Joumblatt à ses alliés : De quoi avez-vous honte ? L’Amérique nous a aidés

Le chef du PSP se prononce pour une « neutralité positive » du Liban dans la région
Joumblatt à ses alliés : De quoi avez-vous honte ? L’Amérique nous a aidés


Le chef du PSP, Walid Joumblatt, estime que la présence du destroyer américain USS Cole au large de la côte libanaise « n’ajoute ni ne retranche rien à l’équilibre des forces ». Il sermonne toutefois ceux qui, parmi ses alliés, ont été embarrassés par cette présence et les invite à ne pas avoir honte, car la communauté internationale, l’Amérique, la France de Jacques Chirac, l’Europe et les « pays arabes modérés » ont aidé le Liban. S’exprimant dans le cadre de son intervention hebdomadaire à l’organe de son parti, al-Anba’, M. Joumblatt se prononce par ailleurs pour une application de l’accord de Taëf devant déboucher, selon lui, sur une « neutralité positive » du Liban dans la région.


« La machine de guerre israélienne continue d’envelopper dans son feu le peuple palestinien démuni dans ce qui ressemble à un holocauste, comme l’a qualifié Abou Mazen. Elle nous rappelle les holocaustes de Cana, du bombardement de Saïda et de l’invasion de 1982 », commente le chef du PSP.


« On ne peut à ce stade que rejeter le soutien des Etats-Unis à Israël dans ses actes d’agression contre les Palestiniens, qui anéantissent toutes les tentatives timides de mettre fin au conflit. Si Israël avait respecté la “feuille de route” et l’avait mise en œuvre depuis des années, la situation aujourd’hui aurait été totalement différente. Mais l’Etat hébreu a prouvé qu’il ne veut pas d’une solution qui mettrait fin au conflit », estime-t-il.
« Toutes ces politiques israéliennes agressives ne peuvent que renforcer la détermination du peuple palestinien qui résiste depuis des décennies pour obtenir ses droits nationaux légitimes. Quant à nous, nous resterons fidèles à notre alignement historique aux côtés de la cause palestinienne jusqu’à la satisfaction des doléances et l’édification d’un Etat indépendant et viable », ajoute M. Joumblatt.


S’agissant des développements au Liban, M. Joumblatt critique « les parties instrumentalisées qui s’efforcent de suggérer que les Forces du 14 Mars ont besoin du soutien des navires de guerre ou bien qu’elles misent sur leur présence pour provoquer un changement dans le statu quo intérieur ».


« Les alliés des Perses du XXIe siècle, pour ne pas dire leurs agents, se taisent sur la visite (du président iranien Mahmoud) Ahmadinejad à Bagdad et son déplacement jusqu’à la zone verte sous la protection des Américains, le jour même de l’holocauste de Gaza, et ne parlent que d’un bâtiment de guerre se trouvant dans une mer infestée de navires », souligne-t-il.


« Pourquoi cacher la vérité ? Qui avait donc fait échouer l’accord de La Mecque (entre le Fateh et le Hamas) afin de pouvoir exercer son contrôle sur le pouvoir de décision palestinien indépendant ? Qui a fait échec aux résolutions du sommet de Ryad ? Est-il possible d’accepter l’idée d’une hégémonie du roi de Perse et du gouverneur de Damas sur la décision palestinienne ? Qui peut croire qu’ils veulent autre chose que leur intérêt particulier très loin de la cause palestinienne ? N’est-il pas arrivé déjà que le régime syrien exploite cette cause lorsqu’il est entré au Liban en 1976 pour liquider la révolution et le Mouvement national libanais ? N’est-ce pas lui-même qui, pendant des décennies, brandissait des slogans creux, comme celui du front de refus, au moment où il menait des négociations sous la table avec Israël, même durant la guerre de juillet au Liban ? » s’est-il interrogé.


Et de poursuivre : « Les tentatives visant à paralyser méthodiquement le pouvoir de décision palestinien relèvent de la même méthode adoptée au Liban par le biais de certaines parties instrumentalisées, qui ont confisqué des institutions et fermé d’autres, occupé le centre-ville de la capitale, anéanti tous les fondements du système démocratique, déployé de grands efforts pour saboter le tribunal international, violé les frontières pour acheminer des armes et de l’argent, prolongé – et prolongent toujours – la durée de la vacance présidentielle en inventant obstacle après obstacle, dans le but de faire échec à toutes les initiatives politiques visant sérieusement à mettre fin à la crise actuelle, une crise totalement artificielle créée par les alliés de l’axe syro-iranien au Liban. »

 

« Les ambitions de la Perse et du régime syrien »


« Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que l’accord de Taëf reste le principal parapluie politique et institutionnel capable de protéger le Liban, à travers l’armistice, qu’il est nécessaire de renforcer par une stratégie de défense globale donnant la décision de guerre et de paix exclusivement à l’Etat, la surveillance des frontières, dans le but d’empêcher le trafic d’armes, et l’édification d’un Etat fort, capable de protéger tous les Libanais et de dissiper leurs craintes », ajoute-t-il, soulignant que cela « mettrait fin à la théorie du Liban théâtre d’opérations au service des ambitions de la Perse et du régime syrien, et qui sert de prétexte à tout moment à des agressions israéliennes ».


« C’est précisément à cause de cette théorie que certains croient pouvoir affirmer que le meurtre de Imad Moghniyé à Damas constitue une violation de la résolution 1701 au Liban. Comme si les résolutions internationales destinées à soutenir la souveraineté et l’indépendance du Liban doivent faire continuellement l’objet de remise en question, alors que le régime syrien veille jalousement au respect des accords de désengagement (avec Israël) afin que la famille régnante à Damas ne soit pas effleurée », dit-il.


« Nous appelons à nouveau toutes les parties pour qu’elles proclament leur attachement effectif à l’accord de Taëf et abandonnent leurs projets de mini-Etats privés en marge de l’Etat libanais, ce dernier étant capable d’abriter toutes les forces politiques », lance M. Joumblatt.


« Seul Taëf peut assurer cela avec l’application de l’accord d’armistice au Liban-Sud et la résolution 1701, avec le tracé de la frontière pour déterminer la libanité ou la non-libanité des fermes de Chebaa, et avec la sortie progressive de la théorie du théâtre d’opérations au service d’Ahmadinejad et de Bachar el-Assad. Le but pour le Liban est de parvenir à une neutralité positive, capable de protéger ses acquis politiques, économiques et sociaux, ainsi que sa formule spécifique », souligne-t-il.


« A certains de nos alliés qui auraient été d’une façon ou d’une autre embarrassés par la présence d’un navire de guerre qui n’ajoute ni ne retranche rien dans l’équilibre des forces, nous leur disons qu’il n’y a pas lieu d’avoir honte. La communauté internationale, l’Administration américaine, Jacques Chirac, l’Europe et les Etats modérés arabes se sont rangés aux côtés de l’indépendance du Liban et ont aidé ce pays à se débarrasser de l’armée syrienne et à la naissance du tribunal international. Cette communauté se tient toujours fermement aux côtés du Liban dans ses causes justes », affirme encore le chef du PSP.


« Quant à la coordination préalable au sujet du navire de guerre américain, il faut se demander si Ahmadinejad a coordonné avec son allié Nasrallah avant de visiter l’Irak sous protection américaine. Et si Bachar el-Assad a déjà coordonné avec son allié, ou plutôt son instrument Nasrallah, lorsqu’il a ouvert les canaux de négociations secrètes avec Israël lors de la guerre de juillet », a-t-il conclu.

المصدر:
l"orient le jour

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