Le Hezbollah poursuit sa campagne de dénigrement contre la majorité

Injures, accusations et menaces à peine voilées contre le courant loyaliste
Le Hezbollah poursuit sa campagne de dénigrement contre la majorité


Au moins cinq meetings oratoires ont été organisés durant le week-end par le Hezbollah au Liban-Sud, dans la Békaa et à Jbeil, pour commémorer le souvenir de Imad Moghniyé. Et dans les cinq rassemblements, les orateurs ont tenu le même discours incendiaire, s’inscrivant dans le prolongement de celui de leur chef, sayyed Hassan Nasrallah, au moment où, à Beyrouth, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, essayait de dégager un terrain d’entente entre l’opposition et la majorité. Les représentants de l’opposition ont mis en garde Israël contre toute velléité d’attaque visant le Liban et ont violemment critiqué la majorité, l’accusant d’« obéir à des ordres américains » et d’essayer de « perdre du temps dans l’espoir d’un changement de la donne régionale ».


A Tyr, le ministre démissionnaire de l’Energie et de l’Eau, Mohammad Fneich, a d’emblée souligné « la volonté de l’opposition de coopérer (avec ses adversaires politiques) parce qu’elle veut faire face aux défis que le pays affronte », mais a cependant estimé que si la majorité « mise sur le facteur temps dans l’espoir d’un éventuel changement régional promis par les Américains ou d’une nouvelle guerre israélienne, elle serait en train de mettre en danger le sort du pays ».


« Une guerre régionale qui éclaterait, alors que notre unité et notre immunité internes ne sont pas consolidées, risque de miner la paix civile. A ceux qui misent sur une nouvelle guerre sioniste, je dis à titre de conseil : ne vous placez pas dans le camp israélien, car nous ne pourrons pas faire preuve d’indulgence en faisant face à une éventuelle agression israélienne, a-t-il averti. La riposte sera plus dure que celle de juillet 2006. Soyez sûrs que les résultats ne seront pas tels que vous les escomptez. Aussi, l’intérêt national commande que vous acceptiez le principe d’un règlement avant que la crise ne se complique », a dit M. Fneich à l’adresse de la majorité qu’il a accusée de « contourner l’initiative de la Ligue arabe ». « Cette perte de temps et cette incapacité à prendre une décision ne sont pas dans l’intérêt du Liban et vous rendront responsables de tout préjudice qui sera porté au pays », a-t-il encore déclaré. « L’opposition, a poursuivi le ministre démissionnaire, ne peut pas accepter d’être éliminée ou de confier le pays à ceux dont les orientations politiques et la capacité à préserver les réalisations nationales ne lui inspirent pas confiance. »

 

« Le rassemblement du
14 février, un mensonge »


Au meting de Kfarsala, à Jbeil, l’ancien député Ammar Moussaoui a estimé que « tous les pôles du 14 Février tiennent un langage étudié qui fait partie du plan qui leur est confié et qui s’inscrit, au niveau politique, dans le prolongement des résultats de l’assassinat de Moghniyé ».


Après avoir réprouvé les menaces adressées à des chancelleries arabes, M. Moussaoui a reproché à la majorité de « n’avoir pas réagi aux propos du sous-secrétaire d’Etat américain, David Satterfield, qui avait prédit l’échec de l’initiative arabe, ce qui prouve que celle-ci est, pour elle, un moyen de perdre le temps en attendant des circonstances déterminées ou des événements qui se produiront au cours des prochains mois et qui leur permettront de ne pas faire des concessions ». Il a également déploré le fait que « ceux qui affirment que nous n’avons pas le droit d’entraîner le Liban vers une guerre n’ont pas réagi à l’assassinat de Imad Moghniyé », estimant qu’« il est demandé à ceux-là de neutraliser la résistance et de réaliser politiquement ce qu’Israël n’a pas pu atteindre durant la guerre de juillet ».


Et de conclure : « Le courant loyaliste ressemble, à cause de l’état dans lequel il se trouve et de sa réalité, au million et demi de personnes qui étaient rassemblées place des Martyrs (pour la commémoration du troisième anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri), en ce sens qu’il est l’incarnation d’un mensonge. Sauf que ce mensonge a trop duré. »


Un autre responsable du Hezbollah, Nawaf Moussaoui, s’en est aussi pris à ceux qui misent, selon lui, sur Israël et sur les Etats-Unis, estimant que « le départ des Américains de la région est une question de temps ». Affirmant qu’une guerre contre l’Iran « marquera la fin des Etats-Unis dans la région », M. Moussaoui a indiqué que « lorsque le secrétaire général du Hezbollah menace d’écraser l’armée israélienne, il faut être sûr que cette menace sera mise à exécution si l’ennemi songe à une nouvelle invasion ».


Pour sa part, l’ancien député Fayçal Daoud a traité les pôles de la majorité de « nabots qui n’ont aucune dignité ou qualité, à part celle que leurs maîtres américains leur ont donnée pour devenir leur porte-parole », les comparant à des « semi-hommes qui monopolisent un pouvoir illégitime et anticonstitutionnel », et critiquant en des termes injurieux leur action politique.

المصدر:
l"orient le jour

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