Le patriarche maronite est l’un des pères de l’intifada de l’indépendance, affirme une délégation du 14 Mars
Sfeir : Le sens de la hiérarchie s’est perdu
Sfeir : Le sens de la hiérarchie s’est perdu
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a déploré hier la perte du sens de la hiérarchie au Liban qui est à l’origine d’une grande instabilité interne.
Abordant brièvement les questions nationales, à l’issue de son homélie dominicale, le patriarche a affirmé que « le renversement des rôles, par le rejet de la hiérarchie, a débouché sur la perte des points de repère ».
De ce fait, a-t-il ajouté, « l’élection présidentielle a été reportée pour la quatorzième fois, sans qu’on puisse dire si ce récent report est le dernier ».
« Les jours passent, sans que la crise que nous traversons reçoive l’attention qu’elle mérite, a enchaîné le patriarche. Les Libanais en ont assez de ces pirouettes qui ne leur donnent pas à manger, ne leur assurent pas une vie digne, la tranquillité d’esprit et la stabilité nécessaire pour vaquer paisiblement à leurs occupations. »
Par ailleurs, le patriarche Sfeir a reçu hier une large délégation du 14 Mars venue appuyer ses prises de position nationales et lui présenter ses vœux pour la Saint-Maron.
A l’issue de sa visite, l’ancien député Farès Souhaid a lu un communiqué d’appui aux positions du patriarche, dans lequel il a affirmé que Bkerké avait devancé toutes les autres instances du Liban pour « tirer les leçons de la guerre », dans le sillage de l’Exhortation apostolique, en organisant un « synode patriarcal » qui a précisé la position du siège patriarcal maronite en ce qui concerne l’insertion des maronites dans la vie nationale, leur ouverture, leur place et leur rôle.
Par ailleurs, le communiqué appelle les Libanais à « défendre le mode de vie qu’ils ont librement choisi et à refuser un style de vie rétrograde provenant du repli identitaire et du sectarisme ».
« Nous avons choisi de vivre libres au Liban et de ne pas chercher une patrie de rechange ni des protections suspectes », assure le communiqué, qui ajoute que « seul l’Etat libanais peut protéger tous les Libanais ».
En réponse aux questions des journalistes qui cherchaient à savoir si le patriarche approuve le principe de la manifestation organisée pour jeudi prochain, M. Souhaid a affirmé que le patriarche Sfeir est l’un des pères de l’intifada de l’indépendance et qu’« il a joué un rôle essentiel dans son déclenchement en dépêchant l’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, à Koraytem aussitôt après l’assassinat ».
Par ailleurs, M. Souhaid a nié que « la foule du 14 Mars soit lasse » et a refusé d’épiloguer sur les menaces lancées par certains milieux de l’opposition, qui se sont promis de s’en prendre à autant d’immeubles de la zone Solidere qu’il existe de tentes piquées dans le centre-ville.
Par ailleurs, M. Carlos Eddé, qui faisait partie de la délégation du 14 Mars, a demandé aux Libanais « de distinguer entre la modération et la faiblesse ».
« Nous sommes au creux de la vague, a encore estimé M. Eddé, et il nous faut tenir bon car bientôt la situation s’améliorera, avec l’instauration du tribunal international et l’équilibre des forces se modifiera. »
« Le monde entier sait désormais qui est à l’origine du blocage au Liban », a conclu M. Eddé, qui a réclamé aux Libanais de participer en masse à la manifestation du 14.
Par ailleurs, le patriarche a reçu MM. Fouad Abounader, secrétaire général du Front de la liberté, le président de la Ligue maronite, Joseph Torbey, le président du Conseil central maronite, Wadih el-Khazen, et l’ancien député Farid Haykal el-Khazen.