Apparition télévisée conjointe des deux hommes à l’occasion du 2e anniversaire

Apparition télévisée conjointe des deux hommes à l’occasion du 2e anniversaire de l’entente entre le CPL et le Hezbollah
Aoun rejette « une manœuvre » écartant sa candidature pour marginaliser l’opposition et Nasrallah affirme que le succès de l’enquête est déterminant pour l’unité de l’armée


Le député Michel Aoun et le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah sont apparus ensemble hier sur l’écran de la OTV, lors d’une interview diffusée à l’occasion du deuxième anniversaire de la signature de l’accord entre le Courant patriotique libre et le parti de Dieu.


Près de trois heures durant, les deux pôles de l’opposition ont passé en revue l’historique de leurs relations, explicitant leurs positions par rapport aux principaux points de l’actualité : des législatives de 2005 au tribunal international, en passant par les armes du Hezbollah, l’élection présidentielle et le scrutin présidentiel.

 

L’initiative arabe et l’élection présidentielle


Pour ce qui est de la nouvelle médiation du secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, le chef du CPL a indiqué qu’« il faudrait élaborer un accord global sur tous les points de la feuille arabe ».


« Une application partielle de cette initiative n’est pas admissible car il nous faut des garanties internes. Nous avons adopté la candidature consensuelle du général Michel Sleimane. Néanmoins, nous ne pouvons pas nous laisser marginaliser en ouvrant la voie à une manœuvre écartant le candidat le plus fort. (…) Il n’y a pas de problème de confiance entre moi et le commandant en chef de l’armée. Mais le problème n’est pas à caractère personnel. Après avoir abandonné ma candidature à la présidence, je ne peux pas décevoir ma base populaire en délaissant notre droit à la participation à travers le tiers de garantie », a également souligné Michel Aoun.

 

Les incidents de Chiyah


Evoquant les incidents du « dimanche noir », Hassan Nasrallah a pour sa part affirmé que « le Hezbollah s’est abstenu de rendre publique sa propre version des faits, pour ne pas exercer des pressions sur l’enquête».
«Nous avons transmis les informations dont nous disposions aux forces de l’ordre. (…) L’évolution de l’enquête est jusqu’à maintenant rassurante, sérieuse et satisfaisante et nous ne voulons pas lancer des accusations arbitraires. En tout état de cause, il n’appartient pas à l’armée de tirer sur les manifestants. Et j’ai dit au général Sleimane que la préservation de l’armée passe avant tout par l’enquête sérieuse et déterminante », a dit aussi le chef du Hezbollah.

 

Alliance quadripartite et Etat islamique


Evoquant les questions de la candidature de Michel Aoun à la présidence et l’alliance quadripartite entre le Hezbollah, le PSP, le Courant du futur et le Mouvement Amal lors des législatives de 2005, Hassan Nasrallah a indiqué que « le parti de Dieu a adopté la candidature du général Aoun dès la première séance du dialogue national ». « Nous avons placé l’annonce officielle de notre position entre les mains du général qui n’a pas voulu la dévoiler pour des raisons tactiques qui lui sont propres », a-t-il ajouté.


« Le président martyr Rafic Hariri puis les députés Saad Hariri et Walid Joumblatt ont accordé des garanties à la Résistance qui dépassent les dispositions de la feuille d’entente avec le CPL. Mais nos positions ont divergé en ce qui concerne le partenaire chrétien de l’alliance (électorale) : ils ont refusé un partenariat avec le général Aoun et nous n’avons pas adopté l’autre partie chrétienne », a poursuivi le chef du parti de Dieu.


Quant au dossier des détenus libanais en Syrie, le député Aoun a estimé qu’« il incombe au gouvernement libanais de traiter de ce problème avec Damas et de mener une enquête dans cette affaire ». En ce qui concerne les Libanais qui se sont rendus en Israël après la libération du Sud, « le gouvernement Siniora a fait obstacle à leur retour », a-t-il poursuivi.


Répondant pour sa part à une question portant sur les principes de l’Etat islamique auxquels croit le Hezbollah, Hassan Nasrallah a affirmé que « la démocratie consensuelle est indispensable dans un pays de diversité et de pluralité comme le Liban ». « Le régime islamique ne peut être imposé par la force, sinon le pays ira vers la ruine et l’effritement », a-t-il considéré.

 

Les armes du Hezbollah


Evoquant la question de l’armement du Hezbollah, le chef du CPL a estimé que « la résistance est un droit sacré (…) pour libérer les territoires occupés et les détenus en Israël ». « Nul ne peut nous imposer des contraintes quant à l’utilisation des armes dans notre propre pays. Une fois les fermes de Chebaa et les détenus libérés, il faudrait élaborer une stratégie défensive que le gouvernement devrait adopter », a-t-il ajouté.


De son côté, le secrétaire général du Hezbollah a considéré que « la Résistance n’est pas une milice et ce mouvement a été fondé en réaction à l’occupation ». « Il semble que certaines parties ne sont pas concernées par la défense de nos frontières sud, bien que nous ayons gelé nos opérations de résistance, après la libération, pour laisser le champ libre au gouvernement, pour tenter de récupérer les fermes de Chebaa et les détenus libanais », a-t-il noté.


« Israël peut invoquer tout prétexte factice pour lancer une guerre contre le Liban. C’est pourquoi nous avons élaboré une stratégie défensive claire, d’autant que la diplomatie ne nous a pas permis d’obtenir nos droits. L’entente que nous avons conclue avec le général Aoun a été moins loin à cet égard que l’accord que j’ai élaboré avec le président martyr Hariri. Quelques semaines avant son assassinat, Rafic Hariri m’avait dit qu’il croyait en la Résistance non seulement pour libérer les fermes de Chebaa, mais également jusqu’à la conclusion d’un accord de paix global. Ultérieurement, les députés Saad Hariri et Walid Joumblatt nous ont présenté des positions similaires », a indiqué Hassan Nasrallah.

 

Les assassinats et le tribunal international


Prié de commenter les propos tenus par certains pôles de la majorité qui avaient laissé entendre que le parti de Dieu serait au courant des assassinats, le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que son organisation « ne possède pas de réseau de sécurité capable de couvrir tout le territoire libanais ». « Nous avons des forces de renseignement dans le Sud pour protéger nos cadres et nous possédons une force de sécurité préventive dans la banlieue sud. En tout état de cause, les autres parties possèdent des réseaux similaires. (…) Au lendemain de l’assassinat du président Hariri, sa famille a accepté ma proposition portant sur la mise en place d’une commission libano-saoudienne dans cette affaire. J’ai contacté le président Assad qui a également donné son accord à ce projet. (…) Comment puis-je accuser la Syrie, alors que je ne possède pas de preuves ? Ils ont utilisé cette affaire pour se retourner contre la Résistance. S’ils prouvent que la Syrie a assassiné Rafic Hariri, je prendrai clairement position (contre Damas) », a souligné Hassan Nasrallah.


Répondant à une question portant sur l’absence de toute allusion au tribunal international dans la feuille d’entente entre le CPL et le Hezbollah, le député Michel Aoun a rappelé qu’il « a été une des premières personnes à réclamer une commission d’enquête internationale ». « Mais depuis trois ans, l’enquête n’a abouti à rien et certaines personnes sont détenues sans preuves, en violation flagrante des droits de l’homme », a-t-il dit en allusion aux quatre généraux détenus à Roumieh.

المصدر:
l"orient le jour

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