« Le procureur général du tribunal international sera certainement meilleur que votre Addoum… »
Geagea invite Nasrallah à un débat télévisé
Geagea invite Nasrallah à un débat télévisé
Le président du conseil exécutif des Forces libanaises, Samir Geagea, a répondu hier soir au discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, déplorant le fait que le leader du Hezbollah se soit montré « tendu et nerveux, et qu’il ait entrepris de s’en prendre à ses détracteurs, en dépit de la circonstance » (qui aurait nécessité un climat de recueillement). S’adressant au chef du Hezbollah, M. Geagea a déclaré : « « Au lieu que chacun d’entre nous s’adresse à ses masses, je vous invite à un débat télévisé, même indirect, afin que les Libanais, les Arabes et le monde entier puissent être juges. »
Qualifiant de « déplacée » la campagne de mobilisation populaire actuelle dans le pays, M. Geagea a déclaré à ce sujet : « Ce serait un crime à l’égard des Libanais que de les pousser vers des choix erronés. La décision libre véritable doit être dépourvue de toute réaction impulsive, fût-elle fondée sur des considérations historiques ayant des racines profondes. »
Répondant au leader du Hezbollah qui avait souligné que le « procureur du tribunal international se trouve à Meerab (lieu de résidence de M. Geagea), tandis que le juge se trouve à Clemenceau » (résidence de M. Walid Joumblatt), M. Geagea a déclaré : « Le procureur général du tribunal reste préférable à votre Addoum (allusion au procureur général de la République, Adnane Addoum, à l’époque de la tutelle syrienne). Les véritables hommes sont ceux qui agissent d’une manière rationnelle et en faisant bien leurs calculs. Quant à ces pauvres types (terme utilisé hier par Hassan Nasrallah), ce sont ceux qui agissent d’une manière irrationnelle, sans peser les conséquences de leurs propos. »
Et M. Geagea de conclure, en s’adressant également à Nasrallah : « L’arme de la parole, du droit et de l’action politique rationnelle est plus forte que le langage de la violence. Souvenez-vous de la chute de l’Union soviétique et regardez ce qui se passe en Palestine. Nous rejetons toute cette logique (le langage de la violence) et vous n’avez nullement le droit de nous entraîner là où nous ne voulons pas aller. »
La réponse de Souhaid
De son côté, le coordinateur du secrétariat des forces du 14 Mars, l’ancien député Farès Souhaid, a également répondu à Hassan Nasrallah, soulignant que « le seul dialogue possible réside dans l’application de l’accord de Taëf, dans son esprit et dans sa lettre ». « S’il doit y avoir un dialogue, il doit se faire dans le cadre des institutions constitutionnelles, notamment au Conseil des ministres et au Parlement, a déclaré M. Souhaid. Si Hassan Nasrallah est sincère dans sa volonté de dialogue, il devrait soutenir le gouvernement de Fouad Siniora et faciliter l’élection immédiate du général Michel Sleimane. »
M. Souhaid a, d’autre part, souligné que la tentative de Hassan Nasrallah d’innocenter la Syrie de l’assassinat de Imad Moghniyé n’a pas été convaincante.