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Ban juge la rhétorique de Nasrallah « contraire à l’esprit et aux objectifs de la 1701 »

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Sixième rapport du secrétaire général de l’ONU sur l’application de la résolution
Ban juge la rhétorique de Nasrallah « contraire à l’esprit et aux objectifs de la 1701 »



Le sixième rapport du secrétaire général des Nations unies sur l’application de la résolution 1701 vient d’être remis au président du Conseil de sécurité. Ce rapport de seize pages souligne les progrès accomplis vers la réalisation d’un cessez-le-feu permanent entre Israël et le Liban, et d’une solution à long terme fondée sur les principes et les éléments énoncés au paragraphe 8 de la résolution. Il présente une évaluation générale des mesures prises pour appliquer la résolution 1701 depuis la publication du cinquième rapport, en octobre 2007, et expose à la fois les progrès de cette mise en œuvre et les problèmes préoccupants qui continuent à retarder la mise en place d’un cessez-le-feu permanent et d’un règlement durable entre les parties. Couvrant l’actualité la plus brûlante, le texte de Ban Ki-moon juge la rhétorique du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, appelant à « une guerre ouverte » contre Israël « contraire à l’esprit et aux objectifs de la 1701 ».

 
Le secrétaire général de l’ONU exprime sa « satisfaction » de pouvoir signaler que les gouvernements libanais et israélien restent désireux d’appliquer intégralement la résolution 1701, condition nécessaire à la mise en place d’un cessez-le-feu permanent et d’un règlement durable. La Force intérimaire des Nations unies (Finul) et l’armée libanaise ont continué à travailler ensemble pour garantir que la zone située entre la ligne bleue et le sud du Litani ne soit pas le théâtre d’hostilités et qu’il ne s’y trouve pas de personnel armé, d’équipements militaires et d’armes de façon non autorisée. M. Ban note qu’une plus grande coopération entre la Finul et les forces armées libanaises a contribué à un « calme significatif » dans la région des opérations.


Selon lui, « plus d’un an et demi après l’adoption de la résolution 1701, le déploiement et les activités de la Finul et de l’armée libanaise ont contribué à instaurer la plus longue période de stabilité relative au Liban-Sud depuis de nombreuses années et aidé à établir un nouvel environnement stratégique dans la région située au sud du Litani ».


« Ces effets sont également ressentis dans le nord d’Israël et reconnus par les autorités israéliennes », relève-t-il.
Il indique que, depuis la publication du cinquième rapport, les opérations menées par la Finul et l’armée libanaise ont permis d’enregistrer 96 découvertes d’armes abandonnées, de munitions et d’engins explosifs au sud du Litani. Ces découvertes englobent 2 lance-roquettes, 14 roquettes de 120 mm, 76 obus de mortier, 7 engins explosifs improvisés, 7 projectiles de 155 mm et enfin 21 caves ou bunkers. Toutefois, il précise concernant ce dernier point qu’il n’y a « pas de signes montrant que ces installations ont été récemment utilisées ».


Selon lui, l’armée libanaise continue de détruire ou de confisquer toutes les armes et les munitions découvertes dans la zone située au sud du Litani.


Le secrétaire général exprime toutefois sa « préoccupation » de voir « un nombre d’incidents sérieux » provoquant une tension dans la région. Il se dit également « préoccupé des menaces de guerre ouverte contre Israël lancées par le secrétaire général du Hezbollah les 14 et 22 février 2008, à la suite des funérailles de Imad Moghniyé ». « Cette rhétorique est contraire à l’esprit et aux objectifs du cessez-le-feu permanent de la résolution 1701 », souligne-t-il, appelant « toutes les parties à faire preuve d’une retenue maximale et à continuer à respecter leurs engagements à l’égard de la résolution 1701 ».


Evoquant l’aggravation de la crise politique au Liban ainsi que la poursuite des attentats ciblés, il souligne que ces développements « risquent de sérieusement compromettre la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance du Liban, et compliquent les efforts pour la réalisation de nouveaux progrès sur plusieurs aspects essentiels de l’application de la résolution 1701 ». A ce propos, M. Ban indique que la tension croissante dans le reste du pays a contraint l’armée libanaise à retirer à certaines occasions des soldats déployés au sud du Litani. Il précise toutefois que ces redéploiements ont eu jusqu’ici un caractère provisoire et limité.


Le secrétaire général note par ailleurs que, selon le gouvernement israélien, le Hezbollah continue de se réarmer. Il possède de nouvelles fortifications et des camps d’entraînement au nord du Litani et dans la Békaa. M. Ban relève que le Hezbollah a confirmé ces allégations et a publiquement annoncé qu’il était en possession d’un arsenal militaire contre Israël. Il réitère sa « préoccupation » concernant ce réarmement « qui constitue une menace grave pour la souveraineté, la stabilité et l’indépendance du Liban » ainsi que pour la résolution 1701.
Le secrétaire général demeure persuadé que le désarmement du Hezbollah et des autres milices devrait être mené dans le cadre d’un processus politique dirigé par les Libanais eux-mêmes, qui conduirait au rétablissement intégral de l’autorité du gouvernement libanais sur la totalité du territoire. Mais l’actuelle crise politique, souligne-t-il, a encore réduit les chances de progrès sur cette question. Il y a une nouvelle nécessité pour le Liban de contrôler rigoureusement ses propres frontières, indique aussi le rapport.
M. Ban « exhorte » d’autre part le Liban et la Syrie de procéder sans délai à la délimitation de leurs frontières communes, conformément à la résolution 1701 et 1680. Il souligne qu’il continuera ses efforts diplomatiques en vue de résoudre la question des fermes de Chebaa, dans le cadre du plan en sept points du Premier ministre, Fouad Siniora.


Il note que davantage de progrès s’imposent en ce qui concerne les conditions indispensables à un cessez-le-feu permanent. Il s’agit de la libération des soldats enlevés et des prisonniers libanais ; l’application de l’embargo sur les armes ; la cessation des violations de l’espace aérien libanais par Israël ; la délimitation de la frontière entre le Liban et la Syrie ; le retrait d’Israël de la partie nord du village de Ghajar, toujours occupée ; et enfin la reprise d’un dialogue national dans le cadre duquel pourront être examinées les questions relatives à la stratégie nationale de défense, aux armes du Hezbollah et aux groupes armés sur lesquels l’Etat n’exerce aucun contrôle.


S’agissant de l’embargo sur les armes, M. Ban note que des progrès sont intervenus sur le plan de la mise en place d’un dispositif libanais de surveillance de la frontière syrienne, mais que ce dispositif nécessite encore des efforts et un soutien supplémentaire de la part de la communauté internationale pour être entièrement opérationnel, et souligne une nouvelle fois la responsabilité des autorités syriennes à cet égard. Il annonce son intention de dépêcher prochainement au Liban une mission d’évaluation à ce sujet.


Relevant que les attentats contre la Finul se poursuivent, le dernier en date étant survenu le 8 janvier dernier, à Rmeilé, faisant deux blessés dans les rangs du contingent irlandais, M. Ban passe en revue rapidement les mesures de sécurité prises par les forces de l’ONU.


Au 25 février 2008, poursuit-il, la force totale de la Finul se montait à 12 707 éléments militaires, indique encore le secrétaire général. Il précise que les contingents finlandais, irlandais et qatari ont « achevé leur mission » au cours de la période couverte par le présent rapport, l’Irlande et le Qatar maintenant toutefois des officiers à l’état-major central de la Finul.


De plus, 313 éléments administratifs internationaux et 612 Libanais servent actuellement dans le cadre de la Finul, selon lui.


M. Ban conclut en soulignant l’évidence de l’influence que l’ensemble de la région a sur la situation interne au Liban, et réciproquement. Il continue d’être « profondément convaincu que tout doit être fait pour parvenir à une paix juste, durable et globale pour tous les peuples du Proche-Orient ». « La paix et le rétablissement de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et de l’indépendance politique du Liban continueront de dépendre l’un de l’autre », souligne-t-il.

المصدر:
l"orient le jour

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