Assad aurait exprimé le souhait, lors de l’initiative française, d’être « dégagé des contraintes de la 1701»
Paris réaffirme son soutien, notamment financier, à Siniora en tant que « plus haute autorité de l’Etat »
Paris réaffirme son soutien, notamment financier, à Siniora en tant que « plus haute autorité de l’Etat »
A la veille de l’arrivée à Paris du Premier ministre Fouad Siniora, les responsables français ont réaffirmé leur soutien le plus ferme au Liban et à son gouvernement, notamment pour ce qui a trait à l’engagement de la France à concrétiser son aide financière au Liban, telle que prévue par la conférence Paris III.
Des sources proches de l’Elysée ont ainsi indiqué que l’appui français au Liban se concrétisera sur le double plan financier et politique, et que ce n’est pas parce que le pays du Cèdre connaît des difficultés que Paris va lever le pied.
Un haut responsable qui avait contribué à l’initiative française auprès de Damas pour favoriser l’élection d’un nouveau président de la République a estimé hier, lors d’un entretien avec un groupe de journalistes, que la situation au Liban s’aggraverait encore si un nouveau président n’était pas élu lors de la prochaine séance parlementaire, ajoutant toutefois que la guerre n’est pas une fatalité mais qu’il faut tout faire pour l’éviter. Il a invité les diverses parties libanaises, notamment les deux principaux blocs antagonistes, à faire passer les considérations régionales après les priorités internes dans un désir commun de trouver une solution à la crise en tentant de trouver la voie à suivre pour élire le président de large rassemblement qu’est le général Michel Sleimane.
Rappelant les péripéties de l’initiative française, menée de pair, a-t-il affirmé, par le Quai d’Orsay et l’Elysée conformément aux directives du président Nicolas Sarkozy, ce haut responsable a indiqué qu’à un certain stade, le chef de l’Etat a ordonné l’arrêt de l’activité diplomatique française dans le but de soutenir l’initiative de la Ligue arabe qui est, selon lui, la suite naturelle de l’action conciliatrice de la France puisqu’elle se base sur le même principe et les mêmes idées préconisées pour une sortie de crise. Cette initiative française, et plus particulièrement les navettes effectuées par les conseillers du président de la République entre Paris et Damas, était approuvée par toutes les parties libanaises, notamment M. Saad Hariri lui-même, a encore dit ce responsable qui a rappelé que le président Bachar el-Assad s’était alors montré coopératif. Sur ses contacts avec Damas, ce haut responsable a laissé entendre qu’à un certain moment, le président syrien avait souhaité être dégagé des contraintes de la résolution 1701.
Le PM à l’Elysée
Au sujet des propos tenus par le Premier ministre britannique, M. Gordon Brown, et donnant à croire que son pays pourrait demander une résolution de l’ONU au sujet de l’élection présidentielle libanaise, des sources françaises concordantes (aussi bien à l’Elysée qu’au Quai d’Orsay) ont affirmé que Paris n’a pas l’intention d’adhérer à une telle initiative puisque la France continue de soutenir avec la plus grande fermeté l’action du secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa.
Pour en revenir à la discussion à bâtons rompus entre les journalistes et un responsable proche de l’Elysée, on a pu relever qu’en accueillant ce soir et demain le Premier ministre Fouad Siniora sur le sol français, la France tout entière entend exprimer clairement son soutien à son hôte qui, en l’absence d’un président de la République, représente la plus haute autorité de l’Etat et un gouvernement légitime qu’il faut appuyer en ces moments difficiles.
Sur le programme du président Siniora en France, on a pu savoir hier qu’il n’arrivera sur les bords de la Seine que ce soir et que toutes ses activités ont été programmées pour demain, jeudi, avec les temps forts suivants : dans la matinée, rencontre avec les membres du corps diplomatique arabe sous l’égide de l’ambassadeur du Liban, M. Boutros Assaker ; le chef du gouvernement se rendra ensuite à Matignon pour y rencontrer son homologue français, M. François Fillon, puis au Quai d’Orsay où il aura un déjeuner de travail avec M. Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, et le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet. Il s’agira d’une rencontre à deux volets, le premier à caractère technique, qui consiste à mettre au point et concrétiser l’aide de la France par une série de protocoles d’accord dont l’un portera sur le versement de l’aide française de 375 millions d’euros, prévue dans le cadre de la conférence Paris III, et le second politique, où le ministre (qui pourrait être remplacé à ce déjeuner par le secrétaire d’Etat M. Jouyet, en raison d’un voyage prévu par le chef du Quai d’Orsay) procéderait avec son hôte à un tour d’horizon de la situation au Liban et lui réaffirmerait le soutien de la France à l’initiative de la Ligue arabe.
Dans l’après-midi, le président Siniora sera reçu à l’Elysée par le président Nicolas Sarkozy pour des entretiens essentiellement politiques alors que M. Jihad Azour, ministre des Finances, signera, peut-être en présence des présidents Sarkozy et Siniora, le protocole financier relatif aux 375 millions d’euros et d’autres accords libano-français déjà négociés soit dans le cadre des travaux de Paris III, soit sur une base bilatérale au cours de ces derniers mois.