Michel Murr hostile à la « minorité de blocage » réclamée par les chefs de l’opposition

La formule des 3 x 10 est « équilibrée », estime Khazen
Michel Murr hostile à la « minorité de blocage » réclamée par les chefs de l’opposition


Le député Michel Murr a pris ses distances, hier, à l’égard des forces politiques qui continuent à poser comme condition à l’élection d’un président de la République la formation d’un gouvernement d’union où l’opposition disposerait de la minorité de blocage.


M. Murr, qui s’exprimait devant les ambassadeurs d’Espagne, du Brésil et du Danemark, a affirmé à ce sujet : « L’opposition ne peut dire qu’elle est à la fois attachée à la minorité de blocage et favorable à l’initiative arabe. Il y a là contradiction. L’initiative arabe n’accorde à aucune partie le droit de paralyser le gouvernement. »
Selon M. Murr, l’initiative arabe a aplani 90 % des difficultés qui empêchaient un règlement de la crise présidentielle. « Les 10 % restants exigent un surcroît d’effort en rapport avec les positions dans le monde arabe », dit-il.


Et de rappeler que le président de la Chambre, Nabih Berry, a demandé au secrétaire général de la Ligue arabe de poursuivre son initiative, précisant que ce dernier pourrait revenir « dans les prochains jours ».

Concessions réciproques


De son côté, le député Farid el-Khazen a apporté sa caution hier à la formule de règlement accordant un nombre égal de portefeuilles ministériels à la majorité et à l’opposition, affirmant qu’il s’agit là d’une proposition « équilibrée » qui se trouvait au cœur de la dernière réunion entre MM. Amine Gemayel, Saad Hariri et Michel Aoun, en présence de M. Moussa.


Compte tenu de l’absence totale de confiance entre la majorité et l’opposition, il faudra attendre un retour de M. Amr Moussa pour que le dialogue interne reprenne, a encore affirmé en substance le parlementaire. Toutefois, il a jugé « honteuse » pour les Libanais l’attente d’une solution venue du dehors, estimant qu’ils pourraient en revanche se fixer « un plafond de concessions réciproques » qui les sortiraient de l’ornière.
Toutefois, M. Khazen estime que « le pourrissement » qui caractérise la phase actuelle ne débouchera pas sur des troubles sécuritaires.

 

Les craintes de Ghanem


Ce n’est pas ce que pense le président de la commission parlementaire de l’Administration et de la Justice, Robert Ghanem, qui a affiché hier ses craintes que « le vide au niveau des institutions » ne conduise à des troubles.


M. Ghanem a affirmé qu’il existe des « préparatifs » destinés à « parer à des troubles possibles », et que ces préparatifs touchent « toutes les forces politiques ».


Tout en partageant l’inquiétude de M. Ghanem, le député Hadi Hobeiche s’est voulu rassurant, affirmant en particulier qu’il constate chez toutes les forces politiques « la conviction (…) que la discorde et la guerre civile ne conduiront nulle part, sinon à la destruction du Liban ».


Enfin, le cheikh Akl druze, Naïm Hassan, qui a reçu hier le président de l’ordre des journalistes, Melhem Karam, a affirmé placer encore ses espoirs dans le succès de l’initiative arabe.

المصدر:
l"orient le jour

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