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Moussa relance sa mission dans un climat politique encore plus tendu…

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Moussa relance sa mission dans un climat politique encore plus tendu…

Les dirigeants libanais apprennent-ils de leurs erreurs passées ou prennent-ils un réel plaisir à jouer les apprentis sorciers, surfant sur une corde raide sans aucun filet de sécurité ?


En attendant d’obtenir une réponse à cette question légitime, il convient de constater que le secrétaire général de la Ligue arabe revient. Demain, à 14 heures, il foulera le tarmac de l’aéroport Rafic Hariri pour tenter de rendre possible ce qui ne l’est plus depuis juin dernier : amener les parties libanaises à tomber d’accord ne serait-ce que sur la personne qui devra occuper le poste de la présidence de la République.


Officiellement, toutes les parties sont d’accord sur le fait que le commandant en chef de l’armée, le général Michel Sleimane, est le seul candidat consensuel crédible. Un gouvernement d’union nationale doit être mis en place pour permettre la participation de tous au pouvoir décisionnel, et une loi électorale moderne est indispensable et devrait faire partie des objectifs prioritaires du prochain gouvernement. Jusque-là c’est l’entente parfaite.


Mais les clashs du « dimanche noir » et les escalades verbales qui ont suivi sont significatifs. M. Moussa revient dans un climat politique encore plus malsain que lors de ses précédentes visites. Les désaccords entre l’opposition et la majorité fusent désormais dans tous les sens.


Les principaux points de désaccord entre les deux camps tournent d’abord autour de l’élection de Michel Sleimane. Celle-ci figure en tête de la feuille de route arabe et doit être effectuée le plus rapidement possible, insiste la majorité. L’opposition, elle, conditionne cette élection au partage des portefeuilles ministériels et refuse d’octroyer à Michel Sleimane « ce qu’elle a refusé d’octroyer à Emile Lahoud », à savoir un rôle d’arbitre qui ferait pencher la balance, pour reprendre les propos de Wi’am Wahhab. Une source du Courant patriotique libre (CPL) affirme que « refuser d’octroyer 10 portefeuilles à chaque partie et accorder, comme l’a dit M. Moussa, sept ministres au président de la République, et 10 à l’opposition signifie que le pouvoir décisionnel n’est entre les mains ni du président ni de l’opposition. En effet, avec cette formule, le président allié à l’opposition ne pourra pas prendre des décisions. C’est seulement allié à la majorité que les décisions passeront et cela est profondément injuste ».


De plus, le communiqué officiel de la Ligue arabe a ajouté à la feuille de route en trois points une quatrième clause qui dispose : « A la lumière des divergences qui règnent au Liban, la Ligue recommande aux parties de s’inspirer des grandes lignes de la déclaration ministérielle du gouvernement actuel pour adopter les décisions importantes. » Reste à savoir comment cette nouvelle disposition – nouvelle complication – sera interprétée par les parties. Il faudra seulement « s’inspirer » de l’ancienne déclaration ministérielle, affirme à cet égard un ministre du 14 Mars, « ce qui veut dire qu’il faut prendre en considération les grandes lignes. Concernant les armes du Hezbollah, il ne faut pas oublier que depuis cette déclaration ministérielle, il y a eu la guerre de juillet 2006, les sept points du gouvernement Siniora validés par tous les ministres, la 1701 ». Des sources du CPL indiquent, quant à elles, qu’il sera « difficile » d’adopter « telle quelle la déclaration ministérielle précédente, et je ne pense pas que nous accepterons cela ». Une position particulièrement en décalage avec celle du Hezbollah et du mouvement Amal qui, selon une source autorisée, ne vont pas manquer de s’agripper au verbe « s’inspirer », pour imposer au gouvernement à naître un veto sur le dossier des armes du Hezb.


Toutefois, de source diplomatique, Amr Moussa revient à Beyrouth en s’appuyant sur deux possibilités qui paraissent confortées par une double conjoncture régionale et internationale favorable à la feuille de route arabe. En effet, et alors que les contacts régionaux s’intensifient, M. Moussa vient proposer soit la formule 10+10+10, soit un gouvernement de technocrates de 6 ministres.


La formule 3×10 serait en passe d’être acceptée par la majorité à condition que l’opposition s’engage à ne plus créer de nouveaux obstacles sur la route qui mène à l’élection de Michel Sleimane, même si concrètement le climat qui règne actuellement sur la scène politique libanaise ne laisse nullement présager qu’un tel accord puisse se concrétiser à quelques jours seulement de la nouvelle date butoir : celle du 11 février, fixée pour la 15e fois dans l’espoir d’une élection présidentielle. L’autre option, celle des 6 ministres, devra permettre de « gérer » la crise – si tant est qu’une crise soit gérable – et de mettre en place la nouvelle loi électorale tant réclamée par les deux camps. Le président de la République ayant entre-temps été élu, il supervisera de nouveaux rounds de dialogue censés parvenir à un véritable dénouement de la crise.

المصدر:
l"orient le jour

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