Le patriarche maronite a reçu une délégation de l’ordre des journalistes
Sfeir : Ce qui était valable en 1960 ne l’est plus aujourd’hui…
Sfeir : Ce qui était valable en 1960 ne l’est plus aujourd’hui…
Le patriarche maronite Mgr Nasrallah Sfeir a estimé que plus la circonscription électorale est petite, plus la représentation sera juste et équilibrée. Il a aussi précisé que ce qui était bon dans la loi électorale de 1960 ne l’est plus aujourd’hui car la situation a changé depuis. Ces propos ont été rapportés par le président de l’ordre des journalistes Melhem Karam qui s’est rendu hier à Bkerké à la tête d’une délégation de l’ordre.
M. Karam a commencé par rendre hommage au patriarche et à ses « positions éclairées et ses conseils judicieux ». A son tour, le patriarche a salué le rôle de la presse, avant de répondre aux questions qui lui étaient posées. Au sujet d’un sommet spirituel islamo-chrétien, le patriarche maronite a déclaré qu’il n’en a pas entendu parler, se demandant toutefois si un tel sommet était de nature à régler les problèmes.
Il a ensuite affirmé qu’il appelait les citoyens à rester optimistes, car c’est en pensant au bien que celui-ci se produit. Il a aussi confié qu’il se posait chaque jour la question suivante : « Où va le Liban ? », ajoutant que c’est la première fois que la présidence de la République est vacante de la sorte, alors que le gouvernement est divisé, et certains ministres assurent leurs fonctions tout en se considérant hors de l’équipe gouvernementale. Ces ministres, a déclaré le patriarche, choisissent les citoyens qu’ils veulent servir. Ce qui, selon lui, est une première. Il a encore précisé que le Parlement est paralysé depuis plus d’un an et qu’en somme, les institutions étatiques sont gelées et que les citoyens s’en plaignent constamment devant lui.
Mgr Sfeir ne s’est pas prononcé sur l’issue de la séance électorale prévue le 11 mars, se contentant de remarquer qu’il s’agit du quinzième rendez-vous alors que le président aurait dû être élu avant l’expiration du mandat de son prédécesseur. Le patriarche n’a pas voulu non plus se prononcer sur la participation du Liban au sommet arabe de Damas, affirmant qu’il serait bien plus simple d’élire un président, plutôt que de spéculer sur l’identité de la personne qui va représenter le pays au sommet. En réponse à une question, Mgr Sfeir a estimé que le général Michel Sleimane a prouvé qu’il était un homme posé, capable d’assumer la responsabilité de la présidence de la République, ajoutant qu’au sein de la classe politique, certains disent une chose et font le contraire, et que leur position vis-à-vis de la candidature du général n’est pas claire. Il a encore appuyé la demande du mufti Kabbani d’élire un président sans conditions et sans plus tarder.
Le cardinal a encore souhaité que la précédente expérience lors de la présence des soldats américains au Liban ne soit pas rééditée, mais il a ajouté que les Etats-Unis sont une grande puissance qui a des intérêts dans la région, surtout lorsque celle-ci est dans une situation trouble. Il a enfin précisé à ce sujet que si les navires américains sont dans les eaux internationales, ils en ont le droit. Il a aussi réitéré la position dans laquelle il a réclamé l’application de l’accord de Taëf, tout en amendant de certains points.
Au sujet de la loi électorale, le cardinal Sfeir a estimé que les choses ont changé depuis 1960 et ce qui était valable à cette époque ne l’est plus aujourd’hui. Prié de préciser sa pensée, le patriarche a expliqué que le caza de 1960 n’est plus le même aujourd’hui et que le mieux serait, selon lui, que la circonscription soit petite et ne regroupe pas plus de deux ou trois députés.
Mgr Sfeir a encore estimé qu’on ne peut pas qualifier la visite de Amr Moussa de perte de temps, ajoutant que le secrétaire général de la Ligue arabe a déployé beaucoup d’efforts en faveur du Liban et qu’il faut l’en remercier. Le patriarche a aussi condamné les violences israéliennes à Gaza. Il a enfin reçu une délégation des agriculteurs libanais présidée par l’ancien ministre Adel Cortas et une délégation du comité pour les cérémonies de Jérusalem capitale de la culture arabe en 2009