Le chef du Hezbollah promet de venger Moghniyé et multiplie les défis à l’égard de la majorité
« Le procureur général du tribunal international est à Meerab, le juge est à Clemenceau », ironise Nasrallah
« Le procureur général du tribunal international est à Meerab, le juge est à Clemenceau », ironise Nasrallah
Petits et grands arboraient et le slogan du Hezbollah : « Loin de nous la l’hémiliation ».
Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a de nouveau affirmé qu’Israël était voué à la disparition, dans le discours qu’il a prononcé hier, dans la banlieue sud de Beyrouth, pour la commémoration du 7e jour de l’assassinat de Imad Moghniyé. Mais à la différence du mot enflammé avec lequel il avait harangué la foule aux obsèques du cadre du parti de Dieu et qui avait semé l’inquiétude dans les rangs des Libanais, Nasrallah s’est abstenu de réitérer la menace d’une guerre ouverte dont l’aboutissement, avait-il averti, devrait être la chute de l’Etat hébreu. Il a, au contraire, explicité ce qu’il avait voulu dire, en estimant que « la disparition de l’Etat hébreu est inévitable » du fait même de l’histoire de ce pays, sur laquelle il s’est longuement attardé. Parallèlement, Nasrallah a repris ses attaques contre les pôles de la majorité. La virulence de ses attaques contre ceux qu’il a qualifiés de « pauvres types » laisse peu d’espoir pour une réussite de la mission Moussa, surtout que le chef du Hezbollah a accusé ses adversaires de vouloir torpiller l’initiative arabe en faveur du Liban. L’argumentation qu’il a développée s’articule autour du point selon lequel le 14 Mars mise, sur conseil des Américains, sur des changements régionaux, qui seront à son avantage. Il a aussi mis en doute la crédibilité du tribunal international qui doit juger les assassins de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri, en se fondant sur des propos tenus récemment par les chefs du PSP, Walid Joumblatt, et des Forces libanaises, Samir Geagea, au sujet des quatre généraux : « Quel tribunal va pouvoir établir la justice lorsque son procureur général se trouve à Meerab (en allusion au chef des Forces libanaises, Samir Geagea) et son juge à Clemenceau ? »
Bien que l’objectif du meeting qui a rassemblé des centaines de milliers de personnes à Roueiss, dans la banlieue sud de Beyrouth, était de commémorer le souvenir de Moghniyé, c’est par une attaque en bonne et due forme contre la majorité que le chef du Hezbollah a entamé son discours, retransmis sur écran géant, en tablant sur un point auquel la base du parti de Dieu est particulièrement sensible : la position qu’il attribue au camp rival par rapport au conflit avec Israël. Après avoir ainsi souligné que les agressions israéliennes contre le Liban « n’ont pas cessé depuis 1948, avant même l’arrivée des factions palestiniennes au Liban », il a reproché à « certains dirigeants libanais de feindre d’ignorer cette réalité ». « Lorsque nous avons tenu ce discours à la conférence de dialogue, certains avaient protesté, affirmant que les agressions avaient commencé avec l’arrivée des factions palestiniennes. Des députés avaient dû amener des documents des archives du Parlement pour infirmer ces allégations », a-t-il dit. Et d’ajouter : « A ces pauvres types, à tous les pauvres types du Liban qui parlent de la décision de guerre et de paix dans le pays, nous disons que ce ne sont pas eux ou le gouvernement qui détiennent cette décision, mais Israël. Nous sommes là pour défendre nos compatriotes et nos villages lorsque l’Etat et le monde nous lâchent. »
Estimant que Tel-Aviv « ne veut pas que le Liban soit neutre », il a défié la majorité, qu’il a désignée comme étant « l’équipe du pouvoir », de revenir à la pensée de l’imam Moussa Sadr. Nasrallah a dit refuser de lui donner l’appellation de Rassemblement du 14 février, « par respect pour cette commémoration ».
Après avoir exposé le parcours de Imad Moghniyé, « qui s’est employé après la guerre de juillet à corriger les points faibles du Hezbollah », il a indiqué que le parti qu’il dirige est « le seul au monde à avoir réussi à constituer une résistance préventive, à même de barrer la voie aux visées de l’ennemi israélien ». Il a ainsi situé l’assassinat de Moghniyé dans le cadre « des préparatifs israéliens d’une opération plus vaste, visant la région et le Liban ».
Ecraser l’armée
israélienne
« Il est regrettable, a-t-il ajouté, que certains partis proches du pouvoir rassurent leurs bases sur l’avènement d’une nouvelle guerre, en avril, mai ou juin, qui éliminera le Hezbollah et l’opposition. » Nasrallah a promis de réagir « avec une violence incomparable » à toute nouvelle guerre déclenchée par Israël et d’« écraser » l’armée israélienne, affirmant que « personne ne pourra protéger le territoire israélien de nos roquettes ». « La disparition d’Israël est inévitable. C’est une loi divine. Sa présence est temporaire et ne peut se poursuivre dans la région. Israël n’existe pas par sa propre force, mais par une volonté internationale qui va changer dans les prochaines années. L’armée d’Israël disparaîtra, et Israël, sans son armée, ne sera plus Israël », a-t-il martelé, assurant que c’était le Hezbollah qui choisirait « le lieu, le temps et la manière » dont se déroulerait « l’affrontement ».
israélienne
« Il est regrettable, a-t-il ajouté, que certains partis proches du pouvoir rassurent leurs bases sur l’avènement d’une nouvelle guerre, en avril, mai ou juin, qui éliminera le Hezbollah et l’opposition. » Nasrallah a promis de réagir « avec une violence incomparable » à toute nouvelle guerre déclenchée par Israël et d’« écraser » l’armée israélienne, affirmant que « personne ne pourra protéger le territoire israélien de nos roquettes ». « La disparition d’Israël est inévitable. C’est une loi divine. Sa présence est temporaire et ne peut se poursuivre dans la région. Israël n’existe pas par sa propre force, mais par une volonté internationale qui va changer dans les prochaines années. L’armée d’Israël disparaîtra, et Israël, sans son armée, ne sera plus Israël », a-t-il martelé, assurant que c’était le Hezbollah qui choisirait « le lieu, le temps et la manière » dont se déroulerait « l’affrontement ».
Il a qualifié de « légitime » de son parti à réagir à toute agression israélienne « parce que nous ne pouvons pas compter pour cela sur l’Etat ou sur le Conseil de sécurité qui n’a pas réagi lorsque des enfants avaient été tués à Cana (en juillet 2006) et lorsque Imad Moghniyé avait été assassiné. Dans ce contexte, quel tribunal international permettra que justice soit faite, surtout lorsque son procureur général se trouve à Meerab et son juge à Clemenceau ? » s’est-il interrogé.
Sayyed Nasrallah a ensuite rendu hommage à l’enquête « sérieuse » menée par la Syrie pour élucider les circonstances de l’attentat contre Moghniyé, affirmant que les premiers éléments des investigations confirment l’implication directe d’Israël dans cette affaire. Il a formellement critiqué les informations de presse sur la création d’une commission d’enquête mixte, irano-syrienne.
Le leader du Hezbollah s’est ensuite adressé, sans la nommer, à la France, qui a provisoirement fermé pour des raisons de sécurité deux centres culturels à Saïda et à Tripoli, ainsi qu’à des pays comme le Koweït et l’Arabie saoudite qui « ont recommandé à leurs ressortissants de ne pas aller au Liban ». « Certains pays ont fermé leurs centres culturels et ont recommandé à leurs ressortissants de ne pas aller au Liban. Nous leur disons que notre ennemi est Israël, pas eux », a dit Nasrallah. « S’ils redoutent cependant l’intervention d’une tierce partie, ils doivent nous avertir, parce que nous devons tous prendre nos précautions si des pêcheurs en eau trouble doivent intervenir », a-t-il insisté. « A moins, a-t-il encore dit, qu’il n’y ait une volonté de créer un climat de tension, de faire échec à l’initiative arabe et d’internationaliser le dossier libanais sous prétexte que le pays est au bord de l’effondrement et de la guerre civile. »
Défi et duel
Prenant de nouveau à partie la majorité, il a ironisé sur la mobilisation de la base du 14 Mars pour la commémoration du 14 février 2005, avant de la défier en un double duel : « Soit les deux camps rivaux organisent chacun une manifestation, loin de toute mobilisation et de toute commémoration d’un événement, et on verra alors le nombre de personnes qui répondra présent, soit on amènera les films des deux rassemblements, organisés, le premier dans la banlieue sud pour la commémoration de l’Achoura et le deuxième pour la commémoration du 14 Février et on comptera le nombre des manifestants. Dans les deux cas, nous pourrons déterminer la majorité réelle. »
Prenant de nouveau à partie la majorité, il a ironisé sur la mobilisation de la base du 14 Mars pour la commémoration du 14 février 2005, avant de la défier en un double duel : « Soit les deux camps rivaux organisent chacun une manifestation, loin de toute mobilisation et de toute commémoration d’un événement, et on verra alors le nombre de personnes qui répondra présent, soit on amènera les films des deux rassemblements, organisés, le premier dans la banlieue sud pour la commémoration de l’Achoura et le deuxième pour la commémoration du 14 Février et on comptera le nombre des manifestants. Dans les deux cas, nous pourrons déterminer la majorité réelle. »
« Je tiens ces propos parce qu’en affirmant qu’un nouveau Liban a vu le jour, après le 14 Février, ils ont voulu se servir de cette commémoration comme prétexte pour bloquer toute forme de solution et imposer leurs propres choix. C’est dans ce cadre qu’il faut situer les visites effectuées dans plusieurs capitales (en allusion à la tournée du Premier ministre, en Europe et dans certaines capitales occidentales). S’ils veulent réellement une entente, cette tournée est absolument inutile. Le problèmes, c’est qu’ils s’adressent à leurs partisans en leur demandant de résister quelques mois encore, dans l’attente d’une guerre dans la région ou d’une guerre contre le Hezbollah. »
Sayyed Nasrallah a conclu son discours en promettant de venger le sang de Moghniyé.