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L’Arabie saoudite décide de participer au sommet, tout en restant de fer face au régime syrien

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Suite aux massacres israéliens à Gaza et aux menaces qui pèsent sur ses ressortissants au Liban
L’Arabie saoudite décide de participer au sommet, tout en restant de fer face au régime syrien


Pourquoi l’Arabie saoudite a-t-elle lâché du lest en ce qui concerne le sommet arabe de Damas ?
Le bélier saoudo-égyptien, unique arme dont dispose Amr Moussa pour « enfoncer les portes régionales », se serait-il cassé les cornes contre les murailles damascènes ? Ou Ryad et Le Caire auraient-ils décidé d’opter pour une stratégie plus flexible à l’égard de la Syrie, tout en confiant à leur allié américain le soin de brandir le bâton en direction de Damas ?


Il est clair à cet égard que l’Egypte et le royaume wahhabite ont décidé de dissocier, ne serait-ce que partiellement, la question de leur participation au sommet de Damas de celle de l’élection d’un chef de l’Etat au Liban. En effet, tout en s’en prenant avec virulence à l’opposition, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul-Ghaith, avait affirmé hier que les informations selon lesquelles la réussite du sommet arabe serait conditionnée au dénouement de la crise libanaise « sont complètement fausses ».


Et alors que le communiqué conjoint des ministres des AE des pays du Conseil de coopération du Golfe s’est contenté d’évoquer des généralités sur le dossier libanais, Saoud el-Fayçal aurait assuré que son pays prendra part aux travaux de la réunion des chefs d’Etat de la Ligue, selon des sources diplomatiques arabes, citées par notre correspondant au palais Bustros, Khalil Fleyhane. Le chef de la diplomatie saoudienne a toutefois nuancé ses propos en affirmant que le niveau de la représentation de Ryad sera déterminé « à la lumière des positions syriennes à l’égard de la crise libanaise ».


En conséquence, jusqu’à nouvel ordre, il n’est plus question de boycott arabe de la réunion qu’accueillera Bachar el-Assad dans son royaume du silence, bien que le palais de Baabda n’ait toujours pas de locataire et que le Liban n’ait toujours pas été invité au sommet d’une Ligue qu’il a contribué à fonder.
Quels sont donc les motifs qui ont incité Ryad à assouplir ses positions ?


En premier, il est évident que, face aux massacres commis par Israël à Gaza, Ryad ne peut plus bouder le sommet. Dans cette perspective, l’absence du royaume pétrolier serait interprétée comme étant un signe de désintéressement face à la souffrance du peuple palestinien, et priverait de surcroît l’Autorité palestinienne d’un soutien de taille. D’autant que le régime syrien a le mouvement Fateh et l’OLP dans le collimateur depuis près de trois décennies.


Par ailleurs, il semble que l’Arabie saoudite craindrait des mesures de rétorsion syrienne qui viseraient ses ressortissants au Liban, s’il accentuait davantage ses pressions contre Damas. De source informée, on indique à cet égard que les menaces évoquées par l’ambassadeur Abdel-Aziz Khoja « ne sont que le sommet visible de l’iceberg » et que « les dangers qui pèsent sur les intérêts saoudiens au Liban sont beaucoup plus sérieux qu’on ne le pense ».


Ryad aurait-il donc baissé les bras face à ces développements ?


Les informations publiées samedi par le Washington Post laissent croire tout le contraire. A en croire le quotidien américain, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis auraient élaboré une stratégie commune pour durcir les pressions à l’égard de la Syrie. Pour astreindre le régime syrien à abandonner son attitude obstructionniste au Liban, les responsables des deux pays auraient convenu d’une série de mesures économiques, politiques et militaires, dont l’envoi du USS Cole au large des côtes libanaises et la prise de sanctions contre des personnalités éminentes du régime, comme le cousin de Bachar el-Assad, Rami Makhlouf.


De plus, Ryad devrait de nouveau mettre en relief son soutien indéfectible à la majorité aujourd’hui, vu que l’ancien président Amine Gemayel devrait être reçu par le monarque saoudien dans les prochaines heures.
A l’aune de ces développements, nombre d’observateurs estiment que le différend syro-saoudien reste intact, et qu’aucune avancée majeure ne sera enregistrée au Liban, à moins d’un retournement spectaculaire de la conjoncture régionale. La même apathie continue donc de prédominer sur la scène locale, depuis le départ de Amr Moussa. Seul Nabih Berry, désœuvré par la fermeture du Parlement et par le monopole par le Hezbollah des décisions de l’opposition et de la communauté chiite, tente, plutôt mal que bien, d’animer un peu la scène locale. Ainsi, au moment où ses partisans tiraient des dizaines de RPG en l’air, terrorisant la population de Beyrouth, le président de la Chambre avait voulu rassurer le public, lors de son apparition télévisée vendredi, en promettant de lancer une nouvelle feuille de route, au lendemain du sommet de Damas. Sauf que vu les résultats lamentables de son initiative de Baalbeck, nul ne croit plus aux propositions d’un Nabih Berry, pris entre le projet transfrontalier du parti de Dieu et les ambitions présidentielles du chef du CPL.


De plus, selon des sources du 14 Mars, le chef du Parlement a informé la majorité hier que « Amr Moussa convoquait d’urgence, au Caire, un représentant du député Saad Hariri et un délégué d’Amal pour leur présenter de nouvelles propositions, avant son retour à Beyrouth mercredi ». Promptement dépêchés en Egypte, le député Bassem Sabeh et le conseiller du chef du Courant du futur, Hani Hammoud, se sont rendu compte qu’il n’était question ni de nouvelles formules ni de nouvelle médiation de l’émissaire de la Ligue…

المصدر:
l"orient le jour

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