« La règle des 3×10 pourrait mener à la suppression de la parité islamo-chrétienne », avertit Siniora
Brown : Nous soutenons l’action du gouvernement libanais et les efforts de la Ligue arabe
Brown : Nous soutenons l’action du gouvernement libanais et les efforts de la Ligue arabe
Dans le cadre de sa visite à la capitale britannique, le Premier ministre Fouad Siniora a reçu hier les ambassadeurs arabes accrédités à Londres, avec lesquels il a évoqué les derniers développements de l’actualité libanaise et régionale, en présence de l’ambassadrice du Liban, Inaam Osseirane. Le président du Conseil a ensuite été reçu par le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, puis par son homologue britannique, Gordon Brown.
« Je salue cette opportunité de rencontrer le Premier ministre Siniora aujourd’hui », a déclaré le chef du gouvernement britannique dans un communiqué diffusé à l’issue de cette réunion à Downing Street. « Son gouvernement bénéficie de notre soutien dans son travail pour restaurer et renforcer l’intégrité des institutions libanaises, et pour protéger l’avenir du Liban en tant que démocratie tolérante et diversifiée », a-t-il poursuivi.
Gordon Brown a également indiqué que le Royaume-Uni « continuerait à soutenir les efforts de la Ligue arabe pour sortir le Liban de l’impasse politique, à travailler étroitement avec les Européens et autres partenaires internationaux, et à maintenir notre important soutien bilatéral ».
Auparavant, Fouad Siniora avait pris la parole lors d’un dîner organisé en son honneur par l’ambassadrice Osseirane, rendant hommage à « tous les Libanais qui se sont rassemblés place des Martyrs (le 14 février) non seulement pour saluer la mémoire de Rafic Hariri, mais également pour affirmer qu’il est grand temps d’en finir avec la république de la peur ». « Les Libanais ont clairement réclamé la fin de l’impunité et l’élection du général Michel Sleimane à la magistrature suprême. Ils ont également dénoncé la dégradation du discours politique et les attaques contre nos symboles nationaux, et notamment le patriarche Sfeir », a-t-il ajouté.
Le refus de la guerre
Le Premier ministre a également affirmé que « les Libanais ont une nouvelle fois plébiscité le 14 Mars, exprimant leur refus de la guerre et des conflits internes, et soutenant l’initiative arabe». « Nos concitoyens veulent vivre dans un Etat qui respecte la dignité humaine et non pas dans une myriade de mini-Etats où l’on brûle des pneus et où l’on exploite les questions sociales pour d’autres fins », a-t-il lancé.
Fouad Siniora a en outre considéré que « le Liban n’a jamais délaissé son arabité mais notre pays a le droit de ne plus hypothéquer son avenir et son présent pour des choses dont on ne connaît pas la fin ». « Lors de la dernière guerre israélienne contre le Liban, toutes les parties, notamment sayyed Hassan Nasrallah et le président Berry, ont soutenu le plan en sept points du gouvernement qui réclame la libération des fermes de Chebaa et stipule clairement que le Liban sera le dernier pays à conclure un accord de paix avec Israël. Mais il est inadmissible que les Libanais soient astreints à payer le prix de l’ensemble du conflit israélo-arabe, d’autant qu’ils ont subi sept invasions israéliennes au cours des trente dernières années », a-t-il noté.
Quant à l’initiative de la Ligue, Fouad Siniora a rappelé que la « majorité a accordé de nombreuses concessions pour faciliter l’application de la feuille de route arabe », déplorant « la fermeture du Parlement depuis 16 mois et les campagnes lancées contre le gouvernement que l’on attaque au quotidien tout en lui présentant des exigences ». « Certaines parties exigent que le prochain cabinet soit formé selon la règle des 10+10+10. Mais l’un des principaux acquis de Taëf est le principe de l’égalité. Il ne faudrait donc pas introduire de nouveaux éléments qui pourraient mener à l’anéantissement du principe de l’équité et à l’instauration de la règle des trois-tiers que refusent les Libanais », a-t-il indiqué.
« En tout état de cause, l’initiative arabe est la seule formule disponible, d’autant qu’elle permet de restaurer l’unité du pays et d’empêcher le divorce entre ses fils. Ce à quoi nous tenons ce n’est pas tant un portefeuille ministériel en plus ou en moins que la préservation de la diversité et de la coexistence », a enfin conclu Fouad Siniora.