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L’ambassade du Koweït évacuée après des menaces de bombardement

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Le gouvernement de l’émirat demande à ses ressortissants de différer leurs voyages au Liban ; Siniora minimise les consignes de sécurité

L’ambassade du Koweït évacuée après des menaces de bombardement


L’ambassade du Koweït à Beyrouth a été évacuée hier après avoir reçu des menaces de bombardement, alors que le gouvernement koweïtien recommandait à ses ressortissants de différer leurs voyages au Liban.
« Un inconnu m’a appelé vers dix heures et m’a dit : “Je vais tirer deux roquettes sur l’ambassade pour la détruire sur vos têtes”, puis il a raccroché », a déclaré le chargé d’affaires koweïtien, Tarek el-Hamad.


« Il n’a pas évoqué le motif de ses menaces », a précisé M. Hamad, qui a donné l’ordre d’évacuer les locaux de l’ambassade ainsi que ceux de la National Bank of Kuwait. Le chargé d’affaires a précisé qu’il a alors contacté les services libanais de sécurité, qui ont rapidement accouru sur les lieux et fouillé les locaux, s’aidant de chiens policiers. L’enquête a aussitôt démarré, menée par le commissaire adjoint près le tribunal militaire, le juge Rahif Ramadan, pour tenter de retracer l’origine du coup de fil et identifier le coupable. Selon notre chroniqueuse judiciaire Claudette Sarkis, ce dernier aurait effectué son appel d’une ligne fixe.


« Nous avons pris cette menace au sérieux », a dit le diplomate koweïtien, soulignant cependant que son pays « n’a pas d’ennemis au Liban et entretient de bonnes relations avec toutes les parties ».


Par ailleurs, selon une source sécuritaire, l’agence de presse Reuters a également reçu un coup de fil anonyme à 9h50, précisant que deux roquettes seraient lancées sur l’ambassade du Koweït à 10h.
Ces menaces interviennent après la polémique suscitée par un rassemblement d’activistes chiites au Koweït samedi dernier, en hommage au dirigeant du Hezbollah tué le 12 février dans un attentat à Damas, Imad Moghniyé.


Accusé par le gouvernement koweïtien du détournement d’un avion de ligne koweïtien, en 1988, Imad Moghniyé a été salué en « héros martyr » par les participants au rassemblement. Le gouvernement a alors condamné les organisateurs du rassemblement, et quatre avocats koweïtiens ont porté plainte, mercredi, contre cinq responsables chiites, dont deux députés, pour avoir organisé ce meeting.


A Koweït, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a entre-temps appelé à la prudence les Koweïtiens se rendant au Liban, leur recommandant de « différer leurs voyages (…) en raison des circonstances politiques ».


Cité par l’agence officielle KUNA, le porte-parole a souhaité la réussite des efforts déployés pour sortir le Liban de la crise politique, mais sans évoquer les menaces contre l’ambassade.

 

Les réactions


Nombreuses ont été les réactions locales à l’incident. Le président du Parlement, Nabih Berry, a contacté le chargé d’affaires koweïtien condamnant les menaces contre l’ambassade. Il a affirmé par la même occasion qu’il était prêt « à assurer la sécurité de l’ambassade, même si pour cela il devait faire appel à la police du Parlement ». Et de préciser que sa position est « celle de tous les Libanais et de toute l’opposition ».

 

Après avoir contacté l’émir du Koweït, cheikh Sabah Ahmad al-Sabah, pour condamner l’incident, le Premier ministre Fouad Siniora a minimisé, depuis Paris, la décision des autorités koweïtiennes d’appeler leurs ressortissants à différer leurs voyages au Liban, expliquant qu’il s’agissait d’une « mesure de précaution ».
« C’était simplement une mesure de précaution qui a été donnée par l’ambassadeur du Koweït et je suis persuadé qu’elle ne doit pas être exagérée », a déclaré M. Siniora.


« Il y a eu une crainte provoquée par une possible attaque contre l’ambassade koweïtienne et c’est pour cela qu’ils ont pris ces précautions. Ils n’ont pas réellement conseillé à leurs ressortissants de ne pas visiter le Liban, de ne pas venir au Liban ou de quitter le Liban », a poursuivi le chef du gouvernement libanais.
« Mais je peux assurer aux Libanais et à tous les Arabes que le Liban continuera à être un pays où ils sont les bienvenus », a-t-il conclu.


De nombreux ministres ont dénoncé les menaces contre l’ambassade du Koweït, notamment le ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, le ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, le ministre démissionnaire de l’Agriculture, Talal el-Sahili, et le ministre du Tourisme, Joe Sarkis. Ont également condamné l’incident le chef du Courant du futur, le député Saad Hariri, ainsi que les députés Ibrahim Kanaan, Moustapha Allouche et Farid Habib. De plus, ont dénoncé les menaces, notamment le président de l’ordre de la presse, Mohammad Baalbacki, le responsable des relations internationales du Hezbollah, Nawwaf el-Moussaoui, les forces du 14 Mars, le Courant patriotique libre et le Conseil islamique arabe.

المصدر:
l"orient le jour

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