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Joumblatt : Tout comme pour moghniyé, Damas pourrait un jour se passer des services de

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Le chef du PSP souhaite un dialogue entre le 14 Mars et « les sages de la communauté chiite »
Joumblatt : Tout comme pour moghniyé, Damas pourrait un jour se passer des services de Nasrallah


Le chef du PSP, Walid Joumblatt, a accusé le régime syrien d’avoir « liquidé » le responsable militaire du Hezbollah tué dans un attentat à Damas le 12 février, Imad Moghniyé, et conseillé au secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, d’être « prudent, car les Syriens pourraient un jour décider de se passer de ses services ». Poursuivant ses attaques au vitriol contre le Hezbollah, M. Joumblatt a toutefois préconisé un dialogue entre l’alliance du 14 Mars et les « sages de la communauté chiite ».


Le chef du PSP a tenu ces propos dans une interview au journal koweïtien al-Siassa, à paraître aujourd’hui.
« Il y a un fossé existentiel entre un Liban, Etat démocratique, libre et souverain et celui que souhaite Hassan Nasrallah, Bachar el-Assad, Ali Khamenei et tous ceux qui tournent dans leur orbite, c’est-à-dire un théâtre ouvert, utilisable au besoin pour améliorer les conditions négociatoires avec Israël », affirme M. Joumblatt.
Accusant Hassan Nasrallah de « placer le Liban dans une posture ouverte à tous les aventurismes », il se demande « pourquoi Nasrallah ne transporterait-il pas ses armes et son matériel à Kfarsoussé, Qatana et le mont Hermon pour libérer le Golan ».


« Ni la Syrie ni la République islamique ne reconnaissent l’existence d’un pays nommé Liban et son droit à la vie », ajoute-t-il.


Evoquant l’assassinat de Imad Moghniyé, M. Joumblatt affirme : « Il y a deux possibilités, ni plus ni moins. Ou bien les services de renseignements israéliens ont pu infiltrer la sécurité syrienne, ou bien le régime syrien a sacrifié Moghniyé tout comme il avait sacrifié dans le passé (Abdallah) ?çalan, (chef du PKK turc) et comme il avait aussi sacrifié Carlos dans le cadre d’un bazar avec Israël. »


« Le timing de l’attentat contre Moghniyé suscite l’étonnement. Il s’est produit à un moment où Ibrahim Sleimane (homme d’affaires syrien) se trouvait en Turquie et négociait avec un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères. Tout comme a été surprenante la timidité de la participation syrienne aux funérailles de Moghniyé », relève-t-il.


M. Joumblatt rejette par ailleurs « l’idée des trois tiers chère à l’opposition, car il s’agirait d’un coup porté à Taëf ». Il souligne en outre sa « préférence » pour un dialogue avec le président de la Chambre, Nabih Berry (plutôt qu’avec le général Michel Aoun). « Avec M. Berry, on pourrait arriver à des résultats », dit-il.


Selon lui, l’alliance du 14 Mars « s’est abstenue de recourir à l’option du vote à la majorité absolue (moitié plus un) car elle est beaucoup plus soucieuse de la paix civile que l’opposition ». Celle-ci « distribue les armes à droite et à gauche, alors que le 14 Mars refuse que le pays entre dans une nouvelle aventure », ajoute-t-il.


Pour M. Joumblatt, « l’histoire d’Israël est coutumière des bazars avec la Syrie, et cela depuis 1976 et l’accord sur les “lignes rouges” au Liban. Hafez el-Assad a été à l’époque autorisé à envahir le Liban et à détruire méthodiquement la gauche libanaise et l’OLP ».


« Bachar el-Assad propose ses services à Israël et il se dit prêt à liquider certains symboles si cela peut lui permettre de retourner au Liban », accuse-t-il encore.


« Le temps est venu pour nous, au 14 Mars, de nous asseoir avec les sages de la communauté chiite pour discuter de l’avenir du Liban, car Nasrallah prend à présent cette communauté là où elle n’est pas censée être. Il s’efforce de la délibaniser après avoir réussi à en militariser la plus grande partie, et ce faisant, transformé les joies en noirceur », poursuit le chef du PSP, critiquant « la transformation de la célébration de la Achoura en camp de combat ».


M. Joumblatt « conseille à celui qui a perdu ses nerfs lors des funérailles de Moghniyé d’être prudent, car le régime syrien, qui a liquidé Moghniyé, pourrait très bien décider un jour de se passer de ses services à lui ». Il prévoit « davantage d’assassinats tant que le régime syrien sera là et tant qu’il nourrira autant de haine contre le Liban et refusera de le reconnaître ».


Enfin, émettant des « réserves » sur la manière dont les incidents sur le terrain au Liban ont été traités dernièrement, M. Joumblatt déclare « refuser de faire assumer à l’armée la responsabilité de ce qui se passe après qu’elle eut accompli sa mission nationale ». « Et si le feu est ouvert sur des émeutiers subversifs, qu’ils soient du 14 Mars ou du 8 Mars, cela n’autorise pas à porter atteinte au moral de l’armée », souligne-t-il.

المصدر:
l"orient le jour

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