La réunion se déroulera à la date prévue, quels que soient les présents, affirme Damas

La réunion se déroulera à la date prévue, quels que soient les présents, affirme Damas
La participation de l’Egypte et de l’Arabie saoudite au sommet arabe liée à l’élection d’un président libanais


Renvoyée au 11 mars, l’élection présidentielle libanaise va certainement influer sur la tenue, à Damas, du sommet arabe (29-30 mars), sans aucune garantie qu’un président de la République sera élu auparavant, si l’on en croit les protagonistes, qui continuent de tourner dans un cercle vicieux sans qu’une sortie de crise ne se profile à l’horizon.


Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a déclaré dans une interview publiée hier que certains dirigeants arabes ont posé comme « condition » à leur participation au prochain sommet arabe de Damas l’élection d’un président au Liban, sans chef d’Etat depuis trois mois.


« Certains leaders arabes considèrent l’élection (d’un président libanais) comme une condition (…) et une nécessité pour le succès du sommet », a déclaré M. Moussa.


Selon toute vraisemblance, ce sont d’abord l’Arabie saoudite et l’Egypte qui pourraient boycotter le sommet de la Ligue arabe en Syrie. Certains pays du Golfe pourraient aussi les imiter.


M. Moussa a nié l’éventualité du report du sommet prévu dans la capitale syrienne les 29 et 30 mars, tout en précisant que ce sommet se tenait « à une des pires périodes qu’ait connues le monde arabe ».
M. Moussa a également signalé qu’il allait prochainement se rendre à Damas pour discuter des préparatifs du sommet et en même temps du dossier libanais.

 

La Syrie indifférente


Damas reste insensible à cette menace. Le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré hier que le sommet arabe se tiendrait « à la date prévue ». « Et quels que soient les présents », a ajouté un responsable syrien sous le couvert de l’anonymat, qui a indiqué que des invitations ont été envoyées aux Etats de la Ligue arabe, à l’exception du Liban et de l’Arabie saoudite.


« Le pays hôte doit inviter tous les pays membres de la Ligue arabe sans exception, a commenté M. Moussa. En l’absence de président de la République, l’invitation est envoyée à l’autorité qui le remplace en vertu de la Constitution. »


On sait que le gouvernement de M. Fouad Siniora exerce les prérogatives du président depuis le départ d’Emile Lahoud.


Selon notre correspondant diplomatique, Khalil Fleyhane, cette invitation sera remise au gouvernement libanais par l’intermédiaire de l’ambassadeur Khaled Ziadé, représentant permanent de la Syrie auprès de la Ligue arabe, au Caire.


On ignore toutefois si le Premier ministre y répondra favorablement, ou si le ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, décidera de l’accompagner.


En tout état de cause, selon une source arabe à Beyrouth citée par Fleyhane, l’indifférence syrienne en ce qui concerne la participation de certains Etats et royaumes arabes au sommet signifie aussi qu’il n’y aura toujours pas de président libanais le 11 mars prochain.


Le secrétaire de la Ligue arabe a toutefois estimé qu’il était « encore possible d’élire » un président au Liban avant le sommet de Damas.


Certaines voix au Liban, au sein de l’opposition, laissent penser que tout espoir n’est pas encore perdu. Mais on est en droit de se demander sur quoi repose cet espoir, quand on constate qu’en l’absence de M. Moussa, les protagonistes de la crise n’osent même pas se rencontrer, sinon dans des débats télévisés où la peur de l’opinion publique dans leur camp les empêche de parler à cœur ouvert et de faire les concessions nécessaires à un véritable compromis où il n’y aurait ni vainqueur ni vaincu.

 

Réunion des ministres
des AE le 5 mars


En prévision du sommet arabe, les ministres des Affaires étrangères des 22 membres de la Ligue arabe se réuniront les 5 et 6 mars au Caire pour discuter du sommet arabe prévu.


« Le Conseil de la Ligue arabe se réunira les 5 et 6 mars au niveau des ministres des Affaires étrangères », a déclaré hier le directeur du département des affaires du Conseil de la Ligue, Mohammad al-Zaïdi.
« Le projet d’ordre du jour du prochain sommet arabe (29-30 mars) sera la question principale de la réunion des ministres », a-t-il précisé.


Mauvaise nouvelle pour le Liban, sa crise n’est pas inscrite à cet ordre du jour et ne sera pas en principe officiellement débattue durant le sommet. Celui-ci se contentera d’exprimer sa traditionnelle « solidarité » avec le Liban, en rapport avec la fin de l’occupation israélienne des fermes de Chebaa et d’une demande de paiement d’indemnités.

المصدر:
l"orient le jour

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