », a-t-il encore dit.


Pour sa part, le député Hassan Hebballah, également du Hezbollah, a mis en garde contre toute tentative visant à « noyer l’enquête ». Selon lui, cela serait « nuisible pour l’armée, la société et l’Etat ».


Enfin, cheikh Mohammad Yazbeck, membre du conseil consultatif du Hezbollah, a tenu des propos similaires, estimant qu’en interdisant « toute velléité de noyer l’enquête, l’armée se défendrait elle-même et empêcherait la transformation du Liban en un second Irak ».

المصدر:
l"orient le jour

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