« Ceux qui sont venus avec les pasdaran s’en iront avec eux », répond Geagea à Nasrallah

Le chef des FL compare les réactions de l’opposition concernant l’ « USS Cole » à des « coassements de grenouille»
« Ceux qui sont venus avec les pasdaran s’en iront avec eux », répond Geagea à Nasrallah


« Le rôle joué par la Syrie pour torpiller la présidentielle est désormais clair pour la Ligue arabe et son secrétaire général, qui a déployé de grands efforts durant les derniers mois », a affirmé hier le président du comité exécutif des Forces libanaises à Meerab, Samir Geagea, devant un groupe de cadres et de partisans.
«Cela a poussé Amr Moussa, avant et après chaque visite au Liban, à se rendre en Syrie pour la convaincre de faciliter l’élection d’un nouveau président. Il y a donc un pays arabe qui œuvre pour torpiller la présidentielle d’un autre pays arabe et qui entrave le processus d’édification de l’Etat. Comment un sommet arabe peut-il se tenir dans un pays arabe qui agresse d’une manière ou d’une autre un autre pays arabe ? » a indiqué M. Geagea.


Le chef des FL a appelé tous les responsables des autres pays arabes, présidents et rois, à prendre la position opportune concernant le sommet de Damas. « Si la Syrie continue de torpiller l’élection d’un nouveau président, nous appellerons les pays arabes à boycotter totalement le sommet de Damas. Il serait intolérable qu’un sommet se tienne dans une capitale qui mène une certaine forme de guerre, même si cette guerre est par procuration, contre un autre pays arabe. Sinon, la Ligue n’a plus de sens », a-t-il noté.


Samir Geagea a ensuite critiqué ceux qui poussent des « coassements de grenouille » au sujet de la présence du destroyer américain USS Cole à proximité des eaux territoriales libanaises. « Le Liban a été occupé trente ans durant par l’armée syrienne, militairement, c’est-à-dire à travers ses chars et ses services de renseignements. Il y avait suffisamment de chars et de moukhabarate syriens pour traquer chaque citoyen d’un lieu à l’autre. Cependant, certains n’ont pas vu cette occupation, ne l’ont même pas remarquée. Au contraire, ils se vantaient de l’indépendance et de la souveraineté d’un Liban au mieux de sa forme. Quel est l’impact de ce destroyer sur le Liban ? Qu’a-t-il paralysé ? A-t-il établi un camp à la place Riad el-Solh ? Les manifestants de la place Riad el-Solh ont beaucoup plus porté atteinte à l’économie, la situation socio-économique, la souveraineté et l’indépendance du Liban que certains bâtiments de guerre américains qui se trouvent quelque part en Méditerranée, loin des eaux territoriales libanaises. Il n’y a personne dans ces eaux », a-t-il dit.


« Nous sommes les premiers à nous opposer à cela, comme nous nous sommes toujours opposés à toute présence étrangère sur le sol libanais, à l’heure où ceux qui font aujourd’hui de la surenchère faisaient l’éloge de l’occupant. Quels sont les dégâts occasionnés par un navire américain qui se trouve dans les eaux internationales entre Chypre et le Liban, dans le cadre du grand conflit qui se déroule actuellement au Moyen-Orient ? Nous devons remercier les Etats-Unis qui imposent à travers cette présence une sorte d’équilibre dans le cas où une partie étrangère déciderait de semer le chaos au Liban », a poursuivi Samir Geagea.
« Tout ce vacarme autour du destroyer américain est provoqué », a-t-il dit, évoquant « l’aide américaine à la révolution du Cèdre, sans laquelle le Liban ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui ».


Samir Geagea a enfin répondu aux propos du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, selon qui « ceux qui sont venus à bord des navires de guerre américains s’en iront avec eux ». « Celui qui a dit cela s’imagine que tout le monde pense comme lui. Ceux qui sont venus portés sur le dos des gardiens de la révolution iranienne, les pasdaran, sont ceux-là mêmes qui s’en iront avec eux. Nous sommes venus au Liban avec saint Jean-Maron, et nous ne quitterons pas cette terre », a-t-il lancé.

 

Farès Souhaid
et l’internationalisation


Signalons par ailleurs que l’ancien député Farès Souhaid a été reçu hier à Meerab par M. Geagea, avec qui il a effectué un tour d’horizon des développements en rapport avec l’initiative arabe et la crise de la présidentielle. L’entretien a eu lieu en présence de M. Eddy Abillama, membre du conseil exécutif des Forces libanaises.
A l’issue de l’entrevue, M. Souhaid a notamment déclaré que les participants à la réunion avaient condamné « l’agression israélienne contre la population civile à Gaza ». Evoquant la dernière mission du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, à Beyrouth, M. Souhaid a souligné que « la Ligue arabe a déduit (du rapport) du secrétaire général Amr Moussa que l’entrave qui empêche l’élection présidentielle au Liban est essentiellement syrienne, comme l’a souligné une source officielle égyptienne ».


Après avoir dénoncé la tenue d’un sommet en Syrie en l’absence d’un président libanais, l’ancien député a souligné que la proposition concernant un report du sommet de Damas et la tenue d’un mini-sommet de 8 « reflète une position libanaise générale, et non pas seulement la position de la majorité ». « Le Liban, a déclaré M. Souhaid, est l’un des fondateurs de la Ligue arabe, et sa souveraineté n’est pas moins importante que celle des autres pays membres de la Ligue, de même que son indépendance. La tenue d’un sommet arabe en l’absence du président de la République libanaise constitue une atteinte à la souveraineté et à l’indépendance du Liban. »


En réponse à une question sur une possible internationalisation de la crise libanaise, M. Souhaid a déclaré : « Je voudrais rappeler que le Rassemblement de Kornet Chehwane réclamait le retrait de l’armée syrienne conformément à l’accord de Taëf. Les Syriens ont cru qu’ils pouvaient court-circuiter Taëf en tissant des relations avec les Américains. En définitive, ils se sont retirés conformément à la résolution 1559. De la même manière, nous réclamions le déploiement de l’armée au Sud conformément au document d’entente nationale, mais ce déploiement a eu lieu en application de la résolution 1701. Nous avons également réclamé la formation du tribunal international sur base d’un vote dans le cadre des institutions libanaises et arabes, de manière à ce que chaque partie puisse faire part de ses observations. Mais en définitive, le tribunal a été formé conformément à la résolution 1557. Aujourd’hui, nous réclamons l’élection d’un président de la République sur base de l’accord de Taëf. Qu’ils assument donc leurs responsabilités. »


Signalons par ailleurs qu’une délégation parlementaire du 14 Mars, regroupant les députés Elias Atallah, Samir Jisr, Akram Chehayeb et Antoine Zahra, s’est rendue au Caire afin de remettre aux ministres arabes des Affaires étrangères (qui se réuniront demain, mercredi, afin de préparer le sommet de Damas) un mémorandum exposant la position de la majorité au sujet de l’initiative arabe et de la crise actuelle sur la scène libanaise. Le document du 14 Mars souligne, notamment, que « la source du blocage au Liban est le régime syrien ». Le mémorandum souligne que l’issue à la crise devrait être basée sur les points suivants :

 

l’attachement à l’esprit et à la lettre de l’accord de Taëf ; l’adoption d’une décision confiant à l’armée et aux autres institutions sécuritaires la tâche de défendre la patrie ; l’engagement du Liban à se conformer à l’initiative arabe de paix réitérée lors du sommet de Ryad ; la délimitation des frontières avec la Syrie et l’échange d’ambassadeurs ; le soutien au tribunal international.

المصدر:
l"orient le jour

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