Amr Moussa à « L’Orient-Le Jour »: « Je reviens à Beyrouth pour discuter de l’initiative arabe, point à la ligne »
Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, est attendu jeudi en fin de matinée à Beyrouth, pour une nouvelle mission de conciliation. Il l’a lui-même indiqué à L’Orient-Le Jour, en précisant qu’il entamera tout de suite ses discussions dans la perspective d’une application de la résolution de la Ligue arabe au sujet du Liban, pour obtenir l’organisation de la présidentielle, la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale – dont la répartition des portefeuilles sera examinée avec les pôles de la majorité et de l’opposition – et l’élaboration d’une nouvelle loi électorale.
Il convient de signaler que la nouvelle mission Moussa intervient quatre jours avant la date fixée par le président de la Chambre, Nabih Berry, pour l’élection d’un chef de l’Etat, le 11 février.
Le secrétaire général de la Ligue s’est abstenu de donner plus de détails au sujet du risque d’une internationalisation de la crise libanaise en cas d’échec de l’initiative arabe, un risque dont il avait fait état dans une de ses précédentes déclarations. « Je reviens à Beyrouth pour discuter de l’initiative arabe. Point à la ligne », a-t-il tranché. M. Moussa a ensuite rappelé qu’il est mandaté de mission par l’ensemble des pays arabes pour discuter avec toutes les parties libanaises concernées. « J’ai effectué des contacts avec la Syrie, l’Arabie saoudite et l’Egypte. Ils sont tous encourageants », a-t-il affirmé, sans vouloir donner plus de détails.
Prié de dire si ses discussions avec les dirigeants libanais s’articuleront toujours autour de la candidature du commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, à la tête de l’Etat, M. Moussa a répondu : « Avez-vous un autre candidat au Liban ? » Il n’a pas voulu commenter la campagne menée contre lui par des pôles de l’opposition, se contentant de déclarer : « J’entreprends mes contacts avec toutes les parties en me tenant à égale distance de tout le monde. Je vais reprendre mes efforts dans une tentative de parvenir à une entente. J’espère que nous y parviendrons cette fois-ci. Il est dans l’intérêt du Liban que nous réussissions. N’importe quoi d’autre ne mérite pas de réponse. »
Le secrétaire général de la Ligue n’a pas voulu donner de précisions au sujet des idées qu’il souhaite véhiculer auprès des deux parties au conflit afin de garantir la mise en œuvre de la résolution arabe au sujet du Liban.
Quoi qu’il en soit, de l’avis de sources bien informées, le retour de M. Moussa à Beyrouth revêt une importance particulière dans la mesure où il permettra de tester la volonté de l’opposition de faciliter l’élection du général Sleimane à la tête de l’Etat.
Les puissances arabes et occidentales suivent de près la nouvelle mission Moussa, qui commence dans un climat médiatique tendu, caractérisé par de vifs échanges entre la majorité et l’opposition, depuis l’assassinat du commandant Wissam Eid.
Dans les milieux politiques et diplomatiques, on s’est dit satisfait du retour de M. Moussa à Beyrouth, en exprimant le souhait qu’il parviendra, à la faveur de ses contacts, à une formule gouvernementale acceptable. Le secrétaire général de la Ligue arabe devrait notamment parrainer une nouvelle rencontre entre le président Amine Gemayel et les chefs du CPL, le général Michel Aoun, et du Courant du futur, Saad Hariri. Au cas où cette réunion est positive, le général Sleimane sera élu le lundi 11 février à la tête de la République, sinon, le président de la Chambre devra reporter la séance parlementaire électorale pour la quinzième fois