Le chef du PSP fait état d’un retour à la case départ de la crise politique
« Le tribunal reste l’épicentre du problème », affirme Joumblatt
« Le tribunal reste l’épicentre du problème », affirme Joumblatt
«Nous sommes revenus au point zéro : le tribunal est l’épicentre du problème », a indiqué le chef du PSP, Walid Joumblatt, dans une interview à paraître aujourd’hui dans Magazine.
« Tout ce qu’ils veulent, c’est continuer à pratiquer le terrorisme politique et économique. (…) Ils veulent s’approprier le pouvoir et réclament pour cela le tiers de blocage. L’opposition exige les portefeuilles de la Justice et de l’Intérieur, afin d’entraver la coopération entre le gouvernement libanais et les Nations unies et de bloquer la comparution des suspects devant le tribunal », a déclaré M. Joumblatt, accusant l’opposition de vouloir « anéantir les organes de sécurité et de renseignements et supprimer toute tentative d’autonomie sécuritaire libanaise face à la sécurité du Hezbollah et à celle de la Syrie, et d’œuvrer pour obtenir un vide à tous les niveaux ». Et d’expliquer : « Le scénario est le suivant : ils veulent un président sans gouvernement, qui sera un président fantoche, et lorsque le général Michel Sleimane accédera à la tête de l’Etat, le commandement et l’état-major de l’armée seront assumés par des intérims, ce qui équivaut à un vide à tous les niveaux. En cas de guerre contre le Liban, les Nations unies ne trouveront pas d’interlocuteur libanais et devront négocier avec la Syrie, l’Iran et le Hezbollah. »
« L’art du mensonge »
Après avoir réaffirmé que le divorce avec le Hezbollah a eu lieu, il a estimé que le secrétaire général du parti, sayyed Hassan Nasrallah, est « juste un instrument » et que « son agenda n’inclut pas le Liban ». M. Joumblatt a aussi affirmé redouter les armes du parti de Dieu dans la mesure où elles échappent au contrôle de l’Etat.
Il a affirmé ne pas considérer le responsable militaire du Hezbollah, Imad Moghniyé, assassiné à Damas, comme « un martyr ». « Nous ne pouvons pas louer les actes commis par Moghniyé au Koweït, en Turquie, en Arabie ou autres. (…) Il a peut-être accompli des actes héroïques contre l’ennemi israélien, mais je condamne ses autres activités. C’est pourquoi je dénonce, ou disons que je ne vois pas de justification au fait que des membres du 14 Mars aient présenté leurs condoléances », a-t-il dit.
M. Joumblatt a aussi critiqué la décision des ministres chiites de reprendre normalement leurs activités dans leurs départements respectifs. « C’est l’art du mensonge. Lorsque cela sert leurs intérêts, ils reviennent. Il y a, semble-t-il, le dossier de la Sécurité sociale qui n’est pas une mince affaire. Ils veulent un contrôle absolu sur les décisions de la CNSS et des syndicats des travailleurs, de la part des renseignements syriens et du Hezbollah », a-t-il indiqué, estimant que le ministre démissionnaire des Affaires étrangères « se prépare aussi à représenter le Liban au sommet arabe, contrairement aux convenances ».