« La coupe a débordé » face aux agissements de l’opposition, affirme l’ancien chef de l’Etat
Gemayel souhaite que le 14 février soit un « plébiscite en faveur du Liban »
Gemayel souhaite que le 14 février soit un « plébiscite en faveur du Liban »
L’ancien président de la République Amine Gemayel a appelé hier à faire du rassemblement prévu place des Martyrs, jeudi prochain 14 février, « un véritable plébiscite en faveur du Liban ». M. Gemayel a appelé ses partisans et tous les sympathisants de la révolution du Cèdre à y participer massivement. Tout en affirmant que la majorité représente la culture de la paix et de la vie, il a justifié les propos virulents tenus dimanche par le chef du PSP, Walid Joumblatt, en soulignant que « la coupe a débordé » face aux agissements de l’opposition.
« Il faut se rappeler que c’est le martyre de Rafic Hariri qui avait déclenché la révolution du Cèdre, bouté l’armée syrienne hors du Liban, et rendu l’espoir et la confiance à tous les Libanais », a déclaré M. Gemayel lors d’une conférence de presse à Sinn el-Fil.
« Le rassemblement national du 14 février, place des Martyrs, devrait être un véritable plébiscite en faveur du Liban, de la vie et de l’homme. Que cette commémoration soit une occasion nationale de dire d’une voix haute non au terrorisme qui se déplace d’une région à l’autre. Il s’agit tant du terrorisme contre les individus, qui a visé des citoyens innocents autant que des personnalités de la révolution du Cèdre, de l’armée et des FSI, que du terrorisme collectif ayant pour objectif de détruire la confiance et la tranquillité des gens dans toutes les régions », a-t-il ajouté.
« Il faudra que l’on dise aussi non à l’effritement de l’Etat, ce dernier étant en fin de compte la véritable cible », a-t-il dit.
« L’Etat est formé de trois éléments : le peuple, la terre et le pouvoir politique. Le peuple libanais est la proie d’une politique de terreur et ses symboles sont pris pour cible. Arrêtons-nous ici sur les attaques contre Bkerké, contre le patriarche qui est l’un des plus importants symboles du Liban et du combat du peuple libanais. L’objectif est d’en finir avec ce symbole, ce qu’il représente. On cherche à installer le désespoir chez les gens », a poursuivi M. Gemayel.
« Que reste-t-il de l’Etat ? La terre. Nous savons parfaitement comment cette terre est violée, à travers les périmètres de sécurité qui échappent totalement au contrôle de l’Etat et qui se sont autoproclamés autonomes au détriment de la souveraineté de l’Etat libanais. Ce sont des périmètres interdits à l’Etat et à ses forces de sécurité. Ils constituent le plus grand défi à la souveraineté et à l’autorité de l’Etat », a-t-il souligné.
« Ajoutons à cela ce qui se passe au centre-ville, l’occupation des biens privés et publics dans cet espace. Tout cela nous pousse à nous interroger : que reste-t-il de l’Etat face à toutes ces violations et toutes ces menaces ?
« Lorsque le pouvoir politique est forcé de reculer de cette façon, lorsqu’il perd la décision de paix et de guerre, ainsi que son devoir de protéger les citoyens et les ressources de la nation du fait des tentatives de sabotage des capacités de l’armée et des FSI, que peut-il rester de l’Etat libanais ? De l’entité libanaise ? C’est bien l’entité libanaise qui paie le prix », a-t-il encore dit.
« Voilà pourquoi nous nous rencontrerons jeudi prochain. Nous affirmerons notre attachement à l’Etat libanais, et seulement à l’Etat libanais. J’appelle tous ceux qui ont aimé Pierre (Gemayel) et Antoine (Ghanem), tous mes camarades dans toutes les régions ; je m’adresse à tous les partisans de la révolution du Cèdre, un par un, à tous les citoyens attachés à la liberté, à la dignité et à la fierté, à tous ceux qui refusent de retourner à la période de l’hégémonie et de la vassalité, je vous invite tous à vous rassembler jeudi pour renouveler l’allégeance au Liban d’abord », a lancé M. Gemayel.
A un journaliste qui lui demandait pourquoi le chef du PSP avait haussé le ton à ce point dimanche alors que, selon lui, le 14 février est censé être une occasion de réconciliation, M. Gemayel a répondu : « Ne mélangez pas les choses. Ce que nous savons, c’est que la coupe a débordé. Le peuple libanais en a assez des agissements de l’opposition et de leurs menaces permanentes. »
« Nous appelons à un rassemblement populaire le 14 février pour affirmer notre amour de la paix. Nous voulons l’unité et que tout le monde s’en retourne sous la houlette de l’Etat libanais. Notre culture est une culture de paix et de vie », a-t-il dit.
A un journaliste qui paraissait douter de la capacité de la majorité à mobiliser ses partisans, il a répondu : « En tout état de cause, nous verrons jeudi l’ampleur du message de la révolution du Cèdre. Vous verrez que le message sera fort, et portera au Liban et à l’extérieur. »